Page images
PDF
EPUB

Magnæ Britaniæ regi fratri et consanguineo nostro cariss mo.

· Au revers de cette lettre est écrit ce qui suit de la main du marquis de Wellesley,

“Le soussigné, principal secrétaire d'état de S. M. B. pour Je département des affaires étrangères, atteste que cette lettre est véritablement la même que S. M. C. le roi Charles IV adressa à S. M. B. le roi George Ill sur l'événement du mariage du priace des Asturies, actuellement le roi Ferdinand VII. Cette pièce authentique est confiée aux personages qui auront l'honneur de la soumettre aux yeux de S. M. C. Ferdinand VII pour verifier leur mission." Downing-street, ce 26 Février, 1810.

(Signé) WELLESLEY.

No. V. Lettre du roi George III, et signée de sa main, au prince Fer

dinand, dont était chargé Kolli. Monsieur mon frère, il y a long tems que je cherche l'occasion de faire remettre à V. M. une lettre signée de ma propre main, pour lui faire parvenir les sentimens du vif intérêt et de la profonde douleur que je ne cesse d'éprouver depuis que V. M. est éloignée de son royaume et de ses fidèles et bons sujets. Non-obstant la violence et la cruauté dont l'usurpateur du trône de l'Espagne accable la nation espagnole, ce doit être une grand consolation pour V. M. que de savoir que son peu. ple conserve toujours sa loyauté et son attachement envers la personne de son roi légitiuie, et que l'Espagne fait des efforts "continuels pour maintenir les Jroits de V. M., et pour rétablir l'indépendance de la monarchie. Les ressources de mon royaume, mes flottes et mes armées, ne décessent d'aider les "sujets de V. M. dans cette grande cause, et mon allié le prince régent de Portugal y a contribué avec tout le zèle et toute le constance d'un tidèle ami.

Aux de bons sujets y, M., ainsi qu'à vos alliés, il ne manque que la présence de V. M. en Espagne, où sa personne ne pour tait qu'inspirer'une nouvelle énergie.

Ainsi, avec toute la franchise de l'amitié et de l'alliance qui me lie aux intérêts de V. M., je la prie de réfléchir, sur les moyens les plus sages et les plus efhcaces, pour s'arracher aux indignités qu'elle éprouve, et pour se montrer au milieu d'un peuple, qni ne respire qu'un sentiment universel pour le bonheur de V. M. et pour sa gloire.

J'ajoute à cette lettre une copie de celle de crédence que mon niinistre en Espagne doit présenter à la Juute centrale qui y gouverne au nom et par l'autorité de V. M.

[ocr errors]

Je prie V. M. de ne pas douter de ma véritable amitié, étant l'attachement le plus invariable.

Mousieur mon frère,

Votre bon frère,

(Signé) George R. Par ordre de S. M. (Signé) WELLESLEY. Au palais de la reine, à Londres, ce 31 Janvier, 1810.

No. VI. Lettre en Latin du roi George III. au prince Ferdinand, dont

était chargé Kolli. (Elle était sous la même enveloppe que celle, No. 2.)

Georgius Tertius, Dei gratia Britanniarum rex, fidei defensor, duc Brunsvicensis, ac Lunenburgensis, et princeps elector, &c. serenissimo et potentissimo principi Domino Ferdinando septimno, eadem gratiâ Hispaniarum utriusque Siciliæ et Indiarum regi catholico, &c. Fratri et consanguineo nostro carissimo salutem! Serenissime, et potentissiine princeps, frater et consanguinee carissime! Cùm nihil nobis magis cordi atque curve sit, quam nt antiquam illam inter coronas nostras amicitiam jain feliciter restitutam, omni modo sustentemus atque augeåmus, et solitam istam, inter subditos nostros con'suetudinem et commercium, ex quibus in onini tempore utrique genti utilitates quam maximè extiterunt, mutuis officiis iterum Horere faciamus; quin etiam et ut mutuâ ope et consilio bellum quod adversus communem hostem gerimus, ad faustum exitom perducamus; virum aliquem idoneum nostra ex partie in majestatis, aulam vestræ legare, qui tam nobilitate generis, quam animi dotibus insignis, propensain insuper, quæ in nobis est ergà majestatein vestram voloatatem palan manifestaret.

Hunc igitur in finem per quam fidelem et dilectum consilia arium nostrum Henricum Wellesley armigerum, ex nobile stirpe natum, seleximus; atque oblegati nostri extraordinairii et ministri plenipotentiarii ad majestatem vestram dignitate ornavimus confisi non nisi gratam majestati vestræ fuluram esse talem electionem. Quod super est majestatem vestram precamur, ut hunc oblegatum postrum extraordinarium et ministrum plenipotentiarium propitio anino accipiat, neque quidquam ei magis impense mandatum credut, quam et omnibus inodis studium et amicitiam nostram erga majestatem vestram exhibeat. Denique divini numinis tutelæ inajestatem vertram domumque suam regiam commendamus, et ut sospitem incolumemque ab omnibus periculis conservet enixè ex animo precaaur.

Dabantur in castello nostro regali Windsoriæ, die tertio mensis Jannarii, anuo domini millesimo octingentessiino decimo, reynique nostri quinquagesimo. Majestatis vestræ frater amantissimus,

GEORGE'S R. (Vera copia.)

WELLESLEY.

No. VII. Lettre de M. de Barthemy, a S. Exc. le ministre de policë

generale. Monseigneur, J'ai l'honneur de rendre compte à V. Ex. que le 25 Mars dernier, LL. AA. RR. les princes d'Espagne me firent l'honneur de me communiquer par M. de Amezaga, leur premier écuyer, des notes, par lesquelles LL. AA, une manifestaient qu'elles avaient à cour d'exprimer la joie vive et pure que leur faisait éprouver le mariage de S. M. l'empereur et roi avec S. A. I. et R. Madame Marie-Louise, archiduchesse d'Autriche; et dans cette occasion, de donner des témoignages éclatans de l'amour et de l'attachement parfaits qu'elles ont voués à la personne auguste du grand Napoléon, LL. AA. RR. ayant bien voulu me manifester de vive voix les sentimens qu'elles avaient démonstrés par écrit, je me suis entendu avec le premier écuyer de LL. AA. pour régler cette auguste cérémonie, aussi bien que les localités pouvaient le comporter.

Le ler Avril, à six heures du matin, une décharge d'artil. lerie a annoncé le jour de cette fête solennelle. A huit heures il y a én parade dans la première cour du château ; j'ai été content de la tenue des troupes. A dis heures, je ine suis rendu, avec le premier écuyer de LL. AA, et les autorités civiles de Valançay, à l'église de cette ville, dans trois magnifiques voitures. Les habitans s'y étaient rendus en foule. La garnison forinait une double ligne du portail à l'autel. La grand-messe et le Te Deum d'après la perniission de l'archevêque du département de l'Indre ont été chantés en musique. Le très-saint-sacrement a été exposé, et l'office divin a été terminé par des prières pour LL. MM. II. et RR. Sur mon passage et à l'église, on n'a cessé de crier vive l'empereur ! vive l'impératrice! avec le plus grand enthousiasme.

Le cortege s'est rendu de l'église de Valençay à la chapelle du château. Les autorités placées, et la troupe rangée en haie des appartemens de LL. AA, à autel, je me rendis avec le premier écuyer dans le grand salon, où je trouvai les princes, que j'eus l'honneur de conduire aux places qui avaient été marquées. L'artillerie s'est fait entendre, et s'est répétée d'heure en heure. A midi, l'annônier de LL. AA. officia ; un Te Deum fut chanté en musique, et la cérémonie fut terminée par des prières pour la conservation de LL. MM. II. et RR. Avant de quitter la chapelle, le prince Ferdinand s'est tourné vers les assistans, et a crié à plusieurs reprises, vive l'empereur ! vive l'impératrice! Nous avons aussi répété ces cris avec allégresse et enthousiasme.

A une heure, j'ai reconduit, accompagné du premier écuyer de LL. AA. les prioces, dans leurs appartemens. A une heure et denie j'ai fait exécuter quelques manœuvres devant LL. AA.

Les feux de l'infanterie ont été assez bien exécutés. La ca. yalerie a besoin de travailler. Ensuite, j'ai eu l'honneur de présenter à LL. AA. M. le préfet de Loiret Cher, invité par elles

, MM. Lefebvre, receveur-général du département de Loir-et-Cher, Gordeau d'Entraigues, président de canton, lé maire et l'adjoint de Valençay, le juge-de-paix du canton et MM. les officiers de la garnison. LL. AA. ont daigné me témoigner leur satisfaction sur les manœuvres.

A quatre heures je me rendis avec M. le préfet de Loiret.
Cher dans le premier salop, ayant été invités à diner avec
LL AA.
Les toasts suivans ont été portés :

Le prince Ferdinand. A nos augustes souverains, le grand Napoléon et Marie-Louise son auguste épouse.

Le prince Charles. Aux deux fainilles impériales et royales de France et d'Autriche.

Le prince Antoine. A l'heureuse union de Napoléon le grand et Marie-Louise.

A cinq heures nous eùmes l'honneur de prendre congé de LL. A 4. M. d'Amezaga leur premier écuyer, a offert de leur part à chacun des officiers de la garnison, une montre à répétition. Les sous officiers de la garnison et les soldats trois francs. Le prince Ferdinand a en outre ordonné une dot de 600 fr. pour la fille du canton la plus vertueuse et la plus pauvre.

LL. AA. ont pareillement ordonné de faire habiller à leurs frais

, buit garçons et huit filles lors de leur première communion, à Paques prochain.

A six heures a eu lieu le banquet des officiers de la maison, présidé par M. le premier écuyer auquel avaient été invitées les antorités civiles et autres personnes marquantes.

A sepi heures, les princes me firent demander pour les accompagoer dans la salle du banquet. Des toasts furent portés en leur préseuce,'et LL. AA. y applaudirent avec beaucoup d'enthousiasme. Je vais seulement rapporter à V. Exc. celui du premier écoyer M. d'Amezaga.

" A Napoléon le grand et Marie-Louise, la gloire et les " délices de la France et d'Allemagne. Veuille la Providerice " divine leur accorder une vie longue et heureuse ;"

Dans cette salle était le portrait de S. M. l'empereur et roi, richement et élégainment décoré.

A hait heures j'eus l'honneur d'accompagner LL. AA. voir les illuminations. Tout le châtean, le parc et les trois cours, au moyen de 8 à 9000 lampions, produisaient un bel effet. Le peaple n'a cessé de crier vive l'empereur ! vive l'impératrice !

A huit heures et demie, LL. AA, se sont rendues dans la petite galerie, où toutes les personnes invitées les attendaient. Un très-beau feu d'artifice a été trié heureusement sans pluie,

Le peuple a ensuite pénétré dans la seconde cour où on lisait cette inscription placée sur la principale porte d'entrée.

A sa majesté l'empereur des Français, roi d'Italie. А son auguste épouse, Marie-Louise d'Autriche. Les priocés d'Espagne, Ferdinand, Charles, Antoine,

LL. A A. se sont ensuite rendues daos leurs appartemens, ou elles ont entendu un concert très-bien exécuté. Les personnes du banquet y ont assisté.

A onze heures, LL. AA. son rentrées dans leurs petits appartemens. C'est ainsi, Monseigneur, que s'est passée Is journée d'hier.

Je suis avec un profond respect,
Monseigneur, de votre excellence,
Le très-humble et très-respectueux serviteur,

(Signé) BERTHEMY. Valençay, 2 Avril, 1810.

No. VII.

Copie de la lettre adressée par le prince Ferdinand, à M. le chef d'escadron, Berthemy, gouverneur de Valençay.

Valançay, le 4 Avril, 1810, Monsieur, Désirant conférer avec vous sur divers objets qui m'occupent dès long-tems, je vous prie de venir à trois heures après-midi chez M. d'Amezaga, notre premier écuyer. Cette personne jouit seule de notre confiance entière et justensent méritée depuis long-tems à cause de sa conduite excellente sous tous les rapports, et de la connaissance parfaite qu'il possède de nos affaires, lesquelles il a toujours dirigées à notre grand satisfaction et à notre avantage.

M. d'Amezaga qui, de ma part, a eu l'honneur de vous, parler des objets susdits, et d'autres qui nous coacernent, m'a dit que vous en êtes à présent informé. Ainsi, Monsieur, notre conférence sera courte, et ne vous détournera pas de vos affsires.

Ce qui m'occupe maintenant est pour moi du plus grand intérêt. Mon premier désir est de devenir le fils adoptif de S.M. l'empereur, notre auguste souverain. Je me crois digne de cette adoption, qui serait véritablement le bonheur de ma vie, par mon amour et mon attachement parfaits pour la per, sonne sacrée de S. M. comme par ma soumission et mon obéissance entière à ses intentions et à ses ordres. Je désire en oltre bien arden ment sortir de Valançay, parce que cette ré, sidence qui n'a rien que de triste pour nous, ne nous convient . d'ailleurs sous aucun rapport.

J'aime à me confier dans la grandeur des procédés, dans la

« PreviousContinue »