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7 Mars. Le sieur Labouchère, négociant a Amsterdan a obtenu un passe. port de la police pour se rendre à Londres pour les affaires de son commer

De là le bruit s'est répandu qu'il y avait des propositions de paix avec l'Angleterre. Nous sommes autorisés à dénientir ces bruits. Il n'y a aucuns pourparlers entre les deux gouvernemens ; et il ne peut y'en avoir, tant que

subsistera l'administration actuelle anglaise, dont les principes de guerre perpétuelle sont connus de toute l'Europe.

Le voyage de Labonchère est relatif à ses affaires personelles : il ne peut donc influer en rieu sur les trausactions commerciales.

15 Mars, Mesures relatives à l'amélioration des races de bêtes à laine.

Au palais des Thuileries, le 8 Mars, 1811. Napoléon, empereur des Français, roi d'Italie, protecteur de la confédération du Rhin, médiateur de la confédération suisse, etc. etc. etc.

Sur le rapport de notre ministre de l'intérieur,
Notre conseil d'état entendu,
Nous avons décrété et décrétons ce qui suit:

Section lère. Formation de dépôts de beliers mérinos. Art. Jer. Dans le cours des années 1811 et 1812, il sera farmé soixante dépôts de beliers mérinos.

2. Chacun de ces dépôts sera de cent-cinquante beliers au moins, et de deux cent cinquante au plus.

3. Ils seront confiés à des propriétaires ou fermiers, lesquels les entretiendront, nourriront, profiteront de la tojson, et re. ceveront, s'il y a lieu, selon les localités et le prix des fourrages, une indemnité annuelle, qui sera réglée à l'avance par notre ministre.

4. Au tems de la monte, les beliers seront distribuées tuitement aux propriétaires de troupeaux indigènes, qui les soigneront et en répondront, sauf les accidens non-provenant de leur part.

Ces beliers, après la monte, rentreront au dépôt.

5. Le nombre des dépôts sera augmenté, chaque année, pendant sept ans, et porté jusqu'à cinq cents.

6. Leur placement sera déterminé par notre ministre de l'intérieur, selon les besoins et les lieux.

Section 2. De la manière de former les dépôts. %. Pour former les dépôts de befiers, on prendra

i. Tous les beliers qui existent, au-dessus des besoins, dans nos bergeries impériales;

2. Tous ceux qui en proviendront à l'avenir;

3o. Tous les beliers qui se trouveront dans les troupeaux qui seront extraits d'Espagne d'après nos ordres ;

4°. Les beliers qui seront achetés de gré à gré dans les troupeaux des particuliers, reconnus par les inspecteurs dont il sera parlé ci-apres, pour être de race pure et sans mélange.

Section III, Règles de poliee. 8. En conséquence, il est défendu à tout propriétaire de troupeau de race reconnue pure, comme il est dit ci-dessus, de faire châtrer aucuo belier sans que l'un des dits inspecteurs ait examiné les animaux anciens, antenois ou de l'année, ne lui en ait donné attestation, n'ait fait le choix des beliers pour les dépôts, et permis la castration de ceux qu'il aura laissés comme défectueux ou trop faibles, lesqaels il marquera d cet effet. Le surplus sera acheté de gré à gré pour le compte du gouvernement.

9. Tont propriétaire de tronpeau métis qui sera à portée d'un dépôt de beliers mérinos, et à qui ce dépôt pourra fournir des beliers pour sa monte, sera tenu de faire châtrer tous ses mâles.

10. La contravention anx articles précédene sera constatée par lesjospecteurs des troupeaux ; ou sur leur requisition, par les officiers de police, et panie.

19. De la confiscation des animaux chátrés, dans le cas de l'artiele y ou non chátrés, dans le cas de l'article 9.

2°. D'une amende qui ne pourra être au-dessus de cent francs, ni au-dessus de mille francs et double en cas de récidive.

Section IV. Des inspecteurs généraex et particuliers. 11. Il y aura pour la surveillance et l'inspection des dépôts de beliers, pour faire les achats et exercer la police, quatre inspecteurs généraux et on inspecteur particulier par chaque arrondissement, dont notre ministre de l'intérieur réglera l'étendue,

12. Les inspecteurs généraux seront chargés

1'. De visiter, une fois par an, tous les dépôts et tous les troupeanx de race pure ou améliorée, chacun dans la partie de l'empire qui lui sera assignée;

2°. De faire les achats de beliers au compte du gouverntment;

3'. De correspondre avec les inspecteurs particuliers, et de former des états annuels des bêtes pures et améliorées;

4o. De recueiller et transmettre, sur la branche d'économie rurale dont ils sont chargés, tous les reuseignemens nécessaires.

13. Les inspecteurs particuliers surveilleront les dépôts de. beliers, eu feront la répartition au moment de la monte, visite

ront les troupeaux où ils seront pendant la monte, prescriront et feront exécuter les mesures sanitaires ; visiteront, inspecteront les troupeaux de race pure et améliorée, correspondront avec le ministre de l'intérieur, le préfet et l'inspecteur-général, sous lequel ils auront été placés.

Section V. Des traitemens. 14. Les inspecteurs-généraux auront un traitement de 8000 francs, et 4000 francs de frais de tournée.

15. Les inspecteurs particuliers auront 2,400 francs de traitement, et 1200 francs de frais de tournée.

Section VI. Des fonds. 16. Pour pourvoir à l'exécution des dispositions précédentes, il sera mis à la disposition de notre ministre de l'intérieur un fonds de 600,000 francs pour 1811, et successivement ceux nécessaires pour porter au complet et entretenir les dépôts, jusqu'à ce qui le système d'amélioration des races de bêtes à Jaine soit complet.

17. Nos ministres de l'intérieur, des finances et du trésor, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera inséré au bulletin des lois.

(Signé)

NAPOLÉON.
Par l'empereur.
Le ministre secrétaire d'état,

(Signé) H. B. duc de BassANO.

20 Mars. Dimanche, 17, S. M. l'empereur et roi, entouré des princes, princes grands-dignitaires, des ministres, des grands-officiers et officiers de sa maison, a reçu avant la messe au palais des Thuileries, dans la salle du trone, une députation des villes de Hambourg, de Lubeck et Brême, composée pour la ville de Hambourg, de M. M. Doormann, ancien syndic de Hambourg, président de

la députation;
Schulte, ancien sénateur;

Jenisch, ancien sénateur,
Pour la ville de Lübeck, de
M. M. Overbeck, ancien sénateur;

Coht, ancien sénateur.
Et pour la ville de Bremen, de
M. M. Grooning, ancien sénateur;

Schmidt, ancien sénateur;

de Falmers, ancien sénateur, Cette députation a été conduite à l'audience de l'empereur par un maitre et un aide des cérémonies, introduite par le

maltre des cérémonies de service, et présentée à S. M. par S. A. S. le prince archi-chancelier de l'empire.

M. Doormann, présideat de la députation, a présenté à l'empereur uue adresse à laquelle S. M. a répondu.

Adresse de la députation des villes de Hambourg, Lubeck et Bremen.

Sire,

Votre majesté impériale et royale voit aux pieds de son trône les députés de trois villes, dont deux ont été fondées par Charlemagne, et que Napoléon a réunies à son empire.

Sire, l'histoire de Hambourg, de Lubeck er de Bremen est scellée de la ligue anséatique; cette ligue commerçante et guerrière qui a civilisé l'Europe dans le moyen âge, vivifié les côtes arrosées par les deux mers du Nord, qui a conçu et exécuté en partie ce beau projet de l'affraachissement du commerce européen; pour de telles entreprises un grand homme suffit, mais dans l'absence des héros, les hommes et les peuples ont besoin de ligues et de confédérations ; nous avons du moins la gloire d'avoir commencé ce qu'achève votre puissance ; nous vous remettons avec confiance l'héritage de prospérité que les siècles nous ont transmis.

Sire, ce qui arrive était, pour ainsi dire, écrit d'avance dans les annales de nos tems modernes; partout on voit les villes apséatiques rivales de l'Angleterre et annies de la Franıc; toujours, depuis Charlemagne jusqu'à Louis XIV, depuis le 9e jusqu'au 18e siècle, les plus illustres comme les plus say us des rois vos prédécesseurs, de cessent de nous soutenir, de Dous protéger, de nous défendre; ainsi, tous les pronostics de l'histoire nous annonçaient que, s'il arrivait un tems où nous devions être agrégés à un autre einpire, ce serait pour nous tronver dans les rangs que vous marquaient l'attachement, la reconnaissance et la mémoire des rapports politiques et coinmercianx.

Sire, de tous tems nous avons été Français par le coeur et per les prétérences. Si l'anarchie qui a précédé le règne de votre majesté avait un moment relâché ces liens si vieux et si doux, nous nous sommes empressés de les resserrer dès que votre avènement au pouvoir a rassuré le monde et l'ordre social, et vos nouveaux sujets ne peuvent. Sire, vous jurer de vous être plus fidèles qu'ils ne sont montrés depuis dix ans, dévoués à vos volontés, obéissans à votre système, prêtant à l'accomplissemeut de vos desseins, le courage de tous les efforts et de tous ies sacrifices, et il est consolant et doux pour les honorables souvenirs de notre patrie, de croire que notre indépendance de pouvait céder qu'à celui qui à tout cède, et que notre existence politique ne devait foir qu'à l'époque où les destins voulaient que le Tibre et l'Elbe coulassent sous les mêmes lois,

Si votre majesté, de ce haut point d'élévation d'où elle voit les choses humaines, permet quelqu'orgueil à notre faiblesse, nous oserons penser encore que nous n'entrops pas comme no territoire vulgaire, comme une acquisition obscure dans ce cercle immense de provinces étonnées, et heureuses d'obéir à un seul maitre; notre antique et commune origine, l'activité de notre industrie, la gloire de notre coin inerce qui a si souvent alarmé l'Angleterre, la renommée de notre loyauté, la simplicite de nos incurs privéen, la splendeor de nos établis semens publics, ce mélange heureux d'aristocratie sans mo gne, et de démocratie saus orages, cette police apartout sentie et bulle part aperçue, cette aileninistration vigilante et pater. nelle, faible image de ce gouvernement dont votre majesté étend sur l'Europe presqu'entière le bien fait et le miracle; ces travaux désintéressés, entin ces institutious en faveur des pauvres dont les rois vous envoyaiput demander le secret et le modèle, voilà, Sire, ce que non fatso 115 pour la patrie ; voilà peut-être ce qui nous rend dignes d'étre Français sous le règne de votre inajesté.

Si quelque chose manquait à notre activité, à notre industrie, à ce système de commerce qu'avoue la morale et que la sagesse conseille, celui que V. M. recom

ommande, accueille et préfère, à ce commerce qui n'est point un jeu anais, un travail ; qui u'est ppint une loterie, mais un calcul; qui de Vend pas des propriétés illusoires et des richesse chimériques, mais des productions réelles; si quelque chose enfin manquait à nos cités à ces entrepôts de l'univers, c'était un territoire, son empire, et puisqn'il appartient à votre génie M'anéantir les distances ainsi que les obstacles, puisqu'il lui plait de commander aux fleuves, d'entrer dans des routes nouyelles pour mieux réunir les mers, nous verrons les produits de tous ces climats rassein blés sous votre sceptre, les fruits de l'Ibérie, de la Provence et des Calabres, arriver sans douanes et sans barrière jusqu'aux magasins de Hombourg, de Bremen et de Lübeck, qui pourront les offrir dès aujourd'hui au continent septentrional, et bientôt à l'océan libre et pacifé. Sire, nous remplirons avec bonheur le devoir d'apprendre bientôt à Ceux que nous ont envoyés ce que déjà publiait la rénommée, mais ce qu'on sait bien mieux autour de votre trône et dans votre ville impériale ; nous voulons dire avec quels soins, avec quelle prévoyance paternelle V. M, I. traite ses nouvelles facailles adoptives dont nous faisons partie; nous le savons, Sire, tandis que V. M. présente à leurs premiers citoyens pour alimens de leur ambition, pour récompense de leur dévouement le partage des diguités et des places de son empire, elle s'attache en même tems les classes les plus utiles et les plus abscures par les liens des bienfaits et de la reconnaissance, elle ordonne les ménagemens les plus bienveillance, les plos toochaus égards pour les besoins, pour les maux, pour les meurs, pour les habitudes, pour les préjugés même !...... Invincible

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