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qui a déjà été le sujet de tant de discussion, ou sur toute autre base coinpatible avec la justice, l'honneur et l'égalité, S. M. se déterminera à répondre à cette sincérité et cette modération apparentes, avec une sincérité et une modération réelles de la part de S. M.

Le roi déclara qu'il était disposé à entrer dans une négociation de cette nature, de concert avec ses alliés et s'engagea de leur communiquer sur le champ les propositions qui avaient été faites à S. M. Mais comme S. M. n'était point liée avec l'Espagne par un traité d'alliance en forme, s. M. júgea nécessaire de déclarer que les engagemens qu'elle avait contractés à la face de l'univers avec cette nation étaient considéa rés par S. M. comme aussi obligatoires pour elle que les traités les plus 'solennels, et d'exprimer la juste persuasion de S. M. que le gouvernement d'Espagne agissant au nom de S. M. Č. Ferdinand VII était cousidéré comme partie dans la négociation.

Dans la réponse faite par la France à cette proposition de S. M., elle écarte l'artifice mal ourdi auquel elle avait eu recours pour remplir l'objet du moment, et montre même dans les ménagemens ordinates, l'arrogance et l'injustice de ce gouvernement. La nation espagnole toute entière y est désignée sous la dénomioation dégradante d'insurgés espagnols, et la demande d'admettre le gouvernement d'Espagne comme partie dans une négociation, réjetée comme inadmissible et insaltante.

Avec autant d'étonnement que de douleur, S. M. & reçu de l'empereur de Russie une réponse semblable en substance, quoique moins inconvenante daus le ton et la manière. L'empereur de Russie flétrit du nom d'insurrection les glorieux efforts du peuple espagnol en faveur de son sonverain légitime et de l'indépendance de sa patrie, donnant ainsi la sanction de l'autorité de S. M. I. à une usurpation qui n'a pus d'exemple dans l'histoire du monde.

Le roi n'eût pas hésité à saisir l'occasion de consentir à une négociation qui eût pu olhrir l'espoir ou la perspective d'une paix compatible avec la justice et l'honneur.

S. M. regrette profondément qu'elle se soit terminée d'une manière qui doit aggraver et prolouger les calamités de l'Europe. Mais ni l'honneur de S. M. ni la générosité de la nation britannique, ne permettaient à S. M. de consentir a entrer en négociation, en abandonnant un peuple brave et fidèle, qui combat pour la conservation de tout ce qui est cher à l'honme, et dont S. M. s'est soleonellement engagée à seconder les efforts dans une cause dont la justice est si évidemment manie feste.

5. ÉMARCHES DO MINISTÈRE HOLLANDAIS AUPRÈS DU gor

FERNEMENT ANGLAIS, EN FÉVRIER, 1808.

No. 1.

Le roi à ses ministres. Messieurs, Depuis six semaines que je suis auprès de l'empereur mon frère, je me suis constamment occupé des attaires du royaume, Si j'ai pu effacer quelques impressions défavorables ou du moins les modifier, je dois avouer que je n'ai pas réussi à cuacilier dans son esprit l'existence et l'indépendance du royaume avec la réassite et le succès du système continental, et en pare ticulier de la France contre l'Angleterre. Je me suis assuré que la France est fermement décidée à réunir la Hollande, malgré togtes les considérations, et qu'elle est convaincue que son indépendance ne peut plus se prolonger si la guerre mari. time continue. Dans cette cruelle certitude, il ne nous reste plus qu'un espoir, c'est celui que la paix maritime se négocie : cela seul peut détourner le péril imminent qui nous ménace; et sans la réussite de ces négociations, il est certain que c'en est fait de l'indépendance de la Hollande, qu'aucun sacrifice ne pourra prévenir. Ainsi, l'intention claire et formelle de la France est de tout sacrifier pour acquérir la Hollande, et auge menter par-là, quelque chose qu'il doive lui en coûter, les moyens à opposer à l'Angleterre. Sans doute l'Angleterre aurait tout à craindre d'une pareille augmentation de côtes et de marine pour la France. il est donc possible que leur intérêt porte les Anglais à éviter un coup qui peut leur être aussi funeste.

Je vous laisse le soin de développer cette idée avec toute l'énergie qui sera nécessaire pour faire bien sentir au gouvernement anglais l'importance de la démarche qui lui reste à faire. Faites bien valoir auprès de lui tous les argumens et toutes les considérations qui se présenteront à votre esprit. Faites la démarche dont il s'agit, de vous-mêmes, sans que j'y sois nul. lement mentionné. Mais il n'y a pas de tenis à perdre ; envoyez de suite quelqu'un d'un commerce sûr et discret en Angleterre, et envoyez-le-inoi de suite dès qu'il sera de retour. Faites-moi savoir l'époque à laquelle il pourra l'étre ; car nous n'avons pas de tems à perdre: il ne nous reste plus que peu de jours. Deux corps de la grande armée marchent sur le royau. ine ; le maréchal Oudinot vient de partir pour eo prendre le commandement. Faites-moi savoir ce que vous aurez fait en conséquence de cette lettre, et quel jour je pourrai avoir une réponse d'Angleterre.

No. II.

Instructions données par le ministre hollandais à M,

Labouchère. L'objet de la commission dont à la demande des soussignés, M. Pierre-César Labouchère s'est chargé, est de faire connaître au gouvernement d'Angleterre, qu'en conséquence des rena seignemens parvenus au ministère hollandais, el qui ont toute l'apparence d'authenticité, le destin de la Hollande, c'est-ào dire le maintien ou la partie de son existence, politique, dé pend des dispositions qui pourraient avoir lieu de la part du gouvernement anglais pour parvenir à une prompte paix avec la France, ou du moins pour faire un changement réel dans les mesures adoptées par le susdit gouvernement, par rapport au commerce et à la navigation des neutres.

Ledit sieur Labouchère doit par conséquent se rendre, avec toute la promptitude possible à Londres, ou de la matière et par les voies qu'il trouvera les plus convenables, il cherchera à porter le susdit état de choses à la connaissance du ministère anglais, et toute autre personne qui pourrait servir au but proposé; et il lui sera permis, en cas de besoin, de faire savoir qu'il remplit cette mission avec le consentement du gouyerpen meut hollandais, qui, à cause de l'authenticité des susdits renseignemens, portant que, sans le susdit changement dans le systême de l'Angleterre, la perte de l'indépendance de la Hollande est absolument inévitable, avait cru pouvoir fermer

les yeux sur toutes les considérations et difficultés pour tenter : tout ce qui pourrait servir à maintenir l'existence politique du pays.

Il cherchera ensuite à faire envisager au gouvernement an, glais combien il serait avantageux à l'Angleterre que la Hol. lande ne tombát point sous la domination souveraine de l'empire français, et qu'elle restât toujours une puissance indépendante. Il emploiera, pour prouver cette assertion, tous les argumens que la cause elle-même pourra lui fournir et qui lui sont connus.

S'il trouve au gouvernement anglais cette conviction, og s'il parvient à la faire naitre, il tâchera' de l'engager à coutribuer au maintien de l'existence politique de ce pays, et en se pretant promptement à des négociations tendant à parvenir à une paix générale, ou du moins, dans le cas où de pareilles négociations ne pourraient être promptement entamées et détermi, nées, en donnant des assurances satisfaisantes de ses intentions de faire quelque changement dans le système adopté par les décrets du conseil d'Angleterre du mois de Novembre 1807 et dans les mesures qui en ont été les conséquences.

Il doit surtout appuyer sur ce dernier objet afin, dira-t-il, de s'opposer à l'empressement de la France d'occuper la Hole lande. Il ajoutera que, dans le cas où un relâchement ou un

changement du susdit système serait adopté, on pourrait se Batter, qu'outre la non-occupation de la Hollande, la guerre, tant qu'elle doit encore durer, pendrait enfin de nouveau la tourneur et la marche moins désastreuse qu'elle avait il y a trois ans, et qu'il en résulterait un peu plus de probabilité d'up rapprochement en ce qu'alors on ne verrait plus aucun motif pour l'empereur des Français, de laisser subsister les décrets de Berlin et de Milan, que S. M. I. n'a pris qu'en conséquence des ordres du conseil angluis de Novembre, 1807.

Si cependant le gouyernement anglais, après avoir prêté l'oreille à ces insinuations, fait des difficultés pour s'expliquer là-dessus définitivement, ayant d'être inforıné positivement des intentions du gouvernement français à cet égard ; il doit demander que le gouvernement anglais déclare s'il veut faire dépendre sa résolution d'arriver à des négociations de paix ou du moins à vn changement dans les susdits ordres de Novembre, 1807, des insinuations susdits, et encore particulièrement de l'évacuation de la Hollande par les troupes françaises, et du rétablissement de tout sur le pied où se touvaient les choses avant la dernière invasion des Anglais en Zélande, en ajoutant telles autres conditions sur lesquelles le susdit gouvernement pourrait croire devoir insister avant de prêter la main aux mesures proposées, afin qu'on ait ainsi des données sûres avant de lui faire connaître les intentions du gouvernement français. Quelle que soit la réponse du gouvernement anglais à ses représentațious, pourvu qu'elle n'exclue pas tout espoir de parvenir au but qu'on se propose, et que les circonstances le lui permettent; il prolongera provisoirement son séjour à Londres, et en attendant, il enverra aux soussignés, aussi promptement qu'il est possible, et par la voie la plus sûre, uo récit détaillé de toutes ses démarches, des réponses qu'on lui aura faites, et de tout ce qui concerne sa mission.

Cependant, si après avoir reçu une réponse aux ouvertures par lui faites, il trouvait nécessaire pour le succès de la cause, de la porter lui-même à la connaissance de S. M. le roi de Hollande, il sera libre de le faire ; mais dans ce cas-là, quoique $. M. puisse encore se trouver à Paris, il fera son voyage par la Hollande, et en aucune manière il ne se rendra de l'Angleterre directement en France.

Au reste, on lui recommande particulièrement le secret le plus rigoureux sur toute cette affaire, ainsi que la plus grande prudence et discrétion dans l'exécution de la commission à lui confiée. Amsterdam, le ler Février, 1810.

(yue) VANDEB Heim, J. H. MOLLERUS,

No. III. Traduction d'une note de communication verbale du marquis

de Wellesley à M. Labouchère, 12 Février, 1810. La malheureuse situation de la Hollande a fait naitre depuis long-tems dans ce pays-ci des sentimens d'intérêt et de compassion, et ces sentimens s'accroissent naturellement à chaque surcroît des maux auxquels la Hollande est en proie ; mais la Hollande ne peut s'attendre que ce pays-ci fasse le sacrifice de ses propres intérêts et de son honneur.

La nature de la communication qui a été reçue de la part de M. Labouchère, permet à peine que l'on fasse la moindre observation touchant une paix générale ; elle ne fournit pas même un motif à répéter les sentimens que le gouvernement anglais à si souvent déclarés sur cette matière. Do peut néan. moins remarquer que le gouvernement français n'a pas manifesté le moindre symptôme d'une disposition à faire la paix, ou à se départir en aicune manière des prétentions qui jusqu'ici ont rendu inutile la bonne volonté du gouvernement anglais pour

terminer la guerre. La même observation peut s'appliquer à la conduite da gouvernement français dans la guerre qu'il fait au commerce ; guerre dans laquelle il a été l'aggresseur, et qu'il poursuit avec un acharnement qui ne se dément pas un instant. C'est à tort que dans la note remise par M. Labouchère, il est dit que les ordres du conseil d'Angleterre ont donné lieu aux décrets francais contre la navigation du commerce des neutres; les ordres du conseil n'ont point été le motif, mais la conséquence des décrets français.

Les décrets français sont encore en vigueur; nulle mesure n'e été prise pour leur rappel. Il n'est point raisonnable de s'attendre que nous nous relâchious en aucune manière des mesures de défense personnelle que commande notre sûreté, et qui puissent nous mettre à l'abri des attaques de l'ennemi parce que lui-même souffre par suite des inesures qu'il prises, et cependant ne téinoigne aucune disposition à s'es relacher.

Sans signature.

No. IV.
Compte rendu par M. Labouchère.

Londres, le 12 Fevrier, 1810: Le soussigné ayant reçu de LL. EExc. les ministres la mise sion de se rendre en Angleterre avec des instructions écrires sur la marche à tenir pour communiquer au gouvernement ane glais la position de la Hollande, et de lui insinuer les moyens qui paraissaient les plus capables de détourner le sort qui menaçait le pays, s'est de suite rendu à la Brielle, Arriye'le

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