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j'aurais, pour cet objet, des-a-présent les pleins-pouvoirs spéciaux, d'après les usages généralement alimis, la ratification des deux souvreains serait nécessaire encore avant que l'acte pût avoir sa pleine et entière validité. J'ai vivement à regretter, au milieu des circonstances si urgentes, où chaque instant peut amener le commencement des hostilités, que le silence qui a été gardé vis-à-vis de moi par le ministre de S. M. l. et R. pendant le long espace de quinze jours, sur la manière dont 6. M. a envisagé les bases que j'ai été chargé de lui présenter pour ces arrangemens, ait retardé si cousidérablement la possibilité de les conclure.

J'avoue à V. Exc.'mon étonnement de ce qu'elle a cru devoir altendre l'explication que je viens de lui donner, ou plutót de lui confirmer, (puis que j'ai eu l'honueur de lui détailler trèsclairement dans mes entretiens précédens tout ce qui fait le sujet de la question d'aujourd'hui) avant que de répondre à mes notes du 30 Avril et du 7 Mai. V. Exc. ire fait pas mention de

celle du 6 Mai (1), sur laquelle je ne suis pas moins fondé à espérer de sa part une réponse que je réclame également. Je la prie instamment de ne faire parvenir les trois réponses le plutôt qu'il lui sera possible, Elles doivent contenir des éclaircissemens qui me sont indispensablement nécessaires, par les devoirs très-positifs que un'impose le poste que j'occupe.

Recevez, M. le duc, l'expression renouvelée de ma haute considération. (Signé)

Le P. Alexandre KOURAKIN.
Pour copie conforme,
Le ministre des relations extérienres,

Le duc de BASSANO..

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No. VII, Copie d'une lettre de M. le prince Kourakin, au ministre des

relations extérieures,

Paris, le 29 Avril (11 Mai), 1812. M. le duc,

Je ne proposais de me rendre ce matit chez V. Exc. pour lui rappeler que je n'avais pas en de réponse à ma lettre d'hier, quand j'ai reçu celle qu'elle n'a fait. fhouneur de m'écrire hier au soir, quelques heures avant son départ, que, d'après ce qu'elle a bien voulu ine dire, je ne' supposais devoir avoir lieu que daus deux ou trois jours. Qrioiqu'elle veuille bien m'y annoncer des passeports que j'ai désirés, je 'n'y ai trouvé que celui pour Je gentilhomme de la chambre, Kologrivoff, sur lequel même il n'est point marqué que c'est un courrier qui se rend à Pétersbourg. Je prie V. Exc. d'avoir !a bonté de m'envoyer les trois autres quélle m'avait promis pour les personnes atiachées à ma

chapelle et à ma maison, et qui doivent partir par des voituriers viennois déjà engagés pour cet effet, et envers lesquels, ne poite vant les mettre en route au terme convenu, je suis entraîné dans la perte du prix arrêté avec eux, pour ce transport, d'ici jusqu'à Brody.

Votre excellence n'a point jugé à propos de répondre aux trois notes que je lui ai adressées le 30 Avril, le 6 et le 7 Mai, sur les objets les plus majeurs de mes relations avec elle, malgré l'usage établi de répondre à toute comınunication d'office, présentée par un ambassadeur d'une manière aussi anthentique et dans des cas aussi urgens que ceux-ci. Elle ne m'écrit pas non plus, ainsi qu'elle me l'avait promis, pour m'annoncer les motifs qui lui feraient envisager encore comme possible un arrangement entre les deux puissances, et qui devaient me déterminer à prolouger mou séjour à Paris, et à ne point réclamer mes passeports. Ce silence de sa part me replace dans la même situation où je nie trouvais lorsque je les lui demendai pour la prenuiere fois. · N'obtenant point d'elle l'explication officielle et par écrit qu'elle tre promettait, des raisons qui devaient m'engager à différer mon départ, explication que je comptais mettre en original sous les yeux de S. M. l'empereur mon auguste maître pour lui faire connaître d'autant mieux l'espérance où vous étiez M. le duc, de la grande possibilité toujours existante d'un arrangenent, je me vois forcé à renouveler ma demande la plus pressante pour obtenir ces passeports, fondée sur la convietion malheureusement trop certaine où je suis que ma présence ici ne saurait plus être d'aucutte utilité. Je prie votre excellence de vouloir bien porter cette demande formelle de ma part à la connaissance de S.M. 1. et R. dans son premier travail avec elle.,

J'ose me fåtter que S. M. connaît et se rappellera trop biens les dispositions personnelles qui m'ont fait remplir ayec tant de zéle le devoir le travailler au maintien de l'union et de la paix entre les deux empires, pour ne pas être persuadée que la demande que je fais de quitter mon poste n'est fondée que sur la plus entière et pértible certituide où je suis, que toute ésperance d'y servir désormais d'intermédiaire rapprochement m'est interdite.

Quoique j'aie personnellement bien des obligations à V. Ex. je regarderai comme la plus grande preuve d'amitié qu'elle an’ait

, donnée, tout ce qu'elle voudra bien faire pour me mettre à même de quitter le plutôt que possible, un séjour, qu'elle conviendra ne pouvoir plus avoir rien que de très-pénible pour moi, depuis que le départ de S. M. I. et R. et celui de votre excellence in'ote la satisfaction de m'y croire encore propre à produre quelque bien.

Je quitte Paris pour n'y plus retourner, jusqu'à ce que votre excellence m'ait fait parvenir mes passeports. Je vais me ren dre à ma campagne, à Sèvres. C'est là que j'attendrai la réponse de votre excellence pour pouvoir partir aussitôt, ayant déjà fait tous mes arrangemens, et renvoyé toute la partie de ma maisou qni ne m'est plus nécessaire, et ne gardant plus que le petit nombre de domestiques qui auront à m'accompagner dans mon voyage.

Je vous réitère, M le duc, les assurances de ma plus haute considération.

(Signé) Le Prince ALEXANDRE KOURAKIN. Pour copie conforme, Le ministre de relations extérieures,

(Signé) Le Dric de BASSANO.

NO. VIII.

Copie de la réponse de M. le comte Romanzow à la note du

ministre des relations extérieures, du 25 Avril, Monsieur le duc,

Wilna, le (19) Mai 1812. M. le comte de Narbonne m'a remis la dépêche que V. Exc lui a confiée. Je n'ai pas tardé un instant à la mettre sous les yeux de l'empereur. S. M. toujours fidéle à la ligne de conduite qn'elle s'est invariablement tracée, toujours persévérant dans son système purenient de défense, toujours enfin plus modérée à mesure que le développement de ses forces la met davantage à même de repousser les prétentions que l'on pourrait élever contre les intérêts de son empire et la dignité de sa couronne se borne à ne s'attacher qu'au væu par lequel vous voulez bien, M. le duc, terminer l'intéressante communication de votre cour.

Aimant à prouver constamment cambien elle a à cœur d'éviter tout ce qui pourrait apporter dans ses relations avec la France un caractère d'animosité et d'aigreur nuisible à leur conservation elle m'ordonne de ne point réfuter encore les griefs que vous avez allégués, et de ne pas relever des assertions qui reposent pour la plupart sur des faits souvent entièrement dénaturés ou sur des suppositions entièrement gratuites. Les dépêches adressées au prince de Kourakin par le baron de Serdobivt ont en partie répondu d'avance à toutes les accusations, elles ont représenté sous son vrai jour la conduite loyale que l'empereur a suivie dans tous ses rapports avec la France, elles ont donné sur le but de nos armemens des explications conformes à un point qui semble même avoir dépassé les espérances de l'empereur Napoléon puisque, malgré les mouvemens menaçans de ses armées au-delà d'une ligne, où, pour la sécurité de nos frontières, elles auraient dû s'arrêter, tout chez nous se trouve encore dans le même

'état qu'au départ du dernier courrier; en effet, pas un homme
v'est entré en Prusse ni sur le territoire du duché de Varsovie,
et aucun nouvel obstacle n'entrave de notre part le maintien de
la paix. Au contraire, les dernières instructions que le prince
de Kourakin a reçues lui fournissent tous les moyens de ter-
miner nos différends, et d'entamer cette négociation que votre
cour a désirée. Nous avons appris avec plaisir l'accueil que
*l'empereur Napoléon a fait à nos propositions; la réponse offi-
cielle que V. Exc. y fera et que le prince Kourakin nous annonce,
résoudra définitivement l'importante question de la paix ou de
la guerre. La modération qui caractérise celle que j'ai l'hon-
neur de vous adresser aujourd'hui, vous offre, M. le duc, un sûr
garant que l'on ne manquera pas de saisir chez nous toutes
les nuances qu'elle pourra présenter en faveur de la paix. S. M. en
a trouvé une bien agréable dans la démarche faite auprès du
gouvernement britannique. Elle est sensible à l'attention que
l'empereur Napoléon a eue de l'en informer ; elle appréciera tou-
jours les sacrifices que ce souverain fera pour la conclusion de la
paix générale ; à ses yeux, il n'y en a pas qui soient assez con.
sidérables pour obtenir un aussi grand'et beau résultat.
J'ai l'honneur d'offrir à V, Exc, &c,

(Signé) Le Comte de ROMANZOW.
Pour copie conforme,
Le ministre des relations extérieures,

Le Duc de BASSANO,

No. IX.

Lettre du secrétaire d'état pour les affaires étrangères de S. M. Britannique au ministre des relations extérieures.

London, foreigui office, 23 April, 1812, Sir,

Your Excellency's letter of the 17th inst. has been received and "laid before the Prince Regent,

His Royal Higness feels it due to his own honour, before he can authorise me to enter into explanations on the overture which your Excellency has transmitted, to ascertain the precise nieaning attached by the governinent of France to the following passage in your Excellency's letter : “ La dynastie actuelle serait déclarée indépendante, et l'Espague régie par une constitution nationale des Cortès.

If, as his Royal Highness apprehends, the meaning of this proposition is, that the royal authority of Spain, and the government thereof by a Cortez, shall be recognised as residing in the brother of the ruler of France, and a Cortez formed under his authority and not in the legitimate sovereign Ferdinand the Seventh and bis lieirs, and the extraordinary Costez pow exerTOME iv,

NNNNN

cising the powers of governement in that kingdom, in his name and in his behalf, 1 am directed fraukly and esplicitly to declare to your Excellency, ibat obligations of good faith preclude his Royal Highness from entertaining a proposition for peace founded upon such a basis.

If, however, the expressions referred to, apply to the existing goverument of Spaiu acting in the pame of Ferdinand the Seventh, upon an assurance from your Excellency to that effect, his Royal Highuess will be prepared fully to explain himself on the basis that has been transmitted for his Royal Highness's consideration : it being his Royal Highness's earnest desire, in concert with his allies, to contribute to tbe repose of Europe, and to bring about a peace wich may be at once honourable not only for Great Britain and France, but for those states with which they are respectively in connexion.

Having, without reserve, explained the Prince Regent's sentiments upon a point so necessary to be understood, previous to further discussion, I shall fulfill his Royal Highness's instructions, by declining unnecessary and recriminatory observations on collateral topics. ' I may safely trust the justification of the conduct pursued by the british government, at the several periods referred to in your Excellency's letter, to thecorrespondance which passed at the time and to the judgments which the world has long since passed on it.

With respect to the particular character which the war has unhappily assumed, and the exclusion and arbitrary principles which your Excellency describes as having marked its progress

, whilt I disclaim on the part of the british government that those evils are attributable to it, I am authorised to assure your Excel. lency that it sincereley deplores their existence as unnecessarily aggravating the miseries of war, and that it is its anxious desire, whether in war or in peace with Frauce, to see the intercourse be tween nations restored to the liberal and accustomed principles of former times.

I take this opportunity of offering to your Excellency the assurances of my high consideration.

(Signed) CASTLEREAGH. To his Excellency the minister of foreign relations at Paris, Pour copie conforme.

Le ministre des relations extérieures,

Le Duc de BASSANO,

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