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Indépendamment des maisons de Saiut Denis et d'Ecouen, six maisons ont été institutées pour l'education des filles dont les pères se sont dévoués au service de l'état.

Sciences et arts.

La découverte de l'aiguille aimantée a produit une révolution dans le commerce; le sucre a détruit l'usage du miel, l'indigo celui du pastel. Les progrès de la chymie opèrent dans ce moment une révolution en sens inverse: elle est parvenue à tirer le sucre des raisins, de l'érable et de la betterave. Le pastel qui avait enrichi le Languedoc et une partie de l'Italie, mais qui n'avait pu, dans l'enfance de l'art, soutenir la concurrence avec l'indigo reprend à son tour le dessus; la chymie en extrait aujourd'hui une fécule qui lui donne sur l'indigo l'avantage du prix et de la qualité. Toutes les brauches des sciences et des arts se perfectionnent.

Travaux publics. De grands travaux sont entrepris depuis dix ans, et se pour stivent chaque année avec un nouveau zèle et un nouvel accroissement des moyens. En 1810, cent trente-huit millions ont été affectés à ces travanx; cent cinquante-cing le sont en 1811.

Tableau comparatif des dépenses pour les travaux publics en

1810 et 1811.

Objets des dépenses.

Montant des dépenses.

En 1810.

En 1811.

Ministère de la guerre. francs francs. Construction de places et de nouveaux ouvrages

16,984,60 22,570,600 Ministère de la marine. Ouvrages hydrauliques. Travaux des bassins et des ponts.'... 5,757,840

5,757,840 7,000,000 Ministère de l'intérieur. Contructions peuves dans les établissemens publics; écoles des arts et métiers; 'réparations, etc. . 1,095,254 12,678,000

Objets des dépenses.

Montant des dépenses.

En 1810.

En 1811.

Ponts et chaussées,

francs. francs. Routes

36,299,413 40,580,635 Ponts

4,505,711 5,101,17% Navigation, canaux, desséchemeus ...

21,621,735 18,715,947 Ports de commerce, digues à la mer, polders

7,823,486 4,218,629 Travaux de Paris et des palais.. 22,330,753 28,007,836

'Travaux dans les villes des départemens...

19,745,075 20,200,000 Ministère des cultes. Construction et réparation des églises.....

1,977,860 2,728,788

138,141,727 154,90 1,000

Au milieu des guerres, des dépenses, que nécessitent des armées immenses, la création et l'organisation de flottes nombreuses, les sacrifices que fait le trésor impérial pour les travaux publics sont tels, qu'ils surpassent dans une seule année tout ce qui y était employé sous l'ancienne monarchie, dans une génération,

Fortifications. Une grande partie de ces dépenses a pour but, la création de nouvelles places fortes ; ce sont des travaux faits en faveur de l'avenir ponr consolider et fortifier l'empire.

Une place du second ordre est fondée au Texel, pour défendre l'embouchure du Zuyder-Zée; trois mille hommes pourront y soutenir un siége de plusieurs mois. Anvers, Breskens, le fort impérial de Cadsand, Wilhemstadt, l'Ecluse, le Sas-de-Gand, sont déjà d'imposantes barrières ; Flessingue, entourée de forts au-delà de la partée de la bombe, couvert par des inondations réglées et par des ouvrages multipliés, est désormais à l'abri de toute tentative.

Eo 1810 et 1811, on a dépensé aux places de l'Escaut plus de huit millions : il était paturel de faire de grands travaux sus un point qui sera toujours l'objet de la jalousie et des craintes de nos ennemis naturels.

De nouveaux ouvrages sont construits à Ostende, il y existai déjà une enceinte, mais elle était de peu de valeur. Il a été également commencé de grands travaux à Boulogne,

L L L E

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au Havre et à Cherbonrg. Le Havre avait été construit par Vauban; quelques années avant la révolution, sous de vains prétextes, on imagina d'en détruire les fortifications. On avait laissé démantelée et ouverte cette ville, la clef de la Seine, et qu'on peut justement appeler le port đe Paris, Des ouvrages considérables y sont exécutés; la place est déjà fermée et en état de soutenir uu siége.

L'établissement du port de Cherbourg exige de vastes forti. fications; et dès la fin de cette année, cette ville sera suscepe tible de soutenir un siége. Les plans adoptés sont sur une grande échelle. Ce sera une place du premier rang.

Dès l'année paksée, on a repris les travaux de Deinkerque, de Montreuil et d'Abberville, qui ayaient été négligés. Ces boulevards sont rétablis sur le meilleur pied. On complette et l'on répare la défense de Brest. On a établi un nouveau systême de fortifications pour l'Orient et pour Rochefort.

Les travaux des îles Saint-Marcouf, de Belle-Isle et de l'Isle d'Aix, se continuent. De nouveaux ouvrages sont ajoutés aux fortifications de Toulon, se construisent aux fles d'Hyères, å Gênes et à la Spezzia. On a travaillé et l'on travaille à agrandir considérablement, du côté de terre, les importantes fortifications de Porto-Ferrajo.

A Corfou, place déjà très-forte, on travaille depuis quatre ans à de grandes constructions. De nouveaux projets ont été adoptés, et cette clef de l'Adriatique est gardée par 12,000 hommes de troupes, ayant des vivres pour deux ans et une artillerie nombreuse approvisionnée pour un siège de la plus longue durée.

Le fort Napoléon s'élève sur la rive gauche du Rhin, en face de Wesel dont les ancieunes défenses sont corrigées et perfectionnées. Venloc et Juliers sont mis dans le meilleur état. Casseil et Kelk sont créés ; les travaux commencés de puis 1807 ont déjà un résultat satisfaisant; et les ponts importans de Wesel, Mayence et Strasbourg, sont couverts sur les deux rives par autant de places du premier ordre, Alexandrie, qui est le centre formidable de nos magasins et notre point d'appui au-delà des Alpes, est depuis dix ans l'objet d'une dépense annuelle de 3,000,000 fr.

On travaille dans le royaume d'Italie avec la même ardeur aux fortifications de Palma-Nova et d'Esopo, ainsi qu'à accroitre les ouvrages d'Aucône, de Venise et de Mantoue.

A voir l'activité qui règne depuis huit ans dans les travaux. sur toutes nos frontières, on dirait que la France est menacée d'une prochaine invasion.

Je n'aurai pas besoin de mettre sous vos yeux, pour contraster avec cette idée, la situation de tous nos voisins qui sont pos alliés et qui sont réunis à notre système, et la prépondérance que nous ont donnée les dernières campagnes; mais je ditai seulement que lorsque dans de pareilles circon

stances on a sacrifié en peu d'années plus de 100 millions pour une dépense qui n'intéressé que l'avenir, il faut reudre grâce au gouvernement qui, non content d'assurer le bonheur de la génération actuelle, veut aussi garantir la tranquillité de la postérité, et inaitrise ainsi jusqu'aux chances les plus éloigoées de la fortune,

Ports. On travaille à nos ports avec la mème activité. A Anvers, dès la fin de l'année dernière, on a enlevé le batardeau du bassin, Dis-huit vaisseaux de ligne, même à trois ponts, peuvent y être reças et en sortir tout armés. Au commencement de cette année, deux vaisseaux de 80 y ont été doublés en cuivre et radonbés. Les travaux se continuent avec ardeur, A vaut la fin du mois de Septembre prochain, le bassin pourra contenir 30 vaisseaux.

Les vaisseaux de ligne ne pouvaient entrer que désarmés daos le bassin de Flessiugue, Oo a desséché et isolé l'écluse; on s'occupe à en baisser le radier de manière que 20 vaisseaux pourront entrer dans ce bassiq tout armés. Les quais que les Aoglais avaient renversés sont rétablis,

On travaille à reconstruire le magasin général, et on le met à l'abri de la bombe.

Les premiers fonds ont été faits pour le bassin de Terneuse ; ses fondemeus se jettent. Vingt vaisseaux de ligne tout armes pourront sortir de ce bassin duus une seule marée. Il pourra en contenir plus de quarante.

L'écluse de chasse d'Ostende est terminée, elle a fait le plus grand bien au port; celle de Dunkerque jouera à la fin de l'apnée ; on en attend de grands résultats pour le creusement de la passe. L'écluse du Havre est achevée, elle a d'heureux effets.

A Cherbourg, les dépenses de la rade sont de deux espèces. Il s'agit 1° d'élever la digue au dessus du niveau des hasst.se iers ; ce but sera atteint cette année, 2° d'établir des forts aux extrémités de la digue, afin de défendre la rade. Le fort du centre vient d'être achevé. La rade ainsi assurée, il testait à creuser un port; ce grand travail est exécuté aux neuf-dixièmes; trente vaisseaux de ligne pourront être reçus dans le bassin et l'avant port. Déjà un vaisseau qui avait été endommagé par un accident de mer a po entrer dans le bassin et y a été radoubé. L'avant-port et le bassin seront achevés en 1812.

Les calles de construction et les formes existent déjà. Les travaux de Cherbourg seuls exigent plus de 3 millions par an.

Tous les ports du deuxième et du troisième ordre sont l'obe jet de plus ou moins de travaux; tous s'améliorént avec une grande rapidité,

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Canaux. Le canal de Saint-Quentin est achevé; dès cette année il 2 été dans une grande activité de navigation; il inque déjà sur le prix du bois et du charbon dans la capitale.

Le canal du Nord, qui unit le Rhin et l'Escant était fait au tiers, mais la réunion de la Hollande l'ayant rendu inutile, on a suspendu ces travaux.

Le canal Napoléon qui joint le Rhin à la Saône, sera ter miné en quatre ans. Trois millions par année y sont affectés. Le canal de Bourgogne qui joint la Saône à la Seine, se poursuit vivement. On y dépensera cette année 1,500,000 fr. Le canal d'Arles qui fait arriver le Rhône au Port-du-Bouc, est. fait au tiers; celui qui coupe la presqu'ile de Bretagne en joignant la Rance à la Vilaine s'exécute. Le canal du Blavet, qui joint Napoléonville à l'Orient, et qui un jour de Napoléonville ira d' Brest, est presque achevé. Beaucoup d'autres canaux de moindre importance sont ou terminés ou en grande activité de construction.

Routes.
Eu améliorant les routes on raccourcit les distances.

On évalue que l'urin a été déjà rapproché de Paris de 36 heures, savoir 24 heures pour le passage de Mont-Cécis, et 12 heures

pour la nouvelle route de la Maurienne. S. M. a dé. crété l'établissement d'une nouvelle route de Paris à Cham. bery par Tournus. Cette route évitant les montagnes sera plus courte de buit heures; aiosi Turin, aura été rapproché de 44 heures de Paris, ce qui faite presque la moitié de la distance.

Milan est rapproché de Paris, par la route du Simplon, de plus de 50 heures de marche en comparant la route actuelle à ce qui existait il y a dix ans.

Bayonne et l'Espagne ont été rapprochés de Paris de 18 heures par la chaussée faite dans les sables des landes entre Bordeaux et Bayoune.

Mayence et l'Allemagne ont été rapprochées de 12 heures par la chaussée construite dans les sables de Mayence à Metz, Hambourg le sera l'année prochaine de plus de 60 heures par la chaussée faite à travers les sables de Maestrich à Wesel et de Wesel à Hambourg; et ce sera le premier exemple dans l'histoire de 80 lieues de route faites dans le cours de deux an. nées. Dix ateliers y sont occupés, et avant la fin de 1811 beaucoup plus de la moitié de cette route sera achevée.

Amsterdum sera également rapproché de Paris de 12 heures, par la chaussée dans les sables d'Anvers à Amsterdam, à laquelle ou travaille sur plusieurs points. De nouvelles routes s'ouvrent de la Spezia à Parme; de Florence à Rimini, de Nice à Gênes.

Tous les conseils-généraux des départemens rivalisent de zèle pour secouder les intentions du souverain ; et partout des

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