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logue, je vous ai prié de revoir avec soin et dans le plus grand détail, les notices de tous les ouvrages, et de reprendre, en adoptant les divisions si simples et si bien entendues de la Bibliothèque impériale, chacune des classifications sous lesquelles doivent être rangés nos livres.

Vous vous êtes mis à l'ouvre, monsieur le Bibliothécaire, avec un zèle et un dévouement absolus, et, pendant près de dix-huit mois, vous avez travaillé sans relâche à la réalisation de cette utile entreprise.

Elle est arrivée à terme sans qu'aucun des soins habituels que réclame notre bibliothèque, ait été négligé et sans que nous ayons rien ajouté au crédit spécial inscrit dans le budget du Sénat.

Je viens vous remercier, vous et les excellents employés de votre service, de vos louables efforts, et je me plais à rendre justice au résultat que vous avez obtenu. J'ose espérer que mes honorables collègues s'en trouveront satisfaits.

Du reste, un catalogue est nécessairement une æuvre continue; elle se continuera donc, et ses imperfections (il y en a sans doute) se corrigeront avec le temps et l'expérience.

Agréez, monsieur le Bibliothécaire, l'assurance de mes sentiments très-distingués.

Le Grand-Référendaire,

FERDINAND BARROT.

MONSIEUR LE GRAND-RÉFÉRENDAIRE,

Conformément à votre ordre, la Bibliothèque du Sénat se trouve maintenant pourvue d'un catalogue imprimé, qui, désormais aux mains de chacun de MM. les Sénateurs,

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pourra faciliter leurs recherches. Etabli par ordre de matières et suivi d'une table alphabétique des noms d'auteurs, il correspond ainsi aux deux ordres de recherches auxquels doit satisfaire un catalogue et présente, dans un ensemble méthodique, les ouvrages dont se compose aujourd'hui la Bibliothèque du Sénat.

La création de la Bibliothèque du Luxembourg ne remonte pas au delà de l'année 1818; on ne peut donner le nom de bibliothèque à une centaine de volumes datant du premier Sénat et estampillés Chancellerie du Sénat conservateur. C'est à partir de 1818 qu'un crédit spécial, se renouvelant depuis, chaque année, jusqu'en 1848, fut voté par la Chambre des Pairs pour l'établissement d'une bibliothèque à son usage.

En 1836, on y comptait 15 000 volumes et, à la veille de la révolution de Février, 22000', se rapportant surtout à la politique, à l'administration, à la jurisprudence, à l'histoire. Aujourd'hui ce dernier chiffre se trouve plus que doublé. La Bibliothèque, alors, non plus que maintenant, ne demeurait point étrangère aux autres branches des connaissances humaines; la théologie, la littérature, les arts s'y trouvaient représentés. Elle laissait de côté les raretés bibliographiques pour ne s'enrichir que de documents se rattachant aux matières traitées dans les Chambres. Par des acquisitions de tous les jours, elle se procurait les meilleurs ouvrages, anciens ou nouveaux, de politique, d'histoire, de jurisprudence, d'administration. Certains livres échappaientils à la vigilante attention du bibliothécaire, ils lui étaient signalés par les membres de la Chambre, composée de notabilités de toutes sortes et qui n'ignoraient rien de ce qui se publiait d'important, chacun dans sa spécialité.

1. Le bibliothécaire se plaît à signaler ici l'utile part qu'a prise à ce travail M. Burot, employé de la bibliothèque.

2. Statistique des bibliothèques de Paris (Annuaire des lettres, des arts, etc., 1846-47).

3. Les bibliothécaires qui se sont succédé au Luxembourg, depuis la création de la bibliothèque jusqu'à ce jour, sont MM. Carrey, Londe, Etienne, bibliothécaire adjoint; Chavin de Malan , Ponsard, Laurent de l'Ardèche, Vieillard et Etienne, Charles-Edmond (Choiecki), bibliothécaire adjoint.

Après la révolution de Février, la Bibliothèque de l'exChambre des Pairs servit à la commission d'organisation du travail, présidée par M. Louis Blanc, qui s'établit au Luxembourg. Ensuite il fallut lui trouver un emploi pour sauver son existence menacée. Le palais n'étant plus alors en quelque sorte qu'une caserne, elle courait risque de suivre le sort, non irrévocable, on peut l'espérer, des archives de l'ancien Sénat et de la Chambre dissoute, c'est-à-dire d'être comprise dans la décision qui attribuait celles-ci aux Archives nationales. La publicité fut réclamée pour elle. Étant toute spéciale, elle ne pouvait être livrée à tout le monde. D'autres raisons militaient contre une publicité complète : son emplacement dans la partie tout à fait intérieure du palais, le nombre restreint des ouvrages qui la composaient, un personnel trop limité d'employés, les livres sans défense sur des rayons non fermés. Du ministère des travaux publics elle passa dans les attributions de celui de l'instruction publique. Comprenant qu'elle ne pouvait demeurer, entre ses mains surtout et après les informations et la demande qu'il venait de recevoir !, lettre-morte pour beau

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1. Voici la lettre, en date du 13 mai 1848, que le bibliothécaire adjoint crut devoir adresser au Ministre de l'instruction publique, M. Carnot, aussitôt qu'il eut été informe de la décision relative aux archives du Sénat et de la Chambre des Pairs, obtenue par M. Letronne, directeur des Archives nationales :

« Monsieur le Ministre, « Après le 24 février, la Bibliothèque de l'ex-Chambre des Pairs a été affectée au service de la Commission d'organisation du travail, présidée par le citoyen Louis Blanc. Elle est sans emploi depuis la dissolution de cette commission. Vous jugerez, sans doute, qu'il ne peut en être longtemps ainsi. La Bibliothèque du Luxembourg comprend, outre un grand nombre d'ouvrages de diverse nature, de nombreuses collections de procès-verbaux de la Chambre des Pairs et de la Chambre des Députės, des procès de la Cour des Pairs, des documents ministériels et administratifs de toutes sortes, qui forment une partie de sa richesse et constituent sa spécialité. Les ouvrages de législation, de jurisprudence, de politique, d'administration et d'histoire forment le fonds principal de cette bibliothèque, qui n'est cependant étrangère ni aux sciences ni à la littérature. Si vous pensiez, monsieur le Ministre, qu'il y eût lien de lui donner une aflectation spéciale, il en est une qui pourrait répondre à un besoin nouveau créé par une utile institution émanée de votre ministère. Ne vous semblerait-elle pas pouvoir être mise à la disposition des élèves de l'École administrative du Collége de France, dont les examens d'admission ont lieu déjà au Luxembourg ? Nulle part ces élèves ne rencontreraient en plus grand nombre les

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coup de personnes intéressées par sa spécialité même, ce dernier ministère la rendit accessible aux membres des anciennes Assemblées législatives, aux magistrats, aux fonctionnaires de l'Université et à d'autres personnes pouvant y trouver des ressources pour leurs travaux. Sous ce régime transitoire, elle trouva le calme après la tempête et put attendre des jours meilleurs.

Ils lui vinrent avec le Sénat et, peu de temps après, le bibliothécaire adjoint, chargé par intérim de pourvoir aux nécessités les plus urgentes du service, pouvait adresser le rapport suivant au Grand-Référendaire:

« Depuis 1848 4, la Bibliothèque, manquant d'allocation, n'a pu faire aucune acquisition. Au moment où elle a été affectée au service du Sénat, il s'était produit dans ses achats une lacune de quatre années. A partir de 1852, le crédit de 10 000 fr. pour les livres, proprement dits, a été rétabli; celui des journaux, qui était précédemment de 4000, s'est trouvé réduit à 2400. Préoccupé de la spécialité de la Bibhiothèque et me faisant une loi de n'y point déroger, je n'ai fait pendant mon intérim et conseillé depuis, que l'acquisition d'ouvrages se rapportant à cette spécialité. Ma route d'ailleurs était toute tracée relativement aux ouvrages en cours de publication que recevait la Bibliothèque, lors de la révolution de 1848, et dont les suites nous étaient en quelque sorte imposées.

« Les journaux et revues, qui, dans une bibliothèque politique, doivent former une section des plus importantes, parce qu'on y va chercher sommairement l'expression de

ouvrages de droit administratif dont ils ont besoin pour leurs études, nulle part plus d'instruments de travail pour arriver à leur but. A cet effet, la Bibliothèque du Luxembourg, qui d'ailleurs en ce moment n'appartient à aucun ministère , pourrait être revendiquée par le vôtre, jusqu'à ce qu'il ait été statué définitivement sur la destination du Luxembourg. En tout cas, monsieur le Ministre, je crois de mon devoir d'appeler votre attention sur le défaut d'emploi où est une importante bibliothèque de l'État dans un moment où le Gouvernement et en particulier votre ministère se préoccur pent avec sollicitude de multiplier les lieux d'étude dans les différents quartiers de la capitale. Veuillez agréer, etc..

« Signé : ÉTIENNE, Bibliothécaire adjoint. » 1. Extrait d'un rapport adressé au Grand-Référendaire en 1852.

chaque opinion, ont été de ma part l'objet d'une attention sérieuse. Là encore la voie m'était indiquée pour la plupart des grands journaux reçus par la Bibliothèque avant 1848 et qui avaient continué d'exister. Quant à ceux créés depuis cette époque, je ne l'ai abonnée qu'aux plus accrédités. J'ai cru devoir remplacer deux des trois grands journaux anglais qu'elle recevait précédemment par deux journaux belges. Le Times, l'organe le plus considérable des intérêts anglais, m'a paru suffire pour le moment, avec les deux plus importantes revues de ce pays. La partie du crédit afférente aux imprimés périodiques étant moins considérable que par le passé, j'ai dû me renfermer dans les limites fixées et ne pas perdre de vue qu'il faut avec cette ressource continuer les collections de journaux interrompues depuis quelques années, les journaux formant une des divisions les plus importantes de la Bibliothèque et ce qui en a paru, pendant ces dernières années, devant fournir de précieux matériaux à l'histoire contemporaine. Nous avons demandé aux différentes administrations une double collection des documents publiés par elles depuis 1848. La plupart font suite à ceux que possède déjà la Bibliothèque. Ces documents réunis forment un ensemble d'environ 500 volumes, dont quelques-uns ont une véritable valeur bibliographique. En résumé, continuer les traditions de la Bibliothèque, tenir compte des exigences apportées au service par une situation nouvelle, proportionner les dépenses au crédit accordé et pourvoir en même temps la Bibliothèque des ouvrages nouveaux les plus considérables, telle a été ma ligne de conduite. »

« Depuis treize ans écoulés je n'en ai pas changé, disait, dans un autre rapport, en date de 1865, le bibliothécaire adjoint devenu bibliothécaire en chef, et la Bibliothèque, qui, dans les conditions relativement restreintes d'alors, suffisait à un autre corps politique, s'est rendue de plus en plus digne de celui dont elle est aujourd'hui l'auxiliaire. La plupart des lacunes produites par une regrettable absence de crédit, de 1848 à 1852, ont été comblées successivement sans qu'aucun fonds ait été sollicité à cet effet; par ses acquisitions de tous les jours, la Bibliothèque est tenue à la hauteur de sa destination et un certain nombre d'ouvrages

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