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et que nal sacrifice v'est impossible pour le souverain qui lai réservait un si beau jour.

: Oui: J'en atteste l'honneur français. Telle est sa pensée. Lyhonneur français ! que de prodiges on peut faire avec ce real mot ! L'honneur français, dirigé par un grand homme, est an assez puissant, ressort pour changeer la face de l'univers.

On a sou vent nommé les rois d'illustres ingråts : on a dit, non sans quelque raison, qu'ils mettaient trop tôt en oubli le dévouement de leurs sujets, et qu'auprès du trône il était plus miile de flatter que de servir. Combien le maître à qui nous sommes attachés, mécite peu ce reproche! Du haut point d'élévation qu'il occupe, il jette un regard équitable sur les talens qui sont au-dessous de lui; car il est trop élevé audessus d'eux tous, pour ne pas les juger tous avec impartialité. Ses bienfaits préviennent à chaque instant ses serviteurs de toutes les classes, et particulièrement ses fidèles compagnons d'armes. Le pinceau des grands artistes est chargé de reproduire les grandes actions ; les places publiques portent les poms des guerriers morts sur le champ de bataille et se décorent de leurs images; des arcs de triomphe s'élèrent à la gloire des armées françaises, et un temple voisio conservera sur des tables d'or, la mémoire des braves. C'est là qu'un héros veut donner à ses soldats une part de son immortalité. Il embellit leor vie par la fortune et les titres dus à leur courage. I fait plus, il honore leur mort, et sa royale amitié ne néglige pas même le marbre de leurs tombenus.

Quels dévouemens extraordinaires ne doit pas attendre un souverain si magnanime!

Aussi que de grandes choses il a fait exécuter dans un règne si court et si rempli!

Périsse à jamais le langage de l'adolation et de la flatterie! Je ne commencerai point à m'en servir dans les dernières paroles qui je prononce à cette tribune d'où je vais descendre pour toujours. Je n'ai point oublié les devoirs imposés à ce corps respectable et cher, dout j'ai l'honneur encore une fois d'être l'organe et l'interprète. Le corps législatif ne doit par. ter aux pieds du trône que la voix de l'opinion publique.

C'est avec elle seule que je louerai le prinee. J'exprimerai franchement l'admiration qu'il n'inspire ; j'en trouve l'oceasion naturelle dans cette fête guerrière où brille toute sa gloire. L'élite de la Franee et de l'Europe est ici rassemblée. J'en appelle à leur témoignage. Tout ce que je vais dire de lui sera merveilleux et véritable.

Transportons-nous par la pensée, dans l'avenir. Voyons ce héros comme la postérité doit le voir un jour, à travers les nuages du tems, C'est alors que sa grandeur parastra, pour ajosi dire, fabuleuse. Mais trop de monumens attesteront les merveilles de sa vie pour que le doute soit permis. Si nog derniers descendans veulent savoir quel est celui qui, seul, depuis l'empire romain, réunit l'Italie dans un seul corps ? l'histoire leur dira: c'est Napoléon. S'ils demandent quel est celui qui, vers la même époque, dissipa les, hordes arabes et mtulipanes an pied des Pyramides et sur les bords du Jourdain? i'histoire leur dira : c'est Napoléon.

Mais d'autres surprises les attendent. Ils apprendront qu'un homme, en quelques sorte désigné d'en haut, partit du fond de l'Egypte au moment où toutes les voix de la France l'appelaient à leurs secours et qu'il y vint rétablir les lois, la religion et l'ordre social menacés d'une ruine prochaine; cet homwe encore sera Napolédn. Ils verront dans dix années, trente états changeant de forme, des trónes fondés, des trộnes détruits. Vienne, deux fois conquise, et les successeurs du grand Frédéric perdant la moitié de leur héritage. Ils croiront d'abord que tant de révolutions et de victoires sont l'ouvrage de plusieurs conquérans. L'histoire, appuyée sur le témoiguage unanime des contein porains, dissipera toutes les méprises.

Elle montrera toujours le même Napolén, fondant de l'Au. triche sur la Prusse, poussant sa inarche victorieuse jusqu'aux dernières limites de la Pologne, s'élançant toute-d-coup du fond de la Sarmatie vers ces monts qui séparant la France des Espagnes, et striomphant près de ces régions où l'antiquité plaçait les bornes du monde.

Et cependant les prodiges ne seront pas épuisé ! Il faudra retracer encore les bienfaits d'un code immortel ; il faudra peindre lous les arts rappelant à Paris la magnificence de Rome antique ; car il est juste que la ville où residé ua si grand homme, devienne aussi la ville éternelle.

J'interroge maintenant tous ceux qui m'écoutent. En estil un seul qui désavoue le moindre trait de ce tableau : Heureux les princes qu'on peut louer dignement avec la vérité! Heureux aussi l'orateur qui ne donne aux rois que des éloges justifiés par leurs actions ! L'assemblée et les tribunaux renouvellent leurs applaudissemens et leurs acclamations. · M. le président declare que la session de 1809 est terminée.

MM. les orateurs du gouvernement, ayant quitté la salle, le corps législatif se sépare.

30 Janvier,

PRÉFECTURE DE POLICR. Une ordonnance en date du 26 Janvier, portant réglement général pour les prisons du ressort de la préfecture de police, contient les dispositions suivantes;

TOME IV.

Dispositions générales. Art. 1. Les conciergés, ainsi qu'il est prescrit par la loi tiennent un registre, coté et paraphé à toutes les pages, sur lequel ils inscrivent de suite et sans aucun blanc, les prisonniers qui leur sont amenés, ainsi que l'acte ou l'ordre d'envoi ; ils y portent également en marge l'acte ou l'ordre de la remise de chaque prisonnier, la date de la sortie, ainsi que l'ordonnance, l'arrêté ou le jugement, en vertu duquel elle a lieu.

2. Le concierge de chaque maison et le commis au greffe, ne pourront jamais s'absenter l'un et l'autre à la fois; l'un d'eux sera toujours présent au greffe ou dans la maison.

Les concierges ne pourront jamais découcher sans y être autorisés.

3. Tous les einployés dans les prisons sont subordonnés aux concierges, dont ils reçoivent et exécutent les ordres.

4. Tous les prisonniers entrans, avant d'être introduits parmi les autres, seront visités par le médecin de la maison, afin d'être assuré qu'ils ne sont point malades ; ceux qui seraient reconnus inalades, seront placés dans l'infirmerie.

3. Les chambres et dortoirs des prisonniers non condamnés, seront ouverts à six heurs du matin, depuis le ler Avril jusqu'au 1er octobre, et à huit heurs le reste de l'année.

6. Les prisonniers seront reofermés dans les dortoirs et chambres; savoir, ceux qui ont des chambres particulières à neuf heures du soir, depuis le ler Avril jusqu'au Ter Octobre, et a six heurs le reste de l'année.

Les autres seront renfermés en tout tems, une demi-hears ayant la nuit. Lors de la fermeture, il sera fait un appel nominal de tous les prisonners. 7. Les concierges visiteront tous les jours les prisonniers placés au secret. Ils leurs feront prendre l'air lorsque les autres prisonniers ne se trouveront pas dans les cours, et ils les feront toujours accompagner par un employé.

8. Il est défendu aux prisonniers de troubler l'ordre et le tranquillité qui doivent régner dans les cours et promenoirs, pendant les heures de la promenade.

Ceux qui contreviendraient à cette défense, seront' popis, pour la première fois, par la privation de promenade pendant trois jours, et en cas de recédive, pendant huit jours, * 9. Aucun prisonnier ne pourra travailler dans le greffe

, il ne pourra y rester momentanément que pour ses affaires personnelles, et après y avoir été appelé par le concierge.

10. Aucun prisonnier ne pourra, sous quelque prétexte que ce soit, s'arrêter dans les guichets; il ne pourra même passer d'un

corps de logis à l'autre sous le prétexte de visiter les autres prisonniers ou autrement; les gardiens qui le souffriraient, seront punis, pour la première fois, par la privation de sortie pendant un mois, et la seconde fois ils seront destitués.

11. Les chambres particulières, lorsqu'elles n'auront point été données par nous, appartiendront de droit aus prisonniers les plus anciens, et contre lesquels il ne vous sera parvenu aucune plainte, sans qu'il paisse être exigé d'eux, à ce sujet, aucune espère de rétribution.

Dans les chambres où il y a plusieurs lits, et dans les dor. toirs, les places les plus commodes appartiendront aux prigoooiers les plus anciens, aux mêmes conditions que celles cidessus.

12. Tous les jours, à neuf heures du matin, depuis le 1er Avril jusqu'au ler Ooctobre, et à dix heures le reste de l'année, les lits des prisonniers non-coudamnés seront faits, et les chaubres et dortoirs seront balayés, nétoyés et aérés.

13. Le pain ne sera distribué chaque jour qu'après ce service.

14. Les prisonniers seront soigneusement fouillés en entrant dans la prison, mais avec tous les égards et la décenice que le malheur commaude; ils le seront également toutes les fois que la sûreté l'exigera, pour être assuré qu'ils n'ont point d'armes ou d'instrumens propres à favoriser l'évasion.

Il sera fait en outre de fréquentes visites dans les chambres et dortoirs de jour ou de ouit, et les barreaux des croisées et grilles seront soudés chaqne jour.

Les prisonniers qui seront extraits, seront également fouillés, ainsi qu'à leur rentrée, s'ils sont ramevés.

Cette fouille sera faite par les gardiens.

15. Il est défendu aux anciens prisonniers d'exiger ou de prendre aucune chose des nouveaux venus, en argent; vivres ou effets, ni de prendre ou cacher leurs vêtemens, ni de les inaltraiter sous prétexte du droit de bienvenue. - Les contrevenans seront, outre la restitution à laquelle ils serunt tenus, placés pendant dix jours dans la chambre de pupition : ils seront punis plus sévèrement, suivant la gravité des cas dont il nous sera rendu compte.

16. Il est défendu aux prisonniers d'insulter le concierge et les autres employés de la maison.

Les contrevenans seront placés, pendant deux jours, dans la chambre de punition; ils seront punis plus sévèrement s'ils opposaient de la résistance ou des voies de fait à l'exécution des ordres du concierge, indépendaniment des poursuites devant les tribunaux s'il y a lieu.

Il leur est recommandé de traiter les prisonniers avec douceur et humanité.

18. On ne peut communiquer avec les prisonniers qu'après en avoir obtenu la permission; cette permission est limitée, et elle est personnelle.

Les avoués et avocats connus, ou munis de leur diplôme, chargés des affaires des prisonniers qui sont 'en jugement, sont seuls exceptés de cette disposition.

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L'entrée de la prison pour les personnes munies de permise pion, aura lieu de dix heures du matin jusqu'à cinq heures du soir, depuis le ler Avril jusqu'au 1er Octobre, et jusqnes à trois heures seulement, le reste de l'année. Le concierge y tiendra soigneurement le main : aucune exception ne pourra avoir lieu sans notre autorisation spéciale,

19. Les permissions étant personnelles, le coocierge et les employés veilleront avec soin à ce que les personnes qui se présenteront soient bien celles désignées dans les perinissions

Les inspecteurs des prisons véritieront ces permissions lors de leurs visites dans les prisons.

20. La communication des personnes munies de permission, avec les prisonniers non condamnés, ne peut avoir lieu que dans les parloirs établis à cet effet, et pendant une heure seule, ment, ou sur un ordre exprès, dans une pièce désiguée à cet effet, en présence du concierge et d'un employé commis par lui, qui ne pourra en sortir lant que durera la communication,

Les avoués ou avocats communiqueront de droit avec leurs cliens dans cette salle,

Les salles qui servaient à la Force et à Sainte-Pélagie an restaurant, sont désignées pour cet usage.

Il est expressément défendu aux concierges et employés de souffrir que les personnes qui vont visiter les prisonniers, boivent et mangent avec eux,

21. Les employés veilleront à ce que la décence et les bonnes, Diors règuent dans les parloirs pendant les communications.

22. Les personnes munies de permission pour communiquer avec les prisonpiers seront fouillées en entrant et en sortant, savoir : les hommes par les gardiens, et les femmes par celle préposées à ce service.

Cette mesure de sûreté sera exécutée avec toute l'honnéteté et la décence nécessaires.

Les personnes qui seraient trouvées panties d'instrumens ou d'objets contraires à la sûreté, seront de suite renvoyées avec le rapport du concierge, leur permission et les pièces de conviction à la prétecture de police pour être statue ce qu'il appartiendra : et il est laissé à la prudence du concierge d'excepter de la fouille les personnes qui, par leur état ou leurs fonctions mériteraient sa confiance, et ne seraient pas dans le cas de compromettre sa responsabilité.

23. Toute espèce de commerce, vente et achat sont expreso sément défendus aux prisonniers, soit entr'eux, soit avec les employés, et sous quelque prétexte que ce soit.

Ceux qui contreviendraient à cette défense seront punis par la confiscation au profit des pauvres, des marchandises saisies ou des objets provenans de ce commerce : ils seront 'en outre

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