Mémoires d'outre-tombe, Volume 2

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Popular passages

Page 346 - Lorsque dans le silence de l'abjection l'on n'entend plus retentir que la chaîne de l'esclave et la voix du délateur; lorsque tout tremble devant le tyran , et qu'il est aussi dangereux d'encourir sa faveur que de mériter sa disgrâce, l'historien paroît chargé de la vengeance des peuples. C'est en vain que Néron prospère, Tacite...
Page 111 - Dans l'existence intérieure et théorique, je suis l'homme de tous les songes; dans l'existence extérieure et pratique, l'homme des réalités. Aventureux et ordonné, passionné et méthodique, il n'ya jamais eu d'être à la fois plus chimérique et plus positif que moi, de plus ardent et de plus glacé; androgyne bizarre, pétri des sangs divers de ma mère et de mon père.
Page 9 - Des charpentes abattues, des bancs boiteux, des stalles démantibulées, des tronçons de saints roulés et poussés contre les murs, servaient de gradins aux spectateurs crottés, poudreux, soûls, suants, en carmagnole percée, la pique sur l'épaule ou les bras nus croisés.
Page 291 - Voici, l'homme est devenu comme l'un de nous, sachant le bien et le mal ; mais maintenant il faut prendre garde qu'il n'avance sa main, * et ne prenne aussi de l'arbre de vie, et qu'il n'en mange et ne vive à toujours.
Page 124 - René; il ne pouvait ramener ces productions aux règles communes de la critique; mais il sentait qu'il entrait dans un monde nouveau, il voyait une nature nouvelle; il comprenait une langue qu'il ne parlait pas. Je reçus de lui...
Page 151 - Quand le mérite d'un auteur consiste spécialement dans la diction, un étranger ne comprendra jamais bien ce mérite. Plus le talent est intime, individuel, national, plus ses mystères échappent à l'esprit qui n'est pas, pour ainsi dire, compatriote de ce talent.
Page 150 - Nul , dans une littérature vivante , n'est juge compétent que des ouvrages écrits dans sa propre langue. En vain vous croyez posséder à fond un 'idiome étranger ; le lait de la nourrice vous manque, ainsi que les premières paroles qu'elle vous apprit à son sein et dans vos langes : certains accents ne sont que de la patrie.
Page 199 - Chênedollé, avec du savoir et du talent, non pas naturel, mais appris, était si triste qu'il se surnommait le Corbeau : il allait à la maraude dans mes ouvrages. Nous avions fait un traité : je lui avais abandonné mes ciels, mes vapeurs, mes nuées; mais il était convenu qu'il me laisserait mes brises, mes vagues et mes forêts.
Page 85 - La faim me dévorait; j'étais brûlant; le sommeil m'avait fui; je suçais des morceaux de linge que je trempais dans de l'eau; je mâchais de l'herbe et du papier. Quand je passais devant des boutiques de boulangers, mon tourment était horrible. Par une rude soirée d'hiver, je restai deux heures planté devant un magasin de fruits secs et de viandes fumées, avalant des yeux tout ce que je voyais : j'aurais mangé, non seulement les comestibles, mais leurs boîtes, paniers et corbeilles.
Page 116 - Elle était composée de sept femmes, les plus graves de la province; deux d'entre elles étaient des demoiselles de cinquante ans, timides comme à quinze, mais beaucoup moins gaies qu'à cet âge. Une femme disait à l'autre: Ma chère, croyez-vous que l'eau soit assez bouillante pour la jeter sur le thé ? — Ma chère, répondait l'autre, je crois que ce serait trop tôt, car ces Messieurs ne sont pas encore prêts à venir. — Resteront-ils longtemps à table aujourd'hui? disait la troisième;...

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