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No. IX. bis.

Traduction.

Copie de la réponse de Lord Castlereagh, secrétaire d'état pour les affaires étrangères de S. M. Britannique à la lettre du ministre des relations extérieures du 17 Avril.

Londres, bureau des affaires étrangères, 23 Avril, 1812. Monsieur,

La lettre de V. Exc. du 17 de ce mois, a été reçue et mise sous les yeux du prince régent.

S. A. Ř. a senii qu'elle devait à son honneur, avant de m'autoriser à entrer en explication sur l'ouverture que V. Exc. a transmise, de fixer le sens précis attaché par le gouvernement de France au passage suivant de la lettre de V. Exc.: La dynastie “ actuelle serait déclarée indépendante, et l'Espagne régie par

une constitution nationale des cortès.

Si, comme S. A. R. le craint, le sens de cette proposition est que l'autorité royale d'Espagne et son gouvernement établi par les cortès, seront reconnus comme résidens dans le frère du chef du gouvernement français, et les cortès formés sous son autorité, et non dans le souverain légitime Ferdinand VII et ses héritiers, et l'assemblée extraordinaire des cortès, maintenant juvestie du pouvoir du gouvernement dans ce royaume, en son nom et sous son autorité, il m'est ordonné de déclarer franchemeut et expliciteinent à V. Exc. que des engagemens de bonne foi ne permettent pas à 3. A. R. de recevoir une proposition de paix fondée sur une telle base.

Si cepeudant les expressions ci-dessus citées s'appliquaient au gouvernement actuel d'Espagne, exerçant l'autorité au nomi de Ferdinand VII, sur l'assurance qu'en donnera V. E. le priuce régent est disposé à s'expliquer pleinement sur la base qui a été transmise pour être prise en considération par S. A. R., son désir le plus empressé étant, de concert avec ses alliés, de contribuer au repos de l'Europe, et de travailler à une paix qui puisse étre à la fois honorable, non-seulement pour la Grande Bretagne et la France, mais encore ponr ceux des états avec lesquels chacune de ces puissances a des rapports d'amitié.

Après avoir exposé sans réserve les sentimens du prince régent sur un point sur lequel il est si nécessaire de s'entendre, avant d'entrer dans une discussion ultérieure, je me conformerai aux instructions de S. A. R., en évitant de faire des observations inutiles et des récriminations sur les objets accessoires de votre lettre. Je puis heureusement m'en rapporter pour la justification de la conduite que la Grande Bretagne a tenue aux diffétentes époques rappelées par V. E., à la correspondance qui eut

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lieu alors, et aux jugemens que le monde en a depuis long-tenis porté.

Quant au caractère particulier que la guerre a malheureusement pris, et aux principes exclusifs et arbitraires que V. E. signale comme ayant marqué ses progrès, en niant, en ce qui concerne le gouvernement britannique que ces maux lui doivent être attribués, je suis autorisé à assurer à V. E. qu'il déplore sincèrement leur existence, comme aggravant inutilement les calamités de la guerre, etque son désir le plus vif, soit en paix, soit en guerre avec la France, est de voir les relations entre les pations rendues aux principes libéraux et accoutumés des tems précédens.

Je saisis cette occasion d'offrir à V. E. les assurances de ma haute considération.

(Signé) CASTLEREAGH. Pour copie conforme, Le ministre des relations extérieures,

Le Duc de BASSANO.

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No. X

Copie d'une lettre du ininistre des relations extérieures à M.

le conte de Lauristov, ambassadeur de S. M. I. et R. à St. Petersbourg.

Dresde, le 20 Mai, 1812. M. le comte,

J'ai l'honneur de vous envoyer les copies de deux notes du prince Kourakin, en date des 30 Avril et 7 Mai,

D'une note que j'ai adressée à cet ambassadeur:le 9 du même mois, et de la réponse qu'il m'a faite le même jour.

Et enfin d'une note du 11 Mai, qui n'est parvenue hier, et par laquelle le prince Kourakin renouvelle sa demande la plus pressante pour obtenir ses passeports.

S. M. ne peut pas croire, M. le comte, que cet ambassadeur n'ait pris beaucoup sur lui. Elle juge convenable que vous demandiez, par une note adressée à M. le comte Soltykoff des passeports pour vous rendre auprès de M. le comte Romanzoff

, à Wilna, ou dans tout autre lieu de rendez-vous qui vous serait assigné. Vous annoncerez à M. le comte Soltykoff que les communications dont vous êtes chargé, et que vous ne pouvez faire qu'au chancelier vu à l'einpereur lui-même, sont aussi importantes que pressantes.

Vous montrerez à M. le comte Romanzoff toutes les pièces que je vous envoie. Vous exprimerez l'étonnement que S. M. à då éprouver lorsque je lui ai rendu compte de démarches si inattendues et si contraires aux dispositions que l'empereur Alexandre vous avait manifestées à vous-même, lorsqu'elle a vu que dans les potes de l'ambassadeur de Russie, on présentait

l'évacuation de la Prusse comme une condition -sur laquelle la France n'avait pas même a délibérer ; condition telle que S. M. n'en avait jamais proposé de semblables, après la plus grande victoire ; lorsqu'enfin, en réclamant lindépendance de la Prusse, on viole son indépendance, puisqu'on exige la destruction des engagemens politiques qu'elle a contractés, en usant du droit qui appartient à tous les souverains. Vous ferez sentir, M. le comte, combien les notes du prince Kourakin sont opposées, par leur forme et par leur contenu, aux dispositions pacifiques dont cet ambassadeur donnait l'assurance ; par quel esprit de conciliation S. M. est portée à penser qu'en les présentant et qu'en y joi, gnant la demande réitérée de ses passeports, il est allé au-delà de ce qui lui était prescrit, et avec quel regret, si elles étaient véritablement l'expressiou des intentions, et le résultat des ordres de la cour de Pétersbourg, S. M. verrait s'évanouir tout espoir de parvenir, par une négociation qu'elle a constamment provoquée depuis près de deux ans, à arranger enfin les différends qui divisent les deux pays.

Vous insisterez, M. le comte, pour obtenir des explicatious qui puissent laisser encore la voie ouverte à un accommode ment.

J'ai l'honneur elc. Certifié conforme,

Le ministre des relations extérieures,

Le Duc de BASSANO.

No. XI.

Copie d'une lettre de M. le comte Romanzow à M. le comte de

Lauriston.

ilua, 27 Mai au soir, 1812 (8 Juin.) M. l'ambassadeur,

S. M. I. vient d'être informée par le Comte de Soltykoff, que V. E. avait demandé à pouvoir se rendre près d'elle, afin de pouvoir s'acquitter en personne des ordres qu'elle venoit de recevoir de la part de l'empereur son maître.

Quoiqu'au milieu de ses troupes, S. M. eût trouvé plaisir à se détacher un moment de ses occupations présentes pour recevoir près d'elle l'ambassadeur d'un souveraiu son allié; mais une circonstance tout-à-fait étrangère à toutes les pensées de S. M. l'en empêche.

Elle vient d'apprendre ce matin que le cours des postes aux lettres entre son empire et les pays étrangers a été suspendu à Memel, et à ce qu'il paraît, toute communication avec son empire est interdite.

Depuis, elle a été avertie qu'un de ses couriers, se rendant de l'une de ses missions près d'elle, n'a pas obtenu la permission de passer la frontière pour se rendre en ses états, et qu'il a été nécessité de rebrousser chemin.

Des faits aussi extraordinaires ont besoin d'être éclaircis. S. M. n'étant pas prévenue non plus de la nature des communications dont V. E. est chargée, fidèle à son propre système, qui est de suivre le cours des choses ordinaires dans les relations des deux cabinets, vous invite M. l'ambassadeur, à préférer de ne point quitter Pétersbourg, et vouloir bien me faire l'honneur de m'adresser par

écrit les communications dont vous devez vous acquitter, ou bien d'en écrire directement à S. M. I, à votre choix, ef afin de vous en procurer le moyen. S. M. m'a prescrit de mettre à cet effet à votre disposition le sieur de Baerens, otticier dans les corps des Felde Jagers, qui aura l'houneur de vous remettre cette lettre.

Je prie V. E. ete.

(Sigué) Le Comte de ROMANZOW. Pour copie conforme, Le ministre des relations extérieures,

Le Duc de BASSANO.

No. XII.

Copie de la lettre de M. le comte de Lauriston à M. le comte

de Ronjanzow.

Saint Pétersbourg, le 31 Mai, (12 Juin) 1812. Monsieur le comte,

Les bontés que j'ai éprouvées de la part ? S. M. l'empereur Alexandre, les marques de confiance doti elle avait daigné m'honorer, m'avaient empêché de prévoir aucun obstacle au voyage que je devais faire à Wilna. Je n'y étais donc disposé, malgré les douleurs rhumatismales très-violentes que j'éprouve depuis plusieurs jours, sentant toute l'importance des comme nications que j'étais chargé de faire à S. M. ou à V. Ex, dans des circonstances où le moindre retard est nuisible. Quel a donc été mon étonnement en recevant la lettre de V. Ex. J'ai vu mon espoir déçu, j'ai vu que je in'étais abusé sur l'idée de la confiance que je supposais que S. M. voulait bien m'accorder, puisqu'elle me refuse toute coinmunication directe, soit avec elle, soit avec V. Exc. dans un moment où cette confiance, que je croyais avoir mérité par ma conduite, par mon zèle constant pour le maintien de l'alliance, pouvait être, je n'hésite pas à le dire, de la plus grande utilité pour les deux empires. Les raisons même que V. Exc.met en avant pour arrêter mon départ, une sembleraient au contraire devoir le rendre plus nécessaire.

Dans des circonstances aussi pressantes, Mousieur le comite que peuvent produire des communications par écrit, auxquelles buit jours suffisent à peine pour avoir une réponse, et qui, par

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leur nature même, n'offrent aucun moyen de relever assez à tems, pour en éviter les funestes conséquences, toutes les erreurs, tous les mésentendus, qu'on peut commettre de part et d'autre, et qui même sont presque inévitables.

Le but principal, le maintien de la paix, ne serait jamais atteint. C'est parce que l'empereur, mou maitre, avail senti combien les lenteurs sont préjudiciables dans des momens aussi critiques, qu'il m'avait ordonné de me rendre auprès de l'empereur Alexandre et de V. Exc. afin d'éclaircir tous les doutes, de lever toutes les difficultés sur des points importans au sujet desquels on ne peut s'expliquer que par cette voie, si l'on veut conserver l'esprit d'un arrangement, qui est constamment l'objet de ses voux.

Dans la position nouvelle où me place la lettre de V. Exc. il ne me reste plus qu'à prendre les ordres de ma cour sur ma conduite ultérieure. J'expédie un courrier pour les solliciter.

Quant à moi en particulier, M. le comte, je ne puis cacher à V. Exc. que je suis profondément affecté d'un refus que je puis regarder comme n'étant tout-à-fait personnel, puisque tout autre, que moi, envoyé directement par mon maitre, soit général, soit aide de camp, eût sans doute obtenu une faveur qui m'est refusée.

N'ayant aucune nouvelle directe au sujet des communications que V. Exc. m'assure être suspendues entre la Russie et les pays étrangers, je ne puis répondre à cet article de sa lettre. J'ai l'honneur, etc.

(Signé) Le Cointe de LAURISTON. Pour copie conforme. Le ministre des relations extérieures.

Le Duc de BASSANO,

No. XIII. Copie d'une lettre da ministre des relations extérieures à M. le Comte de Lauriston.

Thorn, le 12 Juin 1812. Monsieur le comte,

Vous avez vu par la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire le 20 du mois dernier, que la déclaration faite par le prince Kourakin, le 30 Avril, et la demande réitérée de ses passeports avaient paru à S. M. des démarches tellement fortes, tellement décisives dans la circoustance, tellement opposées au langage que cet ambassadeur avait tenu jusqu'alors, qu'elle avait de la peine à croire qu'il n'eût pas pris beaucoup sur lui. Nous avons appris depuis que le gouvernement russe avait fait connaître aux divers cabivels la condition imposée à S. M. de l'évacuation du territoire prussien comme un préalable indispensable de toute Bégociation.

La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 22 Mai, ma'annonce que cette déclaration est connue à Saint Pétersbourg,

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