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ü anmoins maintenu à son postė, et il fit avec ce corps d'armée, en Anleniagne, les campagnes de l'an 14 et de 1806.

Des discussions qu'il eut avec le général Heudelet, dans la division duquel il servait, 'forcèrent le Gouvernement de le rappeler en France.

le 31 Octobre, 1806, il fut employé dans la 24e division inilitaire, sous les ordres du général Chambarlhac, qui lui consia le commandement du départemeiit de la Lys. La mésintelligence qui ne tarda pas à éclater entre le préfet et lui, fit sentir la nécessité de lui donner une autre destination, et il fut envoyé dans l'île de Cadsand.

Sa conduite, toujours hors de mesure, ses procédés arbi. traires, indisposèrent contre lui les habitans, les autorités et le général Chambarlbac. Les plaintes qui parvinrent au Gouvernement, déterminèrent encore le changement de sa résidence; il reçut des lettres de service pour la 16e division militaire.

Il servait dans cette division, au camp de Boulogne, depuis le 11 Février, 1809, et il avait eu le bonheur d'y vivre en bonne harmouie avec ses chefs et ses subordonnés, lorsque, par la plus lâche défection, il a imprimé à son nom un opprobre ineffaçable.

Telle est l'histoire du général Sartazin, qui n'est, à propre. ment parler, que celle des travers de son esprit, des torts de son caractère, et de ses nombreuses inconséquences, Le ministre de la guerre,

Duc de FELTŘE,

10 Juillet, 1810,

INTÉRIEUR
Paris, le 9 Juillét.

Amsterdain, le 3 juillet. Louis, par la grâce de Dieu, etc.

Nous avons résolu, comme nous arrêtons, par les présentes lettres patentes et solennelles, d'abdiquer, comme nous abdiquons dans ce moment, le rang et la dignité royale de ce royaume, en faveur de notre bien-aimé fils Napoléon-Louis, et au défaut dé celui-ci, en faveur de son frère Charles-LouisNapoléon.

Décidons, en outre, que, conformément à l'article constituitionnel, la régence demeurera à S. M. la reine, sous la garantie de S. M l'empereur notre frère, secondé par un conseil de régence, qui sera provisoirement composé de vos ministres auxquels nous contions la garde du roi mineur, en attendant le retour de $. M, la reine.

Ordonnons, de plus, que les différens corps, de notre garde sous le commandemevt en chef de notre grand écuyer le lieute.

nant-général Bruno, et après lui, le général Sels, ferout et continueront le service auprès du roi mineur de ce royaume, et que les grands officiers de la couronne, ainsi que les officiers civils et militaires de notre maison, resteront de service auprès de sa haute personne.

Ainsi fait et conclu, le présent acte sous notre signature lequel acte sera porté à la connaissance du corps législatif, or il sera déposé; de quoi seront faites les expéditions et publicæ tions nécessaires, ete.

(Signé) Louis.

RAPPORT A L'EMPEREUR.

Paris, le 9 Juillet, 1810. Sire, J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de V. M. un acte du roi de Hollande en date du 3 de ce mois, par lequel ce monarque déclare qu'il abdique la couronne en faveur de son fils ainé, laisse, conformement à la constitution, la régence à la reine, et établit un conseil de régence composé de ses ministres.

Un pareil acte, sire, n'aurait dû paraître qu'après avoir été concerté avec V. M.; il ne peut avoir de force sans son approbation, V. M. doit-elle confirmer la disposition prise par le roi de Hollande.

La réunion de la Belgique à la France a détruit l'indépendance de la Hollande ; son système est devenu nécessairement celui de la France; elle est obligée de prendre part à toutes les guerres maritimes qu'a la France, comme si elle était une de ses provinces. Depuis la création de l'arsenal de l'Escant et la réunion à la France des provinces composant les départe. mens des bouches du Rhin et des bouches de l'Escaut, l'existence commerciale de la Hollande est devenue incertaine. Les négocians d'Auvers, de Gand, de Middlebourg, qui peuvent sans enfraves étendre leurs spéculations jusqu'aux extrémités de l'empire dont ils font partie, doivent vécessairement faire le commerce que faisait la Hollande. Déjà Rotterdam et Dordrecht sont à la veille de leur ruine, ces villes perdant le commerce du Rhin, qui va directeinent par la nouvelle frontière, dans les ports de l'Escaut en traversant le Biesboch. La partie de la Hollande encore étrangère à l'empire, est privée des avantages dont jouit la partie qui y est réunie. Obligé cependant de faire cause commune avec la France, la Hollande supportera les charges de cette association sans en recueillir les bienfaits.

La Hollande est accablée sous le poids de sa dette publique qui s'élève de 85 à 90 millions, c'est-à-dire, à un quart de plus que la dette de tout lempire réuni; et si on projettait une ré

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daction par le gouvernement du pays, il ne serait pas en sorë pouvoir de donner uue garantie de l'inviolabilité de cette disposition et de sa fixité, puisque cette dette, même réduite à 30 millions serait encore au-dessus des moyens et des forces réelles de ce pays. Ou estime que la Hollande paye le triple de ce que paye la France. Le peuple gémit sous les poids de 23 espèces de contributions diverses : la nation hollandaise succombe sous ses contributions ; elle ne peut plus les payer.

Et cependent les dépevses nécessaires du gouvernement exi gent que le fardeau soit augmenté. Le budget de la marine ne s'est composé, en 1809, que de trois millions de florins, qui ont été à peine suffisans pour solder les admiuistrateurs, les états majors et le corps de la marine, et entretenir les arsenaux; mais qui u'ont pas permis l'armement d'un seul vaisseau de guerre. Pour satisfaire aux armemens qui ont été ordonnés en 1810, et qui sont le minimum de la force nayale propre à la défense de la Hollande, il faudra le triple de cette somme. Le budget de la guerre a fourni à peine à l'entretien des fertéresses et de seize bataillous: et pendant que deux départemens de cette importance sont si loin d'avoir ce qui leur est nécessaire pour soutenir l'lonneur et la dignité de l'indépendance l'intérêt de la dette publique a cesse d'être payé; il est arriéré de plus d'un an et demi.

Si dans un tel état de choses V. M. maintient les dernières dispositions, en dominant ainsi à la Hollande un gouvernement provisoire, elle ne fait que prolonger sa douloureuse agovic. Si le gouvernement d'un prince dans la force de l'âge a laissé ce pays dans un tel état de souffrance, que pourrait-il espérer d'une longue minorité ! il ne peut donc être sauvé que par un nouvel ordre de choses. Le tems de la force et de la prospérité de la Hollande a été celui où elle faisait partie de la plus grande monarchie qui fût alors en Europe. La réunion au grand empire est le seul état stable où la Hollande puisse désormais se reposer de ses souffrances et de ses longues vicissitudes, et retrouver son ancienne prospérité.

Ainsi V. M. doit prononcer cette réunion pour l'intérêt, je dirai, pour le salut de la Hollande; elle doit s'associer à nos biens, comme elle çst associée déjà à vos maux. autre intérêt indique encore plus impérieusement à V. M. la conduite qu'elle doit tenir.

La Hollande est comine une émanation du territoire de la France, elle est le complément de l'empire; pour posséder le Rhin tout entier, V. M. doit aller jusqu'an Zuyderzée. Alors tous les cours d'eau qui naissent dans la France, ou qui: baignent la frontière, lui appartiendront jusqu'à la mer. Laisset dans des mains éirangères le débouché de nos rivières, c'est, sire, borner votre puissance à une monarchie mal limitée au lieu d'élever un trône impérial. Laisser dans des mains étran

Mais un

gères les embouchures du Rhin, de la Meuse et de l'Escaul; c'est lui soumettre votre propre législation; c'est rendre tributaires du possesseur de ces embouchures le commerce et les manufactures de vos états ; c'est admettre une influence étranigère sur ce qui importe le plus au bonheur de vos sujets. Lá réunion de la Hollande est encore nécessaire pour compléter le système de l'empire surtout depuis les ordres du conseil britannique de Novembre, 1807. Deux fois, depuis cette épovue, V. M. a été obligée de fermer ses douaneš au comunerce hollandais, ef par cette mesure, la Hollande a été isolée de l'empire du coötinent. Après la paix de Vienne, V. M. eut la pensée d'exécuter la réunion. Elle en fut détournée par des considérations qui cessent d'exister ; elle se contenta à regret du traité du 14 Mars, qui a aggravé lès maux de la Hollande sans reinplir aucune des vues de V. M. Aujourd'hui la barrière qui l'arrêtait s'est élevée d'elle-même. V. M. doit à son empire de profiter de cette circonstance qui amène si tiaturellement la réunion. Il ne peut y en avoir de plus favorable à l'exécution de ses vues.

V. M. a établi à Anvers un puissant arsenal. L'Escaut étonné s'enorgueillit de voir déjà vingt vaisseaux du premier rang portant le pavilion impérial, et protégeant ses rives à peine fréquentées autrefois par quelques bâtimens de commerce. Mais les vastes projets de V. M. à cet égard ne peuvent être remplies dans leur totalité que par la réuion de la Hollande; elle est nécessaire au complément d'une si nierveilleuse créatiou. Avec l'énergie du gouvernement de V. M., l'année prochaine ne sera pas finie que, par l'emploi des ressources inaritimes que fournit la Hollande, une escadre de 40 vaisseaux et un grand nombre de troupes de ligi:e, pourront être réunis sut l'Escaut et an Texel pour disputer les mers au gouvernement britannique, et repousser ses tyranniques prétensions.

Ainsi ce n'est pas l'intérêt seul de la France qui exige la réu nion ; c'est aussi celui de l'Europe continentale qui demande à la f'rauce de réparer les pertes de sa marine pour conilattie sur son propre élément l'ennemi de la prospérité de l'Europe, dont il n'a pu étouffer l'industrie, mais dont il gêne les communications par l'excès de ses prétentions et le grand nombre de ses vaisseaux. Enfin la réunion de la Hollande accroit l'empire en resserrant ses frontières qu'elle protège et en aug. mentant la sécurité de ses arsenaux et de ses chantiers. Elle l'enrichit d'un peuple industrieux, économie, laborieus, qui servira à la fortune publique en travaillant à sa fortune particulière. Il n'en est pas plus de estimable et de plus propre tirer parti des avantages qu'offrent à l'industrie les lois libérales de votre gouvernement. La France ne peut faire une plus précieuse acqnisition.

La réunion de la Hollande à la France est la suite nécessaire

de la réunion de la Belgique. Elle complète l'empire de V. M, et l'exécution de son système de guerre, de politique et de commerce. C'est un premier pas, mais un pas nécessaire vers la restauration de sa marine: enfin c'est le coup le plus sensible que V. M. puisse porter à l'Angleterre. Quant au jeune privce qui est si cher à V. M. il a déjà ressenti les effets de sa bienveillance particulière. Elle lui a domé le grand-duché de Berg. Il n'a donc besoin d'aucun nouvel établissement. J'ai l'honneur de proposer à V. M. le projet de décrct ci-joint.

Je suis, etc.

(Signé) CHAMPAGNY, DUC DE CADORE, Extrait des registres de la secrétairerie d'état.

Au palais des Rambouillet, le 9 Juillet, 1810. Napoléon, empereur des François, roi d'Italie, protecteur de la confédération du Rhin, médiateur de la confédération suisse, etc. etc. etc,

Nous avons décrété et décrétons ce qui suit;

TITRE PREMIER. Art. 1er. La Hollande est réunie à l'empire. 2. La ville d'Amsterdam sera la troisième ville de l'empire.

3. La Hollande aura six sénateurs, six députés au conseild'état, vingt-cinq députés au corps-législatif, et deux juges à la cour de cassation.

4. Les officiers de terre et de mer, de quelqnes grade qu'ils soient, sont confirmés dans leurs emplois. Il leur sera délivré des brévets signés de notre main. La-garde royale sera réunie à notre garde impériale.

TITRE DEUXIÈME.

De l'administration en 1810. 5. Le duc de Plaisance, archi-trésorier de l'empire se rendra à Amsterdam en qualité de notre lieutenant général. Il présidera le conseil des ministres et aura l'expédition des affaires.

Ses fonctions cesseront au 1er Janvier, 1811, époque à laquelle l'administration française entrera en exercice.

6. Tous les fonctionnaires publics, de quelques classe qu'ils soient, sont confirmés dans leurs emplois.

TITRE TROISIÈME.

Des finances. 7. Les contributions actuelles continueront à être perçues jusqu'au ler Janvier, 1811, époque à laquelle le pays sera dégrévé et les impositions mises sur le même pied que pour le reste de l'empire.

8. Le budget en recette et en dépense sera soumis à notre approbation avant le ler Août prochain.

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