Le faubourg Saint-Antoine et ses "faux ouvriers": la liberté du travail à Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles

Front Cover
Editions Champ Vallon, 2002 - Artisans - 400 pages
"Tout Paris sera le faubourg Saint-Antoine : point de talent, point de solidité, beaucoup d'intrigues, nulle réalité dans les fortunes, point de confiance qui n'est attachée qu'à un établissement solide". Alors que Turgot propose d'abolir les corporations de métiers en février 1776, les maîtres boutonniers parisiens stigmatisent le faubourg Saint-Antoine et ses artisans. Dans cet espace périphérique constitué au XVIIe siècle, la monarchie a en effet privilégié l'installation d'artisans de tous horizons en dérogeant à l'organisation des communautés de métiers, laissant les coudées franches aux "faux ouvriers" et y autorisant la liberté du travail dès 1657. Ecrire l'histoire d'un espace devenu symbolique ne relève donc pas d'une simple histoire locale. En se posant d'emblée sur les marges, c'est proposer une histoire sociale et économique du monde des métiers parisiens qui tienne davantage compte des lieux de travail privilégiés, des tensions et des complémentarités qu'ils suscitent dans la ville. En choisissant le faubourg Saint-Antoine, c'est chercher à comprendre les dynamiques qui animent les gens de métier et donner une image à la fois plus complexe et plus relative d'un monde du travail trop souvent présenté comme homogène et pacifié à travers la trilogie "apprenti-compagnon-maître". Cela permet aussi de mesurer l'écart entre la liberté théorique et les pratiques des acteurs que tout oppose si l'on s'arrête aux procédures judiciaires ou aux écrits des mémorialistes. Qui sont les artisans du faubourg Saint-Antoine ? Leur liberté consiste-t-elle à innover et à travailler honnêtement ou "à mal faire" ? Lorsque de vrais apprentis se dessinent dans l'ombre des alloués, de vrais maîtres et des jurés des communautés parisiennes dans celle des "faux ouvriers", la diversité des parcours et le choix des possibles interpellent le lecteur. Les affrontements ou les accords avec les maîtres parisiens prennent un autre relief, en particulier les saisies de marchandises. Les trajectoires d'artisans soulignent l'imbrication des espaces, les mêmes tensions et les mêmes solidarités qu'en ville. Tout Paris n'est peut-être pas le faubourg Saint-Antoine, mais le faubourg Saint-Antoine et ses "faux ouvriers" reflètent une grande partie du monde artisanal parisien.

From inside the book

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Selected pages

Contents

Section 1
6
Section 2
9
Section 3
15
Section 4
19
Section 5
22
Section 6
55
Section 7
96
Section 8
108
Section 17
249
Section 18
261
Section 19
263
Section 20
289
Section 21
298
Section 22
326
Section 23
327
Section 24
328

Section 9
129
Section 10
132
Section 11
133
Section 12
166
Section 13
181
Section 14
219
Section 15
220
Section 16
235
Section 25
332
Section 26
336
Section 27
347
Section 28
361
Section 29
367
Section 30
388
Section 31
399
Section 32

Other editions - View all

Common terms and phrases

Popular passages

Page 389 - ... car tel est nostre plaisir; et afin que ce soit chose ferme et stable à tousjours, nous avons fait mettre nostre scel à ces dites présentes, sauf en autres choses nostre droit et l'autruy en toutes.
Page 390 - A ces causes et autres à ce nous mouvans, de l'avis de notre Conseil, et de notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, nous avons, par ces présentes signées de notre main, dit, déclaré, et ordonné, disons, déclarons et ordonnons, voulons et nous plaît ce qui suit : Art.
Page 389 - Louis , par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre , à tous présens et à venir, salut.
Page 389 - Registré, ouï et ce requérant, le procureur général du roy, pour estre exécutées selon leur forme et teneur, suivant l'arrest de ce jour, à Paris en parlement, le Ier septembre 1700.

Bibliographic information