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DU ROI

ROI JEROME

LIVRE IX

FIN DE 1807.

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mer.

I. L'Empereur fait connaître au prince Jérôme qu'en vertu du traité de

Tilsitt il a été reconnu Roi de Westphalie. Jérôme quitte l'armée et revient à Paris. Appréciation de sa conduite en Silésie. Jérôme fiancé avec la princesse de Wurtemberg. - Notice bistorique sur la fa

mille de Wurtemberg. II. Journal de la reine Catherine, sur les premières années de sa vie. III. Mariage du prince Jérôme et de la princesse de Wurtemberg. - Lettre

de l'Empereur. Cérémonies et fêtes. IV. Le royaume de Westphalie constitué. Lettre de l'Empereur à son frère, Géographie du nouveau royaume. - États appelés à le for

Limites. Division en huit départements. Géographie de ces départements. Constitution. Organisation civile, militaire, judiciaire, basée sur cette Constitution. · Lettre de l'Empereur au roi Jérôme, en lui envoyant le projet de Constitution. Ses conseils. — Jérôme se rend à Stuttgard, où il arrive le 28 novembre, avec la reine Catherine. Il part pour la Westphalie. Coup d'ail sur le nouveau royaume. - La régence. - Question des domaines allodiaux et domaniaux. Question financière. - Proclamation du Roi aux Westphaliens.- Nomination d'un ministère provisoire.—Le 7 décembre 1807, la régence cesse ses fonctions. - Comment l'Empereur traite le royaume de Westphalie au point de vue des finances. - M. Jollivet. — M. Daru.

Triste état financier du royaume aggravé par les exigences de Napoléon. Rapport des anciens inembres de la régence à l'Empereur.

Contre-rapport du ministre des finances français. Conséquences de cet état de choses,

I

Nous avons laissé le prince Jérôme au moment où il venait de faire tomber la résistance de Silbelberg, la dernière place de la Silésie qui fût restée au pouvoir des Prussiens, ou du moins la seule dont une capitulation n'eût pas fixé la reddition à une époque déterminée. Ce fut le 3 juillet 1807, que le gouverneur de cette place demanda à traiter d'une capitulation conditionnelle; le même jour, le Prince recevait la nouvelle de l'armistice conclu à Tilsitt avec le roi de Prusse. Les places de Glatz, Silbelberg et Kosel restèrent bloquées, et le Prince attendit le résultat des négociations engagées sur les bords du Niémen, sans interrompre les dispositions que la continuation de la guerre pouvait rendre nécessaires. Le 7 juillet, il manda de Breslau à l'Empereur :

Sire, par une lettre du général Clarke, écrite au général Hédouville, j'ai appris que le roi de Suède avait rompu l'armistice le 3, et que les hostilités recommenceront le 13. Le général Clarke prie le général Hédouville de lui envoyer deux régiments de cavalerie, le maréchal Brune en manquant totalement. Quoique le général Clarke ne me fasse part en rien de tous ces mouvements, je fais partir à l'instant le 1" régiment provisoire de chasseurs français, fort de quatre cent soixante hommes bien montés, bien équipés et exercés, commandés par un très-bon officier qui s'est distingué avec son régiment dans toutes les occasions, et particulièrement à l'enlèvement du camp retranché de Glatz. Je vais en même temps rassembler, à Breslau, quatre à cinq mille hommes d'infanterie, un régiment de cavalerie et six cents lanciers polonais, afin d'être prêt à marcher où Votre Majesté le jugera nécessaire. Cela n'empêchera pas que Glatz, Silhelberg et Kosel ne soient bloqués. J'attends les ordres de Votre Majesté. »

Ce même jour, 7 juillet, l'Empereur écrivait de Tilsitt à son frère la lettre suivante :

« Mon frère, je viens de conclure la paix avec la Russie et la Prusse. Vous avez été reconnu comme roi de Westphalie. Ce royaume comprend tous les États dont vous trouverez ci-joint l'énumération. J'irai passer quelques jours à Königsberg, et de là je me rendrai à Dresde. Je vous préviendrai à temps, pour que vous puissiez arriver avec moi à Dresde; et nous nous concerterons là pour l'organisation à donner à votre royaume. Il est inutile que vous ébruitiez cette nouvelle. Il faudrait vous procurer un secrétaire qui sút très-bien l'allemand, et vous occuper déjà de me proposer quelques Alsaciens d'un mérite distingué, propres à vous aider dans votre administration. Mon intention d'ailleurs, en vous établissant dans votre royaume, est de vous donner une constitution régulière qui efface dans toutes les classes de vos peuples, ces vaines et ridicules distinctions. - Envoyez du côté de Glogau de la cavalerie, afin que j'aie partout de très-fortes escortes.

« Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

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Le 7 juillet était le jour même de la signature du traité de Tilsitt. Ainsi, la première pensée de l’Empereur, immédiatement après cet acte mémorable, est d'annoncer à son frère le nouveau remaniement territorial qu'il vient de faire subir à l'Allemagne en sa faveur. Il le fait en des termes qui peignent à la fois et cette époque extraordinaire où les événements politiques de l'ordré le plus élevé revêtaient souvent les formes de simples actes administratifs, et l'activité prodigieuse de l'esprit de l’Empereur comprenant, pour ainsi dire, dans une même phrase, le résumé de toute son œuvre révolutionnaire, et l'infime détail de ses escortes. Cette préoccupation de Napoléon au sujet de ces vaines et ridicules distinctions, est particulièrement remarquable dans ce billet rapide uniquement destiné à donner le premier avis d'un grand événement. Comme beaucoup de passages de sa correspondance, la phrase est incomplète; il est visible que sa pensée du moment, celle qui le dominait lorsqu'il venait de renverser encore une fois l'équilibre européen, s'échappait, malgré lui, en quelques mots qu'il ne prenait pas la peine de développer, mais qui jettent un jour singulier sur la nature de ses premiers mouvements et de ses intimes conceptions.

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