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bonté généreuse de S. M. I. et R., et à croire que mes vous les plus ardens seront bientôt remplis. Agréez, etc.

(Signé)

FERDINAND,
Pour copie conforme.

(Signé) BERTHEMY.

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4 Juin, 1810.

Paris, le 3 Juin. Lettre de l'empereur au ministre de la police générale.

" Monsieur le duc d'Otrante, les services que vous vous avez "rendus dans les différentes circonstances qui se sont présen

tées, nous portent à vous confier le gouvernement de Rome,

jusqu'à ce que nous ayons pourvu à l'exécution de l'article " 8 de l'acte des constitutions du 17 Février dernier."

“ Nous avons déterminé par un décret spécial les pouvoirs "extraordinaires dont les circonstances particuliers où se troue "vent ces départemens, exigent que vous soyez investi. Nous “ attendons que vous continuerez, dans ce nouveau poste, a

nous donner des preuves de votre zèle pour notre service et " de votre attachement à notre personne. " Cette lettre u'étant à autre fin, nous prions Dieu, Monsieur le duc d'Otrante, qu'il vous ait en sa sainte garde." A Saint-Cloud, le 3 Juin, 1810.

(Signé) NAPOLÉON. Lettre du ministre de la police générale à S. M. I. et R.

Sire, J'accepte le gouvernement de Rome auquel V. M. a la bonté de m'élever pour récompense des faibles services que j'ai été assez heureux de lui rendre.

Je ne dois pas cependant dissimuler que j'éprouve une peine très-vive en m'éloignant d'elle: je perds à la fois le bonheur et les lumières que je puisais chaque jour dans ses entretiens.

Si quelque chose peut adoucir ce regret, c'est la pensée que je donne dans cette circoustance par ma résiguation absolue aux volontés de V. M., la plus forte preuve d’un dévouement sans borne à sa personne,

Je suis avec le plus profond respect.
Sire,

De V. M. I. et R.
Le très-humble et très-obéisant serviteur et fidèle sujet.

(Signé) LE DUC D'OTRANTE, TOME IV.

Ss

Paris, le 3 Juin, 1810.

DÉCRETS IMPÉRIAUX.
Extrait des minutes de la secrétairerie d'état,

Au palais de Saint-Cloud, le 3 Juin, 1810. Napoléon, empereur des Français, roi d'Italie, protecteur de la confédération du Rbin, mediateur de la Suisse, etc. etc.

Nous avons décrété et décrétons ce qui suit:

Art. ler. Le duc d'Otrante est nommé gouverneur-général de Rome et des départemens composant la 30e division militaire. 2. Nos ministres sont chargés de l'exécution du présent décret,

(Signé) NAPOLÉON. Par l'empereur. Le ministre secrétaire-d'état.

(Signe) H. B. duc de BASSANO.

Extrait des minutes de la secrétairerie d'état.

Au palais de Saint-Cloud, le 3 Juin 1810. Napoléon, empereur des Français, roi d'Italie, protecteur de la confédération du Rhin, médiateur de la Suisse, etc. etc.

Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :
Le duc de Rovego est nommé ministre de la police générale.

(Signe) NAPOLÉON. Par l'empereur,

Le ministre secrétaire d'état,

(Signé) H. B. DUC DE BASSANO.

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15 Juin, 1810. Copie d'une lettre du général Vandamme au ministre de la guerre, datée de Boulogne, le 11 Juin, 1810,

Monseigueur, Ce matiu j'ai eu l'honneur de faire connaitre à votre Excellence, par une dépêche télégraphique que je venais d'acquérir la certitude que le général de brigade Sarrazin, avait passé hier à l'envemi. Je ne puis que confirmer cette nouvelle, et exposer à votre Excellence les circonstances qui appartiennent à cet événement extraordinaire.

Le 10, au matin, le général Sarrazin, accompagné d'un domestique nègre, s'est embarqué à la petite Garenne, avec un pêcheur du Camier, pour faire la pêche. Arrivé au large, et ayant aperçu un brick anglais, il a forcé l'équipage de le conduire à bord de ce bâtiment, sous prétexte qu'il avait l'ordre d'aller en parlementaire. Une fois à bord du brick, il a ren

:

Toyé son équipage, après avoir donné au patron une déclaration constatant qu'il avait ordonné à ce bateau de pêche de le conduire à bord du brick anglois pour affaire de service. Ces faits sont établis par les rapports.

Dès que j'ai eu connaissance de cette désertion à l'ennemi, les mots d'ordre ont été changés dans tout l'arrondissement de l'armée; des rondes et patrouilles ont été exactement faites. J'ai, sans délai, ordonné au colonel Vincent, mon premier aide-de-camp, et au capitaine de gendarmerie, Monjovet, commandant la force publique, de se rendre eu toute ha te au camp de Gauche, où était la baraque occupée par le général Sarrazin. Tous les papiers ont été saisis; les deux aides-de-camp de ce général et ses do. mestiques, ont été envoyés devant le commissaire-général de police, ainsi que les hommes composant l'équipage du bateau le Saint-Laurent, et toutes les personnes qu'on soupçonnait avoir eu des relations avec le général Sarrazin, ou qui pouvaient don. ner des éclaircissemens sur sa conduite.

Cette détermiuation de cet officier-général a frappé toute Parmée du plus grand étonnement, et ne peut être attribuée qu'à une espèce de frénésie. Les généraux, tous les chefs, et moi. même j éprouve une surprise d'autant plus forte, que je recevais de la part de ce général les témoignages les plus certains de son zèle, de son amour pour ses devoirs, et de son désir d'assurer le bien du service de S. M. Personne ne déployait une activité plus soutenue, ne s'occupait plus que lui des détails de son commandement, et par les mesures qu'il prenait, ne portait plus à faire croire que tout ce qu'il faisait, tendait à procurer une amélioration dans le service. La veille même de sa fuite, il m'adressa le résultat de la vérification qu'il avait faite de la comptabilité des troupes qu'il commandait. Certes, Monseigneur, d'après ces témoignages parlans, il étoit de toute impossibilité de diriger le plus léger soupçon sur cet officiergénéral.

J'ai l'honneur, etc.

(Signé) VANDAMME. Pour copie conforme, Le secrétaire général du ministre de la guerre,

(Signé FRIRION. Copie d'une lettre écrite au général Harty, chef de l'état-major

du camp de Boulogne, par M. Renaud, capitaine adjoint, commandant la deuxième brigade de la quatrième division, datée d'Etaples, le 10 Juin, 1810, à dix heures du soir.

Mon général, J'ai l'honneur de vous adresser deux rapports que je viens de recevoir, relativement au passage de M. le général Sarrazin à bord d'un brick anglais, dans cette journée; une des patrouilles que j'envoie chaque jour pour surveiller le service de la côte et les batteries de la brigade que je commande, m'a conduit le pa tron et l'équipage dont s'est servi M. le général Sarrazin; je me suis empressé de faire subir un interrogatoire à ces pêcheurs. Voici leur déclaration.

M, le général Sarrazin s'est embarqué ce matin, 10 Juin, sur un bateau de Camier, qui l'attendait près du poste de la Petite-Garenne, en disant qu'il voulait aller à Etaples ; étant vis-à-vis la batterie de Danues, il passa suir un au, tre bateau, dit le Saint-Laurent, de Camier; il commanda alors au patron de cette dernière embarcation de s'éloigner du rivage pour pouvoir pêcher en allant à Etaples; aussitôt que ledit bateau fut loiu des forts, on aperçut un brick ennemi au large. M. le général Sarrazin donna l'ordre de le conduire à bord, les pêcheurs refusèrent, en alléguant pour raison, qu'il leur était défendu expressément de mener quelqu'uu chez l'enpemi; alors le général fit voir un poignard et des pistolets à la main, obligea lesdits pêcheurs à gouverner sur le brick, en disaut qu'il avait ordre de S. Exc. le général en chef d'aller en parlementaire en Angleterre ; l'équipage voyant le nègre domestique du général aussi armé, obéit et aborda le bâtiment anglais, où M. le général Sarraziu donna lui-même, par écrit, l'ordre que m'a rapporté le patron du bateau qui est revenu à terre, après cette expédition. Je garde l'original de cet ordre, qui est bien écrit de la main de M. le général Sarrazin.

Comme ces rapports et tous les renseignemens que je viens de prendre au sujet de cette affaire, out eu lieu de me surprendre, surtout par la certitude que j'ai acquise que le général Sarrazin a employé les menaces pour aller en parlementaire, j'ai l'honneur de vous prévenir que je viens de changer à l'instant les mots d'ordre et de railliement pour cette puit, dans tous mes postes de la côte, sur la droite et la gauche de la Gauche.

Espérant recevoir des ordres de vous, mon général, je vais seulement pour cette nuit, ordonner de redoubler de surveillance sur la côte; moi-même, j'irai faire nne ronde.

L'équipage du bateau pêcheur qui a conduit le général Sarrazin à bord du brick anglais, est en prisoy, et y restera jusqu'à ce que je puisse recevoir la certitude que le passage du général a été commandé par le général en chef.

(Signé) RENAUD. Pour copie conforme, Le secrétaire-général du ministre de la guerre,

(Signé) FRIRION. Copie du rapport du capitaine de la 7e compagnie de canon

niers gardes-côtes, stationnée prés d'Etaples, au capitaine Renaud, adjoint à l'état-major, employé à Etaples.

Le 10 Juin, 1810. M. le général Sarrazin s'est embarqué ce matin à la PetiteGaronne, avec un pêcheur de Camier, pour faire la pêche.

Etant au large, il a aperçu un brick anglais; il a forcé l'équí. page de le conduire à bord dudit brick, leur disant qu'il avait l'ordre du général en chef d'aller en Angleterre en parlementaire. Le batcau pêcheur est rentré à la batterie à 4 heures. Je vous fais passer l'ordre du général donné à l'équipage. Copie de la déclaration que le général Sarrazin a remise à l'é

quipage du bateau pêcheur, le Saint-Laurent. Le général Sarrazin déclare avoir ordonné à son équipage du bateau de pêche le Saint-Laurent, de Camier, de le conduire à bord d'un brick anglais, pour affaire de service. A bord du brick le Neynolas, le 10 Juin, 1810.

(Signé)

MARION.
Pour copie conforme,
Le secrétaire-général du ministre de la guerre.

(Signé) FRIRION. Copie du rapport d'un brigadier des douanes, à M. Cavalier,

capitaine des douapes à Etaples. Mon capitaine, Je vous dirai que le Général Sarrazin est passé en Angleterre: à une heure après-midi, il est entré dans un brick anglais : il a fait avancer la barque de force par les pêcheurs qui le con duisaient, en leur disant qu'il allait en parlementaire : il leur a promis qu'il viendrait après demain diner chez Madame Vergemon, à Etaples; les pêcheurs l'ont refusé ; il leur a mis le pise tolet à la gorge et le poignard à la main, lui et son nègre.

(Signé) TOLLAT, brigadier. Pour copie conforme, Le secrétaire-général du ministre de la guerre,

(Signe) FRIRTON. Ordre du jour, du 11 Juin, 1810. L'armée vient d'être témoin d'un événement le moins attendu, et qui n'a pu que la frapper de la plus vive indignation.

Le général Sarrazio s'est rendu traitre à la patrie et au souverain, qui, par ses nombreux bienfaits, a su commander la reconnaissanee et l'amour de tous les Français. Ce général a abandonné le poste qui lui était confié, pour passer chez l'ennemi. Par cet acte abominable, il se convre du plus grand opprobre, et se voue au profond népris de toutes les nations, même de celle dont il vient d'embrasser la cause. L'armée peut avoir l'assurance que toutes les mesures sont prises pour que ce crime n'ait aucun résultat fâcheux; que tous les calculs que le général Sarrazin pourroit avoir formés seront aisément renversés, et que la honte seule restera au coupable, qui a pu

fouler pieds les devoirs les plus sacrés, pour adopter des sentimens eriminels, et dignes de la punition la plus rigoureuse.

Le général en chef recommande expressément à MM. les

aux

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