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séduction de la pụissance unie à la bonté qui assure V. M. que ses anciens sujets, nos ainés en amour et en gloire, seront bientot égalés par la plus active et la plus douce des rivalités

Sire, permettez-nous de croire qu'à une de ces époques ou vous parcourez vos royaumes comme les autres rois parcours raient leur provioces, vous voudrez peut-être après avoir re cueilli les bénédictions de vos peuples du midi dans la capitale des Césars, venļr recevoir les hommages de vos peuples du Nord, dans ces lieux historiques qu's visités le premier et jusqu'à vous le plus grand des empereurs modernes! Combien il nous serait doux à nous-mêmes d'obtenir ce dernier bienfait de V. M. I. et R. de sortir de cette auguste audience pour remporter dans nos murs qui yu Charlemagne, l'espérance de voir Napoléon-le-grand.

Réponse de Sa Majesté. “ Messicurs les députés des villes anséatiques de Ham“ bourg, Brême et Lubeck, vous faisiez partie de l'empire

germanique : : votre constitution a fini avec lui. Depuis ce " tems, votre situation était incertaine. Je voulais reconsti“ tuer vos villes sous une administration indépendante, lorsque “ les changemens qu'ont produits dans le monde les nouvelles “ lois du conseil britannique, ont rendu ce projet imprati" ble. Il m'a été impossible de vous donner une administra" tion indépendante, puisque vous ne pouviez plus avoir un “ pavillon indépendant.

“ Les décrets de Berlin et de Milan sont la loi fondamentale “ de mon empire, Ils ne cessent d'avoir leur effet que

pour les Dations qui détendent leur souveraineté et main“ tiennent la religion de leur pavillon, L'Angleterre est

en état de blocus pour les nations qui se soummettent aux .arrets de 1806, parce que les pavillons qui se sont ainsi s soumis aux lois anglaises sont dénationalisés ; ils sont

anglais. Les patiops, au contraire qui ont les sentimens de " leur dignité et qui trouvent dans leur courage et dans leur " forces, assez de ressources pour méconnaître le blocus " sur par notification, vulgairement appelé blocus sur le " le papier, et aborder dans les ports de mon empire autres sc. que ceux réellement bloqués en suivant l'usage reconnu et “ les stipulations du traité d'Utrecht, 'peuvent communiquer • avec l'Angleterre. L'Angletrre n'est pas bloquée pour 5 elles. Les décrets de Berlin et de Milan, dérivant de la • nature des choses, formeront constamment le droit public “ de mon empire pendant tout le tems que l'Augleterre main“ tiendra ses arrêis du conseil de 1807 et 1808, et violera, les “ stipulations du traité d'Utrecht sur cet matière.

“ L'Angleterre a pour principe de sai-ir les marchandises " appartenant à son ennemi, sous quelque pavillon qu elles " soient. L'empire a dû adımettre le principe de saisir les TOME IV.

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accuser.

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" marchandises anglaises ou provenant da commerce de l'An“ gleterre sur quelque territoire que ce soit. L'Angleterre “ saisit les voyageurs, les marchandises, les charretiers de la “ nation avec laquelle elle est en guerre, sur toutes les mers. " La France a dû saisir les voyageurs, les marchands, les $ charretiers anglais sur quelqne point du continent qu'ils se

trouvent et où elle peut les attien Ire: et si, dans ce système “ il y a quelque chose de peu conforme à l'esprit du siècle, “ c'est l'injustice des nouvelles lois anglaises qu'il faut en “ Je me suis plu à entrer dans ces développemens avec vous,

pour vous faire voir que votre réunion à l'empire est une “ suite nécessaire de lois britanniques de 1806 et 1807, et non “ l'effet d'aucun calcul ambitieux. Vous trouverez dans

mes lois civiles une protection que, dans votre position mari“ time, vous ne sauriez plus trouver dans les lois politiques. Le

commerce maritime, qui a fait votre prospérité, ne peut “ renaitre désormais qu'avec ma puissance maritime. Il faut reconquérir à la fois les droits des nations, la liberté des “ mers et la paix générale. Quand j'aurai plus de cent vais

seaux de haut-bord, je soumettrai dans peu de campagnes “ l'Angleterre. Les matelots de vos côtes et les matériaux “ qui arrivent aux débouchés de vos rivières me sont néces

saires. “ La France dans ses anciennes limites ne pouvait construire une marine, en tems de guerre: lorsque ses côtes étaient

bloquées, elle était réduite à recevoir la loi. Aujourd'hui, “ par l'accroissement qu'a reçu mon empire depuis six ans,

je puis construire, équiper et armer vingt-cinq vaisseaux de “ haut-bord par an, sans que l'état de guerre maritime puisse “ empêcher ou me retarder en rien,

“ Les comptes qui m'ont été rendus du bon esprit qui • anime vos concitoyens, m'ont fait plaisir ; et j'espère, avant

peu, avoir à me louer du zèle et de la bravoure de vos “ matelots."

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Paris, 21 Mars,

Oldenbourg, le 1er Mars, M. de Keverberg, préfet du département de l'Ems-Supérieur, chargé de prendre possession du duché d'Oldenbourg, a terminé cette opération le 28 du mois dernier,

Cette anguste cérémonie a été célébrée avec toute la solennité et l'éclat que permettaient les localités. M. le général baron de Sailly, commandant dans le ci-devant duché d'O!. denbourg; M. Fredy-Comberten, sous-préfet provisoire de l'arrondissement d'Oldenbonrg, et les autorités civiles et militaires en résidence dans la ville s'étaient réunis chez M. le commissaire impérial, tendis que le clergé d'Oldenbourg rasa

semblé à l'hôtel de la régence, se rendait à l'église luthé rienne.

Le commissaire impérial, accompagné des autorités ci-dessus désignées et de M. Vonder Decken, grand-drossart du duché, ne tarda point à se rendre à l'église, et après avoir prononcé un discours analogue à la circonstance, il proclama la réunion du duché d'Oldenbourg à l'empire français.

M. Vonder Decken obtint en suite la parole, et déclara, tant en son nom qu'en celui des fonctionnaires publics présens et de ses compatriotes, que le prince de Holstein les ayant dégagés de leur ancien serment, ils étaient prêts à jurer obéissance et fidélité à l'empereur Napoléon.

Le nouveau serment fut prêté avec acclamation par tous les fonctionnaires publics oldenbourgeois qui assistaient a la cérémonie, et le procès verbal en fut aussitôt dressé.

On lut ensuite l'acte de prise de possession, qui dans la même journée fut proclamé dans toute la ville.

L'assemblée en cortége escortée comme elle l'avait été a son arrivée par la garnison de la ville, retourna à l'hôtel du commissaire impérial. Le plus grand ordre a présidé à la cérémonie, qui n'a été interrompue que par des démonstrations de joie, et le cri répété de vive l'empereur,

Paris, le 20 Mars. Aujourd'hui, 20 Mars, à neuf heures vingt minutes du matiu, l'espoir de la France a été rempli: S. M. l'impératrice est heureusement accouchée d'un prioce ; le roi de Rome et son auguste mère sont en parfaite santé.

Le 19, entre huit et neuf heures du soir, S. M. ressentit les premières douleurs. Les princes et princesses de la famille, les princes grands-dignitaires, les ipinistres, les grands-otficiers de la couronne, les grands-officiers de l'empire et les dames et officiers de la maison, avertis par la dame d'honneur, se sont rendus au palais des Thuileries.

Depuis neuf heures jusqu'à six heures du matin les douleurs se sont succédées avec des intervalles; à six heures, elles se sont ralenties; mais à huit elles ont repris avec plus de vivaa cité, sans 'interruption, et se sont terminées par la plus heureuse délivrance.

L'empereur, qui pendant tout le travail, n'a pas cessé de prodiguer à l'impératrice les soins les plus touchans, a montré à cet heureux instant la plus vire satisfaction, et sachant avec quelle impatience le peuple français attendait le moment où il pourrait partager sa joie, S. M. a donné l'ordre de faire tirer les salves de cent-un coups de canon, qui devaient annoncer la France ce grand événement. Dès que l'enfant a été présenté à S. M. l'empereur, la gous

vernante l'a présenté à S. A. S. Mgr. les prince archi-chane celier de l'empire, qui avait assisté à l'accouchement,

S. A. S, s'est rendue immédiatement dans le salon de l'Impératrice, où elle a fait dresser par S. Exc. M. le comte Regnaud de Saint-Jean-d'Angely, sécrétaire de l'état de la famille impériale, le procès-verbal de la naissance et l'acte civil qui a été signé, com nie témoins, par S. A. I. Mgr. le grand-duc de Wurtzbourg et S. A. S. Mgr. le prince Eugène, vice-roi d'Italie.

Ces formalités étant remplies, s. M. l'empereur s'est rendu dans le salon ét a apposé sa signature sur les registres, qui ont été signés aussi par s. A. I. Madame mère, S. M. la reine d'Espagne, $. M. la reine Hortense, S. A. I. Mme, la princesse Pauline, S. A. I. Mgr. le prince Borghèse, et S. A. I. Mgr. le prince vice-roi d'Italie.

Au même instant, le roi de Rome, suivi par le colonel-gépéral de la garde de service, et précédé par les officiers de son Service, a été porté par Mme. la comtesse de Montesquiou, gouvernante des enfans de France, dans son appartement.

L'Empereur a reçu ensuite les félicitations des prioces, princes grands-dignitaires, des ministres, des grands-officiers de la couronne, et des grands-officiers de l'empire.

S. M. a envoyé à l'instant le premier page au Sénat, et le second au corps municipal, pour les informer de la naissance du roi de Roine.

Des pages ont été aussi envoyés au sénat d'Italie et aux corps municipaux de Milan et de Rome pour leur porter cette nouvelle.

S. Exc. M. le comte de Ségur, grand-naitre des cérémonies, a envoyé chez les ambassadeurs, M. le baron du Hamel, maître des cérémonies, et chez les ministres étrangers, M. d'Argainaratz, aide des cérémonies, pour leur annoncer cet événement.

S. Exc. M. le duc de Cadore, ministre des relations extérieures, a dépêché de suite des courriers extraordinaires aux ambassadeurs et ministres de l'émpereur dans les cours étrangères, pour leur faire part de l'accouchement de l'impératrice.

Les lettres aux princes et princesses, parens de l'empereur et de l'impératrice, ont été écrites de la main de l'empereur, et portées par des officiers de sa maison.

S. Exc, M. le comte de Montalivet, ministre de l'intérieur, a envoyé des courrier dans les départemens pour les informer de la naissance du roi de Rome; LL. EExc. MM. le duc de Feltre et le comte Decrès, ministres de la guerre et de la marive, ont envoyé des ordres dans les villes de guerre et dans les ports pour qne les mêmes salves d'artillerie soient tirées et que les flottes soient paroisées.

S. A. S. Mgr. le prince de Neufchatel et de Wagram, major général de l'armée, a ényoyée dans tous les pays et places

bccupés par les armées françaises l'ordre de tirer les mêmes salves qu'à Paris.

Toute la nuit qui a précédé l'heureuse délivrance de l'impératrice, les églises de Paris étaient remplies d'une foule immense de peuple qui élevait ses vœux au ciel pour le bonheur de LL. MM. Dès que les salves se firent entendre, on vit de toutes parts les habitans de Paris se mettre à leurs fenêtres, descendre à leurs portes, remplir les rues et compter les coups de canon, avec une vive sollicitude : ils se communiquaient leurs émotions, et ont laissé enfin éclater une joie unanime, lorsqu'ils ont vu que toutes leurs espérances étaient remplies, et qu'ils avaient un gage de la perpétuité de leur bonheor.

Le soir, le roi de Rome a été ondoyé dans la chapelle du palais des Thuileries, par S. Em. Mgr. le cardinal grand aumônier, et le Te Deum a été chanté en présence des personnes dont il a été fait mention ci-dessus.

On rendra compte de cette cérémonie dans le prochain numéro.

Ce soir, il y a illumination générale.

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25 Mars,
Etablisseinent de trois écoles pratiques de marine.

Au Palais des Thuileries, le 24 Mars, 1811. Napoléon, empereur des Français, roi d'Italie, protecteur de la confédération du Rhin, médiateur de la confédération suisse, etc. etc. etc.

Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

Art, ler. Il sera établie dany pos rades d'Anvers de Brest et de Toulon, trois écoles pratiques de marine, sous le titre d'école de seconde classe de marine.

Ces écoles seront établies sur des bâtimens flottans.

2. Ces écoles seront destinées à former des officiers mari. niers, des maîtres de diverses professions, et des capitaines et officiers de commerce.

3. Les élèves de ces écoles seront nommés par notre ministre de la marine.

4. Les parens des élèves seront tenus de leur fournir un trousseau de première mise, évalué à 240fr., et de payer une pension de 400 francs par an.

5. Pour être reçu élève dans ses écoles, il faudra être age de 15 ans, savoir lire et écrire dans une des langues française, italienne, allemande ou flamande, être instruit des quatre premières règles de l'arithmétique, et d'avoir aucune difformité corporelle.

6. Les élèves devant être appliqués aox élémens de l'hydrographie, à toutes les mancuvres de force des vaisseaux, à la connaissance du mécanisme des apparaux, à leur usage, a la pratique de la garoiture du gréement, de l'arrimage, du

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