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Ainsi vous avez les preuves évidentes de l'heureuse situation de nos fiņanccs, et certes elles doivent inspirer autant de confiance à nos concitoyens que de crainte à nos ennemis.

Mais, Messieures, au moment où par les ordres de S. M. on mettait sous vos yeux ces tableaux satisfaisans, un cri de triomphe est venu de l'Espagne jusqu'à nous.

La jonction de nos armées s'est effectuée; Badajoz attaquée vainement a été délivrée; Je maréchal Suchet a renversé les murs de Tarragone, en présence des Anglais, tristes témoins de cette victoire,

Une garuison de 18,000 hommes, vaillans et opiniâtres, n'a pu résister à la bravoure française ; 10,000 prisonniers, un grand nombre de cannoys et de drapeanx, sont les trophées du vainqueur. Nobles présages! qui confirment l'espoir que nous donnait, il y a peu de tems, un monarque, doni la victoire est accoutumée à accomplir les prédictions. - Au même instant un cri de détresse est sorti du sein des Iles Britanniques: le crédit qui soutenait sa puissance colossale et factice, s'est ébranlé ; et ce gouvernement, déjà banoi du Continent, mais qui se vautait naguères au milieu de l'encombrement de ses manufactures, de pouvoir en échanger les produits contre tout l'ordu Mexique et du Pérou, est aujourd'hui contraint de proclamer son erreur, d'avouer qu'il perd la confiance publique, et de proposer l'établissement désastreux d'un papier monnaie. Tel est le contraste que présente actuellement la situation de la France et celle de l'Angleterre.

Le gouvernement anglais veut la guerre, le monopole du commerce, et la domination des mers.

Ses alliés sont ou détruits, ou perdus pour lui, il ruine tous ceux qu'il veut soudoyer; il épuisse son peuple en efforts inutiles; il est puni de l'égoïsme par l'isolement; et après avoir entassé emprunt sur emprunt, taxe sur taxe, assiégé de plaintes, ménacé de troubles, il est réduit à proposer au peuple, pout ressource, une monnaie fictive, qui n'a d'autre gage qu'une confiance qui n'existe plus.

L'empereur, au contraire, veut la paix et la liberté des mers.

Ila huit cent mille hommes sous les armes; les princes de , l'Europe sont ses alliés; tout son empire jouit d'une tranquillité profonde,

Sans emprunts, sans anticipations, neuf cent cinquantequatre millions levés facilement, assurent la libre exécution de ses nobles projets, et S. M. ne nous charge que de vous porter des paroles de satisfaction et d'espérance.

Que de confiance, Messieurs, doit inspirer ce parallèle! Répandez-la daus l'esprit de vos concitoyens; communiquez-leur les impressions que vous avez reçues.

Votre tâche sera facile; vous les trouverez tous animés des TOME iv.

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mêmes sentimens, pour un souverain qui n'a d'autre but dena res travaux que le bonheur et la gloire de son peuple.

8 Août.

MINISTÈRE DE LA MARINB.
Ecoles de seconde classe,

Renseignemens sur les trois écoles pratiques de marine, ades

écoles de seconde classe, établies aux ports d'Anvers, de Brest, et de Toulon, par le décret impérial da 24 Mars, 1811, et sur les conditions remplir pour y être admis.

Ces écoles sont spécialement destinées à former des officiens mariniers et maîtres de diverses professions, maltres de mas noeuvre, maitres canonniers, chefs de timonnerie, mettres chare pentiers-calfats, maitres voiliers, &c. et aussi des capitaines et officiers pour les bâtimens da commerce.

On enseigne aux élèves les élémens de l'hydrographie, toutes les manœuvres des vaisseaux, la connaissance du mé. cauisme des apparaux, leur usage, la pratique de la gamitur, du .gréement, de l'arrimage, da canonnage, du charpentage, de la voilerie, les manœuvres habituelles de rade et de mer de loute espèce, et celles des embarcations.

Le cours complet des études est de trois ans; ce tems este coinpté comme service de mer. En sortant des écoles, les élèves sout incorporés dans les équipages de haut-bord, avec le grade d'aide-maitre dans la profession vers laquelle leur éducation aura été dirigée.

Les aides-maltres sont successivement appelés aux fonctions de second maltre, et de maitre dans leurs professions respectives.

Ils deviennent également susceptibles d'être employés, soit comme maîtres au petit cabotage, soit comme offciers ou capitaines des bâtimens du comnierce,

*Ils peuvent enfin parvenir au grade d'aspirant et d'officier dans la marine impériale.

Nul ne peut être nommé élève des écoles pratiques de ma rine qu'à l'âge de quinze ans.

Les demandes de places doivent indiquer la profession du père, et être appuyées.

1° De l'acte de vaissance du candidat.

2o Certificat de médecin, qui indique la taille du jeune houme, et qui atteste qu'il est d'une bonne constitution, qu'il n'a aurune difformité corporelle; enfin, qu'il a eu la petite vérole ou qu'il a été vacriné.

3° D'un certificat qui constate le degré de son instruction, Il faut qu'il sache lire et écrire en l'une des langues française, italienne, allemande do Hamande, et être instruit des quatre premières régles de l'arithmétique.

Tout candidat est examiné à son arrivée à l'école, et sa ré ception est ajournée s'il n'a pas l'instruction exigée.

4° D'un certificat du préfet du département dans lequel le père a son domicile, pour faire connaitre s'il est en état de payer la pension de 400 fr. prescrite par le décret du 24 Mars.

Chaque élève est tenu d'apporter un trousseau de première pise, évalué à 240 fr.

La pension se paie d'avance par trimestre,

Au moyen de cette pension et du trousseau à fournir au moment de l'admission, les parens n'ont plus aucune dépense à leur charge.

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Paris, 18 Août

Palais des Thuilleries. M. le duc de Looz, président de la députation de la Lippe, et M. Theotoki, présideot de la députation des Isles Ioniennes, ont présenté à ces audiences les adresses suivantes, auxquelles S. M. a répondu. Addresse de la députation du département de la Lippe.

Sire, Les députés du département de la Lippe, autorisés par la élémence de V. M. I. à venir déposer aux pieds de son trône les hommages les plus respectueux de la soumission et de la reconnaissance d'un peuple nouvellement réuni à son vaste empire, au milieu du spectacle imposant de la grandeur et de la paissance du premier mooarque de l'univers, se sentent encouragés par la pensée qu'ils parlent au nom des descendang de ces anciens Germains, dont la valeur balança long-tems la fortude des aigles romaines, et qui ont toujours été coonus par la droiture et la loyauté de leur caractère, et par un constant attachement à leurs son verains et à leurs constitutions.

Pénétrés de respect pour les éminentes vertus de V. M. Sire, et pleins de confiance dans ce puissant génie qui règle les destinées de l'Europe et assure le bonhear de tous ses sujets, nous osons vous offrir pour garans de notre fidélite et de notre eotier dévouement, ces mêmes bienfaits que va répandre dans notre département la réunion de ses habitans à la grande famille dont V. M. est la père.

Déjà le génie de V. M. Igia fait deviner nos besoins ; une législation uniforme et éclairée assurera les droits de la propriété, une justice prompte assise sur un même système, en surveillera le maintien,

Les créanciers et les pensionnaires de l'état, que les mal. bears de la guerre avaient condamnés à de longues et pénibles

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privations, devront leur bonheur à leur nouvelle qualité de Sujets français. Déjà les routes qui s'ouvrent, les canaux qui se creusent vont ramener l'aisance et l'industrie dans des pays peu favorisés par la nature du sol, et vos nouveaux sujets ont conçu l'espoir de rivaliser un jour avec les anciens en prose périté, coinme ils s'engagent dès aujourd'hui à les égaler en dévouement à l'auguste personne de V. M. h

. C'est au milieu de l'allégresse que fit éclater partout la naissance de S. M. le roi de Rome, que V. M. I. et R, fixa pour jamais notre existence - politique, en nous associant aux grandes destinées de l'empire français, c'était nous donner à la fois un gage de notre bonheur présent, et la garantie de sa durée dans l'avenir.

Pénétrés de joie et de reconnaissance pour ce double bienfait, nous supplions V. M. d'accueillir avec bonté l'expression de nos vœux les plus ardens pour la longue dạrée et la prosa périté de son règne; et de nous permettre, Sire, de mettre en notre particulier, nos hommages respectueux ayx pieds de votre

trône,

Réponse de Sa Majesté, “ Messieurs les députés du département de la Lippe, la $6 ville de Monster appartevait à un souverain ecclésiastique, “ déplorable effet de l'ignorance et de la superstition. Vous “ étiez sans patrie. La Providence qui a voulu que je réta5 blissę le trône de Charlemagne, vous a fait naturellement “ rentrer, avec la Hollande et les villes anséatigues, dans le " sein de l'empire. Du moment où vous êtes devenus Fran. “ çais, mau cour ne fait pas de différence entre vous et les « autres parties de mes'états. Aussitôt que les circonstances me le permettront, j'éprouverai une vive satisfaction à me “ trouver au milieu de vous.”

Adresse de la députation des Isles Ioniennes. Sire, Interprètes des væux de vos peuples de l'Ionie, nous venons déposer aux pieds du trône de votre auguste majesté, les nouveaux hommages de fidélité et de notre vive allégresse pour l'événement fortuné, qui donne un héritier à votre grand em. pire, un enfant à votre cœur paternel, et à nous l'espoir assuré d'un héros, qui pour être le digne souverain de quarante milJions d'hommes, n'aura qu'à se proposer pour modèles vos exemples immortels.

Les cæurs de tous vos sujets s'élancent vers l'épouse auguste à qui ce bienfait inestimable est dû; formée dans les vertus à l'école d'une cour illustre, pour le bonheur du plus grand des monarques et l'assurance de notre éternelle felicité.

Du souverain degré de gloire où vous ont porté vos triomphes et vos vertus magnanimes, daignez, Sire, tourner yos regards vers les habitans des Isles. Ioniennes, dont une partie, quoiqu'envahie momentanément, mpis toujours fidèle à V. M. n'a pu être calomniée que par le seul 'machiavélisme d'un ennemi envieux de leur félicité..

Sil est vrai, sire, que dans celles de nos lles occupées en ce moment par l'ennemi, il puisse se trouver quelques insensés qui osent préférer au titre glorieux de vos sujets, le nom à jamais odieux d'ennemis de leur patrie et des devoirs les plus sacrés, qu'ils éprouvent le sort que leur crime et la voix indignée de leurs concitoyens appellent sur leurs têtes sacriléges.

Mais que Bhonneur grec i ne soit »point souillé par les torts de quelques individus aveuglés ; les Grecs sont encore les mêines hommes dont les siècles ne pouvaient être effacés après deux mille ans dans les fastes' de l'immortalité, que par le siècle de V. M. 1

Les bienfaits, Sire, dont V. M. nous comble, les trésors de l'industrie que votre munificence impériale verse sur nous, vos soins par lesquels' Corfou, ce centre de la sûreté des Isles Ioniennes se voit entouré chaque jour de nouveaux remparts tracés par votre génie du sein même de votre palais, et le choix précieux qu'a fait V. M. pour nous gouverner d'un houme qui honore à la fois la guerre et l'humanité, et d'un magistrat si digne de le seconder, tous ces bienfaits tous ces présens versés, sur notre terre si long-tems négligée, sont les puissans motifs qui lient à jamais nos cours à votre personne sacrée, la seule au monde dont nous puissions attendre notre Tégénération,

Si jamais l'ennemi ose se présenter sous nos murs, nous saisirons avec empressement cette occasion de prouver à V. M. et à l'univers, le prix que nous attachons au titre à jamais glorieux de sujets de Napoléon-le-grand,

Réponse de Sa Majesté. “ Messieurs les députés des Isles loniennes, j'ai fait faire 55 dans votre pays de grands travaux. J'y ai réuni un grand “ nombre de troupes et des munitions de toute espèce. Je ne “ regrette pas les dépenses que Corfou coûte à mon trésor;

elle est la clef de l'Adriatique.

“Je n'abandonnerai jamais les iles que la supériorité de “ l'ennemi sur mer a fait tomber en son pouvoir. Dans l'Inde, “ comme dans l'Amérique, comme dans la Méditerranée, “ tout ce qui est, et a été français, le sera constamment, “ Conquis par l'ennemi, par les vicissitudes de la guerre, ils “ rentreront dans l'empire par d'autres événemens de la

guerre ou par les stipulations de la paix. Je regarderais ço comme une tache ineffaçable à la gloire de mon règne, de “ sanctionner jamais l'abandon d'un seul français. J'agrée lea !! sentimens que vous m'expriinez."

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