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NÉGOCIATION APRÈS LA PAIX DE TILSIT Traduction de la réponse de M. Canning à la notifications

lui faite par M. d'Alopéus, du traité de Tilsit, et de l'offre de la médiation de la Russie avec l'aveu de la France. M. George Canning, secrétaire d'état, etc. à M. Alopéus.

Le soussigné, secrétaire d'état de S. M. hritannique au département des affaires étrangères, n'a mis aucun délai à faire connaitre au roi son maitre, la note qui lui a été présentée par M. Alopéus, ministre plénipotentiaire de S. M. l'empereur de toutes les Russies, dans laquelle M. Alopéus, par ordre de sa cour, notide au gouvernement britannique la conclusion à Tilsit, le 25 Juin (7 Juillet), d'un traité de paix entre la Russie et la France, et annonce en même temps l'offre de médiation de S. M. impériale pour la conclusion d'un traité de paix entre la Grande-Bretagne et la France, et l'adhésion du gouvernement français à cette offre de médiation.

Le soussigné a ordre du roi son maitre, de déclarer que l'empereur de Russie send justice aux sentimens du roi, lorsque S. M. impériale ne met point en doute que le roi ne soit disposé à contribuer au rétablissement d'une paix géwérale, telle qu'elle puisse assurer le repos de l'Europe. S. M. donné tout récemment des preuves, nou-équivoques de cette disposition, soit dans la réponse qui a été faite au nom de S.M. à l'offre de médiation de l'empereur d'Autriche, soit lorsque S. M. à déclaré qu'elle était prête d'accéder à la convention conclue à Bartenstein, le 23 d'Aveil, entre l'empereur de Russie et le roi de Prusse, et dans les instructions que le soussigué transmit, par ordre de S. M. à l'ambassadeur de S. M. à la cour de Saint Petersbourg à la nouvelle des derniers événemens désa-treox en Pologne, lesquelles instructions enjoignaient à cet ambassadeur de signifier aux ministres de l'empereur de Russie, que S. M. était toute prête à entrer, de concert avec son avguste allié, en toute négociation que l'empereur de Russie trunverait à propos d'ouvrir pour le ré. tablissement d'une puix générale.

Toujours dans les mêmes sentimens et la même disposition, S. M. déclare qu'elle ne s'en départira aucunement.

En conséquence, le soussigné a ordre de S. M. d'assurer M. Alopéus que S. M. attend avec la plus vive sollicitude la communication des articles du traité conclu á Tilsit, et l'explication de ces principes justes et honorables d'après lesquels S. M. impériale exprime sa croyance que la France est disa posée à couelare la paix avec la Grande-Bretagne.

S. M. s'attend à trouver dans les stipulations du traité de Tilsit et dans les principes sur lesquels on repráécute la France comme prête à négocier, un caractère tel qu'il fournisse 2 TOME IV.

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S. M. de justes espérances d'arriver à une paix qui concilie la sécurité et l'honneur.

Dans ce cas, S. M. se prévaudra avec empressement de l'offre de médiation de S. M. l'empereur de Russie.

Mais jusqu'à ce que S. M. ait reçu ces communications importantes et nécessaires, il est évidemment impossible que le soussigné soit autorisé à fournir une réponse plus positive à la pote présentée par M. Alopéus. Le soussigné prie, etc.

(Signe) GEORGE CANNING. Bureau des affaires étrangères, 5 Août, 1807.

3.

CORRESPONDANCE DE M. LE PRINCE STARHEMBERG, AMBAS

SADEUR D'AUTRICHE, AVEC LE MINISTÈRE ANGLAIS, A
LA FIN DE 1807.

No. I.
Note du prince de Starhemberg a.M. Canning.

Londres, le 20 Novembre, 1807. Le soussigné a l'honneur d'informer S. Exc. M. le secrétaire d'état pour le département des affaires étrangères, qu'il vient de recevoir l'ordre positif de sa cour de faire au ministère britannique les représentations les plus urgentes sur l'importance dont il serait de voir cesser la lutte qui existe encore entre l'Angleterre et la France, et dont les effets produisent les conséquences les plus fatales pour tout le reste de l'Europe.

S. M. l'empereur et roi, animé du désir constant de tra, vailler au repos et à la tranquillité, n'hésite pas à demander officiellement et avec instance à S. M. britannique, de vouloir bieu lui déclarer sincèrement ses intentions à cet égard, en Jui manifestant ses dispositions à entrer en négociation pour une paix maritime, sur des bases convenables aux intérêts réciproques des puissances qui y prennent part,

Le cabinet de Saint-James s'est expliqué trop souvent sur şon désir du rétablissement de la paix, pour que le soussigné ne se flatte pas d'en obtenir dans cette occasion l'assurance formelle désirée par sa cour, qui acheverait de prouver à toutes les nations de l'Europe la sincérité des vues pacifiques de l'Angleterre.

Le soussigné profite de cette occasion, pour prier S. Esc. le secrétaire d'état, d'agréer l'hommage de sa haute considération.

(Sigoé) le prince de STARHEMBERG.

No. II. Traduction de la lettre de M. G. Canning, du 23 Novembre

1807, adressée au prince de Starheinberg. Le soussigné, premier secrétaire d'état de S. M. pour le dé. partement des affaires étrangères, a mis sous les yeux du roi

son maître la note officielle qui lui a été remise par le prince de Starhemberg, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de S. M. I. l'empereur d'Autriche, et dans laquelle le prince de Starhemberg exprime, par ordre de sa cour, les veux ardens de S. M. 1. pour la cessation de la lutte actuelle entre la Grande-Bretagne et la France, et demande une déclaration formelle et sincère des sentimens de S:M. à cet égard.

S. M. ayant fait connaître tout récemment et à diverses fois la disposition où elle est, et le désir qu'elle a d'entrer en négociation pour

traiter de la paix sur des bases qui la rendent sûre et honorable, et cette déclaration ayant été fait au gouvernement autrichien de la manière le plus régulière et la plus authentique, dans la réponse que le soussigné a reçu ore . dre de faire, dans le mois d'Avril dernier, à l'offre officielle de la médiation de S. M. I. par l'organe du prince de Starhemberg, et dans celle qui, par l'ordre de S. M. a été faite à une offre semblable, qui a eu lieu de la part de l'empereur de Russie, réponse qui a été communiquée à la cour de Vienne. S. M. ne peut se défendre d'un sentiment de surprise, en voyant se renouveler la demande d'une déclaration de sentimens qui ont été depuis si long-tems, et si formellement communiqués à la cour de Vienne.

Sa majesté ne croit pas qu'il soit nécessaire de rien ajouter à ces déclarations pour prouver' aux nations de l'Europe une sincérité que les nations de l'Europe ne sauraient mettre en doute. Mais pour satisfaire aux désirs si vivement exprimés d'une puissance amie, qui semble en faire l'objet d'une sollicitude particħlière, S. M. est disposée à renouveler encore les assurances qu'elle a si souvent données, et S. M. déclare qu'elle est actuellement, comme elle a toujours été prête à entrer en négociation pour traiter de la paix sur les bases d'une parfaite égalité d'intérêts respectifs entre les puissances belligérantes et d'une manière conforme à la fidélité que S. M. doit à ses alliés, et telle enfin qu'elle donne à l'Europe tranquillité et sécurité.

(Signé)

GEORGE CANNING.
Bureau des affaires étrangères, 23 Novembre 1807.

No. lll.
Copie d'une note de M. le prince de Starhemberg à

M. Canning.

Londres, le 1er Janvier 1808. Le soussigné, obéissant aux ordres de sa cour, en se confore mant aux désirs de celle des Thuileries, a l'honneur d'informer, M. le secrétaire d'état pour le département des affaires étrangères, qu'en conséquence des dispositions pacifiques de S. M. Britannique, énoncées dans la réponse donnée le 23 Novembre dernier à sa note officielle du 20 du même mois, il est chargé

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de proposer au ministère anglais d'envoyer immédiatement des plénipotentiaires à Paris pour y traiter du rétablissement de la paix entre toutes les puissances actuellement en guerre avec l'Angleterre. Cette invitation franche et sans détour doit donner la preuve certisine de la bonne foi et de l'intention sincère de la France de faire cesser le fléau de la guerre; et c'est avec empressement que S. M. I. se prête à être l'interinédiaire d'un résultat avssi désirable. On aimné à se fatter que la cour de Londres ne balancera pas à reconnaître dans cette occasion l'importance de la proposition qui lui est faite et qu'elle se prêtera à donner un nouveau témoignage de la volonté qu'elle a prononcée si souvent de rendre le repos au reste de l'Europe, en nommant des négociateurs qu'elle chargera des grands intérêts à discuter.

Pour éviter toute espèce de retard, lé soussigné est autorisé par la France à donner des passeports aus ministres que le cabinet de Saint-Jaines choisira à cet effet.

La manière dont ces ouvertures sont soumises à la cour de Londres, et les mesures que l'on prend pour en réaliser l'exécution, acheveront de démontrer l'esprit de conciliation qui les a dictées.

No. IV. Copie d'une note de M. Camping au prince de Starkemberg,

Londres, le 8 Janvier 1808. Le soussigné, premier secrétaire d'état de S, M. pour les affaires étrangères, a présenté au roi son maître la note à lui remise le 2 de ce mois par le prince Starhemberg, envoyé extraordinaire, el ministre plénipotentiaire de S. M. l'empereur d'Autriche.

En déclarant qu'il était chargé de proposer au gouverne ment britannique d'envoyer des plénipotentiaires à Paris, le prioce Starhemberg a omis d'expliquer s'il avait reçu cette commission de l'empereur son maitre ou du gouvernement français.

Si le prince Starhemberg a, dans cette circonstance, agi d'après l'ordre spécial et iinmédiat de sa cour, et si la propo. sition faite à S. M. d'envoyer à Paris des plénipotentiaires, doit être considérée comme provenant de Vienne, le soussigné a ordre d'exprimer le sentiment pénible avec lequel S. M. a vu coinbien peu on avait eu égard, en formant cette proposition, à la correspondance qui avait déjà eu lieu entre les cours de Vierne er de Londres, au sujet d'une négociation pour la paix, lorsqu'on avait fai-sé écouler un si long espace de temps depuis l'acceptation faite par S. M. an mois d'Avril dernier, de l'offre de la médiation de S. M. I.. Sa Majesté pouvait à peine s'aitendre à ce que cette même offre fût répétée (si toutefois la note du prince de Starhemberg peut être regardée comme la répétition), sans qu'on y joiguit la plus légère notification de

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Facceptation des conditions que S. M. avait déclarées devoir
être le préliminaire indispensable de l'ouverture de la négocia-
tion. Et attendue que la note du soussigné sous la date da
23 Novembre dernier, est indiquée comme base de la proposi-
tion actuelle par le prince Starhemberg. S.M. remarque avec
surprise que cette proposition n'a cependant de rapport qu'aux
puissances qui sont engagées avec la France dans la guerre
contre la Grande-Bretagne, sans comprendre les alliés de la
Grande-Bretagne en guerre avec la France.
Si d'un autre côté, la cour de Vienne n'a de part à la dé-

à marche du prince Starhemberg qu'une simple autorisation de recevoir et de transmettre au gouvernement britannique les communications dont la France jugerait à propos de le charger, dans ce cas le soussigné a ordre de faire observer au prince Starherberg, que, quoique le caractère dont il est revêtu par sa cour et les formalités par lesquelles il a été accrédité auprès de S. M., doivent lui mériter une entière coufiance dans l'exercice des fonctions diplomatiques qu'il remplit au voin de l'empereur son maître, cependant, lorsqu'il déclare parler au nom d'une autre puissauce, la cour à laquelle il s'adresse ne croit pas devoir admettre une communication semblable, et en faire la base d'une mesure publique et im. portante, à moins qu'il ne lui soit présente une autorisation précise à cet effet, et un document spécial et authentique.

D'après la teneur de la note du prince Starhemberg, il parait que la note du soussigné, du 23 Novembre, a été communiquée au gouvernement français. Le gouvernement français est donc muni d'un gage solennel et authentique des dispositions pacifiques de S. M. Il en résulte que S.M. a le droit d'attendre un gage également solennel et authentique des dispositions réciproques de la France, avant que l'on exige d'elle des explications ultérieures.

La proposition faite à S. M., d'envoyer des négociateurs à Paris, sans qu'il soit fuit mention d'une réciprocité de mesures précises et ostensibles de la part de la Frauce, sur les déclarations déjà faites au nom de S. M., est si éloignée de fournir la preuve d'une disposition réciproque, qu'elle ne peut être considérée par S. M. que comme renfermant un doute inexcusable de la sincérité des déclarations de S. M.

Mais ce défaut d'une antorisation formelle et d'une assiia rance réciproque n'est pas le seul vice matérial de cette commonication du prince Starhemberg,

S. M. est invitée à envoyer des plénipotentiaires à Paris, sans qu'on lui donne la plus légère counaissance des bases sur lesquelles on veut fonder cette négociation. .

Si on avait pu mettre en question qu'il fût nécessaire d'établir préalablement la base de la négociation pour fonder l'ese pérance de son heureuse conclusion, l'expérience de la dernière négociative avec la France aurait mis la chose hors de doute,

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