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noeuvré conformément aux signaux et à l'impulsion du devoir et de l'honneur?

La table de loch du vaisseau, le Formidable, que montait le contre-amiral Dumanoir, signée par les quatre officiers qui ont commandé successivement le quart, pièce originale et la plus probante qu'on puisse produire, ne laisse pas de doute que le contre-amiral Dumanoir n'ait exécuté les deux signaux faits presque simultanément à l'avant-garde, à une heure 50 minutes, celui de se porter au feu, et celui de virer de bord tout à-la-fois.

Cet officier général dit, et le journal du capitaine de vaisseau, Letellier, son capitaine de pavillion, constate, qu'anté. rieurement à ces deux signaux fuits par l'armiral Villeneuve, le contre-amiral Dumanoir avait lui-même signalé à l'amiral, à une heure 45 minutes, que l'avant-garde n'avait point d'en nemi à combattre.

Le rapport du capitaine Lamarre-Lameillerie, qui commandait l'Hortense frégate de l'amiral, dit:

A deux heures 40 minutes, l'avant-garde exécutait le mouvemeot ordonné par l'amiral, avait pris tribord-amures, et se dirigeait sur le centre. Peu après, le combat s'étant engagé entre ces vaisseaux et ceux de l'ennemi, plusieurs des premiers laissèrent arriver sur les frégates, tandis qu'en serrant le vent tribord-amures, ils auraient po imiter la maneuvre du contre-amiral Dumanoir qui s'etait porté sur le centre de l'armée pour secourir les vaisseaux de cette partie qui souffraient beaucoup,

La table de loch du vaisseau le Formidable dit encore :

Que le contre-amiral Dumanoir a exécuté le signal de virer à l'aide d'un canot.

Deuxième question. Le contre-amiral Dumanoir a-t-il fait tout ce qui pouvait pour dégager le centre de l'armée, et particulièrement le vaisseau amiral

La table de loch du vaisseau le Formidable constate,

“Qu'après avoir viré de bord, le contre-amiral Dumanoir a dirigé sa route sur la Santa Trinidad et le Bucentaure qui étaient au centre de la ligne. Il a prolongé tous les vaisseaux ennemis qui le séparaient de ces deux premièrs bátimens. L'ennemi a fait sur lui un feu très-vif. Après avoir dépassé le Bucentaure, le contre-amiral Dumanoir a fait gouverner pour couper deux vaisseaux de l'arrière-garde de la ligne ega nemie qu'il croisait; mais ces deux vaisseaux, qui venaient vent-arrière, étant venus sur tribord, lui ont passé de l'avant, et lui ont fait beaucoup de mal dans sa mature et dans son gréement.",

Troisième question.-Le contre-amiral Dumanoir, a-t-ib attaqué l'ennemi corps à corps, et s'est-il suffisamment apo proche du feu pour prendre part au combat d'aussi près qu'il l'aurait dû.

Il résulte de l'examen des journaux et rapports, que le contre-amiral Dumanoir dans sa route pour venir au secours de l'amiral, n'a été suivi que de trois vaisseaux de son escadre.

Le journal de son capitaine de pavillon dit:

“Qu'avec ces quatre vaisseaux il a combattu, à bord opposé, uu nombre de vaisseaux eonemis que les plans portent à onze, et dont une partie s'est ensuite séparée pour aller attaquer ceux de notre avant-garde qui avaient arrivé; que le calme l'a empêché de parvenir par le travers du Bucentaure et de la Sainte-Anne avant quatre heures du soir, et qu'il les a trouvé démâtés complettement, entourés de vaisseaux ennemis, et rendus."

Quatrième question.--Le contre-miral Dumanoir, n'a-t-il pas quitté le combat, lorsqu'il pouvait coasbattre?

Quoiqu'il fût alors trop tard pour vorter secours au Bucentaure et à la Sainte Anne, le contre-amiral Dumanoir ainsi que le constate le journal de son capitaine de pavillon, “ lui donna l'ordre, vers les cinq heures, de faire arriver ; mais ce capitaine lui représenta que sa mature etait prête à tomber, n'étant plus tenue que par les haubans du vent; ce qui le mettrait dans le cas de deinåter, s'il voulait ou arriver, ou venir sur l'autre bord. Le contre-amiral Dumanoir ordonna alors de tenir le veut."

L'état des avaries du vaisseau le Formidable, qui se trouve joint aux pièces, confirme ce que le capitaine de pavillon dit dans son jouroal, sur le mauvais état de ce vaisseau qui exigeait de grandes réparations avant de renouveler un combat.

Nous trouvons dans le journal de ce capitaine," vaisseau le Formidable avait une voie d'eau considérable, produite par l'effet des boulets, et qui exigeait le service constant de toutes ses pompes.”

L'esistence de cette voie d'eau est également constatée par la table de loch.

Le journal ajoute qu'il fut donné ordre aux trois antres vaisseaux de la division, dans le cours de sa navigation ultérieure, “ D'observer le Formidable, et d'avoir toutes leurs embarcations prêts à être mises à la mer pour le secourir, l'état de détresse de ce vaisseau qui allait toujours croisant, donnant de grandes inquiétudes,"

La même pièce dit plus loin, “Que la position critique du Formidable obligea le coutre-amiral Dumanoir de faire de Douveau le signal aux autres vaisseaux de la division de se tenir près de lui, et qu'ils ont manœuvré jour et nuit en conséquence de sa situation."

Ento, le contre-amiral Dumanoir dit, “Qu'il avait vu avec regret, que dans sa mananvre pour venir au secours du centre, il n'avait été suivi que par trois vaisseaux, et que s'il l'eût été par les dix vaisseaux de l'avant-garde, alors peut-être eût-il put tenter de prolonger le combat avec quelque espérance de succès."

que le

Le rapport ci-dessus est l'exposé des faits consignés dans les journaux et pièces qui nous ont été communiqués. La table de loch du vaisseau le Formidable, étant la seule pièce de ce genre qui nous ait été remise, nous avons pensé, en gé péral, que pour suppléer aux tables de loch des autres vais. seaux, nous ne pouvions que comparer entr'elles, les pièces adressées par les différens capitaines, et que celles qui nous commandaient one attention plus particulière étaient les journaux des bâtirnens qui avaient été le plus à portée de bien voir les signaux et nouvemeos de l'avant-garde, ainsi que les rapports faits presqu'immédiatement après le combat, tel que celui du capitaine de l'Hortense, fregate du vaisseau-amiral, qui est duté de Cadix, le 3 Brumaire au 14, c'est-à-dire, le quatrième jour après l'affaire,

Eo conséquence nous pensons,

1°. Que le contre-amiral Dumanoir a manœuvré conformé. ment aux signaux, et à l'impulsion du devoir et de l'honneur;

2°. Qu'il a fait ce que les vents et les circonstances ont pa lui permettre pour venir au secours de l'amiral;

3°. Qu'il a combattu, d'aussi près qu'il a pu, tous les vaisseaux qu'il a rencontrés jusqu'au centre ;

4°. Enfin, qu'il n'a personnellement quitté le combat, que forcé par les avaries de tout genre de son vaisseau, et particulièrement par l'impossibilité de maneuvrer dans l'état où se trouvait sa mâture. Fait à Paris, le 20 Octobre, 1809. (Signé) Le comte de FLEURIEU,

Le comte BOUGAINVILLE,
Le vice-amiral THEVENARD, :

Le vice-amiral Rosily.
Renvoyé au ministre de la marine pour faire exécuter les
leis de l'empire.
Paris, le 3 Janvier, 1810.

(Signé)

NAPOLÉON. Par l'empereur, Le ministre secrétaire d'état,

rétaire

(Signe) H. B. duc de BASSANO.

CONSEIL D'ENQUÊTE. Assemblé en exécution de la décision de S. M. l'empereur et roi, du 23 Novembre, 1809, transmise le 27 du même mois par S. Exc. le ministre de la marine et des colonies, pour examiner, si dans les journées des 11, 12 et 13 Brumaire an 14, (2, 3 et 4 Novembre, 1805), où les vaisseaux, le Formidable, le Scipion, le Mont-Blanc, et le Duguay-Trouin, sous le

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commandement de M. le contre-amiral Dumanoir, sont tombés au pouvoir de l'ennemi, cet officier-général a fait de sa personne, et par ses 'mancuvres, ordres et signaux, tout ce qui était possible dans cette eirconstance pour la défense de : l'escadre, dont le commandement lui était confié, pour celle du vaisseau qu'il montait, et pour l'honneur des armes de S.M.

Exposé des faits énoncés dans les journaux et rapports soumis à l'examen du conseil.

Après le combat de Trafalgar,, la division sous le commandement du contre-a.niral Dumanoir, composée des vaisseaux, le Formidable, le Scipion, le Mont-Blanc et le Du. guay-Trouiu, fit route pour l'ile de Rhé, signalée comme point de ralliement en cas de séparation : elle essuya de très forts coups de vent sur le cap Saint-Vincent, et le doubla le 7 Brumaire, an 14 (29 Octobre, 1805.)

Ces mauvais tems auginentèrent beaucoup les avaries que les vaisseaux avaient déjà essuyées dans le combat de Trafal. gar, et particulièrement celles du Formidable et du Duguay. Trouin. "Le 11 Brumaire, (2 Novembre) étant par la latitude du cap Finisterre, les vents au nord-ouest, la divisiou faisait route à l'est nord-est; elle fut observée toute la journée par trois frégates qui ne répondirent pas aux signaux et dont une fit voile au sud, en tirant des coups de canon; ce qui donna lieu de soupçonner qu'il y avait dans ces parages une escadre ennemie.

Sur le soir, on aperçut le cap-Villano (côte d'Espagne), à toute vue. On n'avait connaissance d'aucun båtinent sous le vent, et cette circonstance engagea le contre-amiral Dumanoir à porter au sud-est, dans l'intention d'atteindre, à la pointe du jour, le cap Ortegal, soit pour de là faire route pour l'ile d'Aix, soit pour se réfugier dans quelque port de cette côte,

si le vent passait à l'est. Dans ce moment, les pompes pou.. · vaient à peine soutenir le Formidable sur l'eau. A neuf heures du soir, le ciel s'éclaircit; on aperçut une escadre ennemie dans le sud-ouest, et le contre-amiral Dumauoir fit aussitôt mettre la route à l'est nord-est, en ordonnant de forcer de voiles.

Le lendemaia 12 Brumaire, (3 Novembre) à dix heures du matin, on vit quatre vaisseaux et quatre frégates.

Le 13, (4 Novembre), dès la pointe du jour, on s'était aperça que l'ennemi gagnait sensiblement; il etait déjà à trois portées de canon, tout au plus, de la division.

A sept heures et demie, le contre-amiral Dumanoir fit connaître au capitaine du vaisseau le Mont-Blanc, “l'intention où il était de virer de bord pour combattre trois vaisseaux et trois frëgates de la division ennemie qui se trouvaient les plus avancés, parce que s'il avait l'avantage, il serait plus à portée de combattre ceux qui venaient après.".

Le capitaine du Mont-Blanc fut du même avis, et ajouta “ qu'il était toujours à propos de virer et d'attaquer avant que

છે les forces ennemies fussent toutes ralliées."

Le contre-amiral Dumanoir fit le signal de l'ordre de bataille suivant, tribord amures et de serrer le rent:

Le Duguay-Trouin;
Le Formidable;
Le Mont-Blanc;
Le Scipion

t'n moment après, il signala l'ordre de virer vent devant, par la contre-marche, puis le signal d'exécution, et ensuite celui d'annullement.

A neuf henres, ordre de marche en échiquier babord, les amures à tribord,

Pendant ce teins, deux frégates ennemies continuaient à tirer sur le groupe de nos vaisseaux et a harceler le Scipion, qui ne tirait

que
des

coups de canon de retraite, et recevait daus sa poupe des bordées qui l'incommodaient beaucoup, ainsi que

la vaisseau le Mont-Blanc. A onze heures, sur l'ordre de tenir le vent tous d-la-fois, la ligne fut formée très-serrée.

A onze heures et demie, trois vaisseaux ennemis avaient joint; celui de téte était déjà par le travers du Scipion, et commençait à faire feu sur le Mont-Blanc.

Le capitaine de ce dernier vaisseau dit au contre-amiral Dumanoir, “que si l'on ne virait pas de bord, le Scipion “ allait être mis hors d'état de suivre, et que bientôt le Mont“ Blanc serait dans le même cas."

Le contre-amiral Dumanoir répondit, “qu'il était toujours “ dans l'intention de virer de bord, et qu'il n'avait retardé

que dans l'espoir que l'ennemi aurait prolongé la ligne et “ rendu l'action générale sur ce bord, mais que, d'après l'ob

servation qui lui était faite, il allait mettre le signal.”

Il fit en effet celui de virer vent devant par la contre marche, et le mouvement fut commencé à midi par le vaisseau le Duguay-Trouin.

Le contre-ainiral Dumanoir combattit donc l'escadre anglaise à bord à contre, entre ses deux lignes, les vaisseaux au vent et à portée de fusil, et les frégates sous le vent.

Après l'avoir dépassée, il voulut revirer pour porter sur l'ennemi, tandis que celui-ci virait lui-même pour tâcher d'empêcher la jonction du quatrième vaisseau.

Mais le projet du contre-amiral Dumanoir fut contrarié par l'état de la mature de son vaisseau et de celle du Scipion.

L'escadre anglaise, après avoir reviré porta sur notre division. Le combat recommença avec

une nouvelle ardeur contre toutes les forces de l'ennemi réunies, et à deux heures et demie le coutre-amiral Dumanoir, qui déjà avait été blessé par un éclat, ayant reçu une balle dans la jambe gauche, fut TOME IV.

C

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