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'état qu'au départ du dernier courrier; en effet, pas un homme
v'est entré en Prusse ni sur le territoire du duché de Varsovie,
et aucun nouvel obstacle n'entrave de notre part le maintien de
la paix. Au contraire, les dernières instructions que le prince
de Kourakin a reçues lui fournissent tous les moyens de ter-
miner nos différends, et d'entamer cette négociation que votre
cour a désirée. Nous avons appris avec plaisir l'accueil que
*l'empereur Napoléon a fait à nos propositions; la réponse offi-
cielle que V. Exc. y fera et que le prince Kourakin nous annonce,
résoudra définitivement l'importante question de la paix ou de
la guerre. La modération qui caractérise celle que j'ai l'hon-
neur de vous adresser aujourd'hui, vous offre, M. le duc, un sûr
garant que l'on ne manquera pas de saisir chez nous toutes
les nuances qu'elle pourra présenter en faveur de la paix. S. M. en
a trouvé une bien agréable dans la démarche faite auprès du
gouvernement britannique. Elle est sensible à l'attention que
l'empereur Napoléon a eue de l'en informer ; elle appréciera tou-
jours les sacrifices que ce souverain fera pour la conclusion de la
paix générale ; à ses yeux, il n'y en a pas qui soient assez con.
sidérables pour obtenir un aussi grand'et beau résultat.
J'ai l'honneur d'offrir à V, Exc, &c,

(Signé) Le Comte de ROMANZOW.
Pour copie conforme,
Le ministre des relations extérieures,

Le Duc de BASSANO,

No, IX.

Lettre du secrétaire d'état pour les affaires étrangères de $. M. Britannique au ministre des relations extérieures.

London, foreigui office, 23 April, 1812, Sir,

Your Excellency's letter of the 17th inst. has been received and "laid before the Prince Regent,

His Royal Higness feels it due to his own honour, before he can authorise me to enter into explanations on the overture which your Excellency has transmitted, to ascertain the precise nieaning attached by the governinent of France to the followiog passage in your Excellency's letter : “ La dynastie actuelle serait déclarée indépendante, et l'Espague régie par une constitution nationale des Cortès.

If, as his Royal Highness apprehends, the meaning of this proposition is, that the royal authority of Spain, and the government thereof by a Cortez, shall be recognised as residing in the brother of the ruler of France, and a Cortez formed under his authority and not in the legitimate sovereign Ferdinand the Seventh and bis lieirs, and the extraordinary Costez pow exerTOME iv,

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cising the powers of governement in that kingdom, in his name and in his behalf, I am directed fraukly and explicitly to declare to your Excellency, ibat obligations of good faith preclude his Royal Highness from entertaining a proposition for peace founded uponi

such a basis. If, however, the expressions referred to, apply to the existing goverument of Spaiu acting in the pame of Ferdinand the Seventh, upon an assurance from your Excellency to that effect, his Royal Highuess will be prepared fully to explain himself on the basis that has been transmitted for his Royal Highness's consideration : it being his Royal Highness's earnest desire, in concert with his allies, to contribute to tbe repose of Europe, and to bring about a peace wich may be at once honourable not only for Great Britain and France, but for those states with which they are respectively in connexion.

Having, without reserve, explained the Prince Regent's sentiments upon a point so necessary to be understood, previous to further discussion, I shall fulfill his Royal Highness's instructions, by declining unnecessary and recriminatory observations on collateral topics. ' I may safely trust the justification of the conduct pursued by the british government, at the several periods referred to in your Excellency's letter to the correspondance which passed at the time and to the judgments which the world has long since passed on it.

With respect to the particular character which the war has unhappily assumed, and the exclusion and arbitrary principles which your Excellency describes as having marked its progress

, whilt I disclaim on the part of the british government that those evils are attributable to it, I am authorised to assure your Excel. lency that it sincereley deplores their existence as unnecessarily aggravating the miseries of war, and that it is its anxious desire, whether in war or in peace with Frauce, to see the intercourse be tween nations restored to the liberal and accustomed principles of former times.

I take this opportunity of offering to your Excellency the assurances of my high consideration.

(Signed) CASTLEREAGH. To his Excellency the minister of foreign relations at Paris, Pour copie conforme.

Le ministre des relations extérieures,

Le Duc de BASSANO,

No. IX. bis.

Traduction.

Copie de la réponse de Lord Castlereagh, secrétaire d'état pour les affaires étrangères de S. M. Britannique à la lettre du ministre des relations extérieures du 17 Avril.

Londres, bureau des affaires étrangères, 23 Avril, 1812. Monsieur,

La lettre de V. Exc. du 17 de ce mois, a été reçue et mise sous les yeux du prince régent.

S. A. Ř. a senii qu'elle devait à son honneur, avant de m'autoriser à entrer en explication sur l'ouverture que V. Exc. a transmise, de fixer le sens précis attaché par le gouvernement de France au passage suivant de la lettre de V. Exc.: La dynastie “ actuelle serait déclarée indépendante, et l'Espagne régie par

une constitution nationale des cortès.

Si, comme S. A. R. le craint, le sens de cette proposition est que l'autorité royale d'Espagne et son gouvernement établi par les cortès, seront reconnus comme résidens dans le frère du chef du gouvernement français, et les cortès formés sous son autorité, et non dans le souverain légitime Ferdinand VII et ses héritiers, et l'assemblée extraordinaire des cortès, maintenant juvestie du pouvoir du gouvernement dans ce royaume, en son nom et sous son autorité, il m'est ordonné de déclarer franchemeut et expliciteinent à V. Exc. que des engagemens de bonne foi ne permettent pas à 3. A. R. de recevoir une proposition de paix fondée sur une telle base.

Si cepeudant les expressions ci-dessus citées s'appliquaient au gouvernement actuel d'Espagne, exerçant l'autorité au nomi de Ferdinand VII, sur l'assurance qu'en donnera V. E. le priuce régent est disposé à s'expliquer pleinement sur la base qui a été transmise pour être prise en considération par S. A. R., son désir le plus empressé étant, de concert avec ses alliés, de contribuer au repos de l'Europe, et de travailler à une paix qui puisse étre à la fois honorable, non-seulement pour la Grande Bretagne et la France, mais encore ponr ceux des états avec lesquels chacune de ces puissances a des rapports d'amitié.

Après avoir exposé sans réserve les sentimens du prince régent sur un point sur lequel il est si nécessaire de s'entendre, avant d'entrer dans une discussion ultérieure, je me conformerai aux instructions de S. A. R., en évitant de faire des observations inutiles et des récriminations sur les objets accessoires de votre lettre. Je puis heureusement m'en rapporter pour la justification de la conduite que la Grande Bretagne a tenue aux diffétentes époques rappelées par V. E., à la correspondance qui eut

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lieu alors, et aux jugemens que le monde en a depuis long-tenis porté.

Quant au caractère particulier que la guerre a malheureusement pris, et aux principes exclusifs et arbitraires que V. E. signale comme ayant marqué ses progrès, en niant, en ce qui concerne le gouvernement britannique que ces maux lui doivent être attribués, je suis autorisé à assurer à V. E. qu'il déplore sincèrement leur existence, comme aggravant inutilement les calamités de la guerre, etque son désir le plus vif, soit en paix, soit en guerre avec la France, est de voir les relations entre les pations rendues aux principes libéraux et accoutumés des tems précédens.

Je saisis cette occasion d'offrir à V. E. les assurances de ma haute considération.

(Signé) CASTLEREAGH. Pour copie conforme, Le ministre des relations extérieures,

Le Duc de BASSANO.

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No. X

Copie d'une lettre du ininistre des relations extérieures à M.

le conte de Lauristov, ambassadeur de S. M. I. et R. à St. Petersbourg.

Dresde, le 20 Mai, 1812. M. le comte,

J'ai l'honneur de vous envoyer les copies de deux notes du prince Kourakin, en date des 30 Avril et 7 Mai,

D'une note que j'ai adressée à cet ambassadeur:le 9 du même mois, et de la réponse qu'il m'a faite le même jour.

Et enfin d'une note du 11 Mai, qui n'est parvenue hier, et par laquelle le prince Kourakin renouvelle sa demande la plus pressante pour obtenir ses passeports.

S. M. ne peut pas croire, M. le comte, que cet ambassadeur n'ait pris beaucoup sur lui. Elle juge convenable que vous demandiez, par une note adressée à M. le comte Soltykoff des passeports pour vous rendre auprès de M. le comte Romanzoff

, à Wilna, ou dans tout autre lieu de rendez-vous qui vous serait assigné. Vous annoncerez à M. le comte Soltykoff que les communications dont vous êtes chargé, et que vous ne pouvez faire qu'au chancelier vu à l'einpereur lui-même, sont aussi importantes que pressantes.

Vous montrerez à M. le comte Romanzoff toutes les pièces que je vous envoie. Vous exprimerez l'étonnement que S. M. à då éprouver lorsque je lui ai rendu compte de démarches si inattendues et si contraires aux dispositions que l'empereur Alexandre vous avait manifestées à vous-même, lorsqu'elle a vu que dans les potes de l'ambassadeur de Russie, on présentait

l'évacuation de la Prusse comme une condition -sur laquelle la France n'avait pas même à délibérer; condition telle que S. M. n'en avait jamais proposé de semblables, après la plus grande victoire ; lorsqu'enfin, en réclamant lindépendance de la Prusse, on viole son indépendance, puisqu'on exige la destruction des engagemens politiques qu'elle a contractés, en usant du droit qui appartient à tous les souverains. Vous ferez sentir, M. le comte, combien les notes du prince Kourakin sont opposées, par leur forme et par leur contenu, aux dispositions pacifiques dont cet ambassadeur donnait l'assurance; par quel esprit de conciliation S. M. est portée à penser qu'en les présentant et qu'en y joia gnant la demande réitérée de ses passeports, il est allé au-delà de ce qui lui était prescrit, et avec quel regret, si elles étaient véritablement l'expressiou des intentions, et le résultat des ordres de la cour de Pétersbourg, S. M. verrait s'évanouir tout espoir de parvenir, par une négociation qu'elle a constamment provoquée depuis près de deux ans, à arranger enfin les différends qui divisent les deux pays.

Vous insisterez, M. le comte, pour obtenir des explicatious qui puissent laisser encore la voie ouverte à un accommode ment.

J'ai l'honneur elc. Certifié conforme,

Le ministre des relations extérieures,

Le Duc de BASSANO.

No. XI.

Copie d'une lettre de M. le comte Romanzow à M. le comte de

Lauriston.

viilua, 27 Mai au soir, 1812 (8 Juin.) M. l'ambassadeur,

S. M. I. vient d'être informée par le Comte de Soltykoff, que V. E. avait demandé à pouvoir se rendre près d'elle, afin de pouvoir s'acquitter en personne des ordres qu'elle venoit de recevoir de la part de l'empereur son maître.

Quoiqu'au milieu de ses troupes, S. M. eût trouvé plaisir à se détacher un moment de ses occupations présentes pour recevoir près d'elle l'ambassadeur d'un souveraiu son allié; mais une circonstance tout-à-fait étrangère à toutes les pensées de S. M. l'en empêche.

Elle vient d'apprendre ce matin que le cours des postes aux lettres entre son empire et les pays étrangers a été suspendu à Memel, et à ce qu'il paraît, toute communication avec son empire est interdite.

Depuis, elle a été avertie qu'un de ses couriers, se rendant de l'une de ses missions près d'elle, n'a pas obtenu la permission de

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