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Sur quoi, je prie Dieu, monsieur et frère, qu'il vous ait en sa sainte garde.

Monsieur, mou frère,

De V. M.I. et R.,
Le très-affectionné frère,

(Signé)

CHARLES. Compiégne, ce 19 Juin, 1808.

No, VIII. Lettre du Roi Charles à l'Empereur. Monsieur, mon frère, J'ai trouvé Compiégne ce que je pouvais le désirer; le palais vaste et commode, le pays riche, la campagne riante, la forêt aussi étendue que belle, les promenades nullement pénibles et toutes variées et fort agréables; mais une fatale expérience m'a fait malheureusement connaître que le séjour de Compiégne dérange chaque jour ma santé, et qu'il ne me sera pas possible de passer l'hiver dans ce climat, sans m'exposer à perdre l'usage de mes membres pour le reste de ma vie. La conservation de ma santé devenant un des premiers devoirs ; après avoir cousulté sur mon état les médecins les plus habiles, je désirerais m'approcher, avant l'automne, d'un des climats les plus doux de la France. On m'a indiqué la ville de Nice. Ainsi je demande à V. M, si elle croit possible et convenable, que je m'y établisse, avec ma suite, pendant les mauvais mois de l'année. J'atteuds de l'amitié de V. M. I. et R, cette nouvelle marque de l'intérêt que la santé de son bon ami lui inspire.

Sur ce je prie Dieu, monsieur, mon frère, qu'il vous ait eu sa sainte et digne garde. Monsieur, mon frère,

De V. M. I. et R.
Son très-affectionné frère et ami,

(Sigué) CHARLES, Compiégne, le 5 Juillet, 1808,

No. IX. Lettre du Roi Charles IV à l'Empereur. Monsieur, mon frère, Avant de faire réponse à la très-gràcieuse lettre de V. M.I, et R. du 15 Juillet, j'ai voulu consulter les médecins de Paris, afin d'instruire V. M. de leur opinion sur l'état actuel de ma santé. Ils ne m'ont rien dit de bien consolant, et cela m'inquiète ; mais l'assurance positive que je reçois de V. M. I. et Ř. sur le grand intérêt qu'elle prend à tout ce qui me touche, adoucit mes maux et calme mon esprit au milieu de mes soutfrances. Les gens de l'art regardent Nice comme le pays qui convient le plus à ma santé. La bonté de ce climat, depuis Octobre jusqu'au mois de Mai, est reconnue, et je vais en faire J'essai. Si ma santé se soutient pendant l'hiver, mes désirs seraient d'éviter l'été prochain, la trop grande chaleur des pays méridionaux de la France, et de m'approcher, durant la belle saison, du séjour habituel de V.M., en m'y rendant, si elle le juge convenable, et si je snis en état de supporter les fatigues du voyage, à ce même château de Compiégne, que je ne quitte qu'à regret, et que je n'aurais jamais pensé à quitter, si l'état de ma santé n'eût exigé pour l'hiver, une demeure moins froide et moins humide que cet agréable palais.

Je prie Dieu, monsieur, mon frère, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

De V. M. I. et R.,

Le bon frère,

(Signé) CHARLES. A Compiégne, le 5 Août, 1808.

No, X. Lettre de la Reine Louise à l'Empereur. Monsieur, mon frère, Chaque jour, V. M. I. et R. veut bien, dans sa bienveillance, nous donner de nouvelles preuves de son amitié, et du grand intérêt qu'elle prend à tout ce qui nous touche. Je la prie d'agréer la plus vive expression de ma reconnaissance, au sujet des ordres donnés pour le voyage du roi'; car il m'est déinontré que sa vie dépend de ce voyage. Nous quittons Compiegne à regret, mais nous comptons en y revenant, nous approcher de nouveau du séjour ordinaire de V. M. I. et R., je ciel le veuille. Je dois le désirer ardemment, ceci ne pou. vant pas avoir lieu, sans une très-grande amélioration dans la santé du roi, objet de tous mes væux.

Sur ce, je prie Dieu, qu'il vous ait, Monsieur, mon frère, en sa sainte et digne garde.

Monsieur, mon frère,
De V. M. I. et R.,
Sa très-affectionnée sæur,

(Signe) LOUISE. Compiégne, ce 6 Août, 1808.

No. XI. Lettre de la Reine Louise à l'Empereur. Monsieur, mon frère,- Nous voilà déjà arrivés à Marseille, on, pour mieux dire, à ses environs. Nous sommes à la campagne qui nous plaît assez, et nous y jouissons de la bonté du climat, qui est, dans la situation où le roi se trouve, le plus grand bé. néfice dont vous pouvons jouir. Bien persuadé, d'après ce que V. M. I. et R. a daigné nous mander que nous trouverons ici une température presqu'égale à celle de Nice; et vu que le roi, sans éprouver un grand soulagement, commence cependant à se porter sensiblement mieux, nous sommes décidés à ne pas aller plus avant, et nous n'attendous, pour vous transférer à Marseille, que notre logement y soit préparé.

Là et partout où nous soyons, je regarderai toujours comme nu bonheur le plaisir de recevoir des nouvelles de V. M. I. et R., et de la savoir bien portante dans la plus beureuse situatiou. De mon côté, je me ferai le plus agréable devoir de faire parvepir à V. M. I. et R. des nouvelles de la nôtre; et en attendant je le prie d'agréer l'expression sincère de tous mes sentimens, avec lesquels, je prie Dieu, Monsieur, mou frère, qu'il vous ait dans sa sainte digne garde,

Monsieur, mon frère, de V. M. I. et R.,
Le très-affectionnée scur,

(Signé) Louise, Au cháteau de Saint Joseph, le 24 Octobre, 1808.

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No. XII. Lettre du Roi Charles IV à l'Empereur. Monsieur, mon frère, Malgré que l'état de ma santé m'empêche presque la faculté de tenir la plume (tant il est douloureux), je ne saurois cependant me priver du plaisir de féliciter V. M. I. et R. pour ses heureux succès dans sa dernière campagne, ainsi que pour son retour à la capitale de son empire. Puisse, au moins, l'entière tranquillité du continent être le fruit de ses travaux, comnje je m'en flatte, et j'aurais cette douce consolation dans les peines qui m'accablent.

Sur quoi, je prie Dieu, Monsieur, mon frère, qu'il ait V.M. I. et R. dans sa sainte et digne garde,

Monsieur, mon frère,
De V. M. I. et R,
Le très-affectionné frère,

(Signe) CHARLES, Marseilles, le 7 Février, 1809.

No. XXIII, Lettre de la Reine Louise à l'Empereur. Monsieur, mon frère, J'ai bien du plaisir à me rappeler au souvenir de V. M. I. et R., et j'aime à avoir des occasions de lui prouver combien je prends intérêt à tout ce qui a quelques rapports à sa gloire et à son bonheur. Les derniers heureux succès obtenns par les armées de V. M. I. et R. en Espagne, l'entière expulsion et défaite des Anglais, et l'arrivée de V. M. I, et R, à sa capitale,

sont pour moi autant de motifs agréables pour venir féliciter à V. mi. I. et R., et la prier de daiyner agréer la sincérité de mes vaux et de mes sentimens. Le roi les partage dans le fond de son ceur, mais le pitoyable état de sa santé lui accorde à peine le loisir d'en donner à V. M. 1. et R. le faible, mais sincère té, moignage. Peut-être, le retour de la belle saison lui sera plus favorable, ou moins terrible, et nous nous proposons, pour lors, d'en profiter, pour que le roi puisse aller prendre les eaux de Greoulx, qui ne sont qu'à douze lieues d'ici, el que tous les médecins qui l'ont vu et examiné conviennent, dans leurs consultations, qu'elles doivent lui procurer le plus heureux souJagement.

Nous comptons toujours, Monsieur mon frére, sur l'agrément de V. M. I. et R.; et je me flatté qu'elle daignera nous en procurer tous les moyens, avec la générosité troy obligeante dont elle a daigné nous combler jusqu'à présent. Je la prie encore de ne pas nous priver du plaisir de recevoir de ses trèschères nouvelles; et j'ose espérer que V. M.-L. et R. ue nous fera pas languir dans cette atiente.

Sur quoi je prie Dieu, Monsieur, mon frère, qu'il vous ait dans sa sainte et digne garde. Monsieur, mon frère, de V. M. I. et R: La très-affectionnée seur,

(Signé) Louise. Marseilles, 7 Février, 1909.

8 Février, 1810. DÉCre's IMPÉRIAUX.

Au palais des Thuileries, le 21 Janvier, 1810. Napoléon, empereur des François, roi d'Italie, proiecteur de la confédération du Rhin, etc, etc, etc.;

Sur le rapport de notre ministre de la police générale.
Notre conseil d'état entendu;
Nous avons décié:é et décrétons ce qui suit:

TITRE PREMIER.
Des auditeurs attachés au ministère de la police générale.

Section 1. De leurs fonctions près les conseillers d'état. Art. 1. Les auditeurs attachés au ministère de la police générale et aux quatre conseillers d'état chargés chacun d'ım arrondissement, pourront être chargés par ces conseillers d'état des fouctions suivantes.

2. 1'. De faire à l'arrivée le dépouillement de tonte la cor. respondance, et d'en met me l'analyse sous les yeux des conseillers d'état.

2o. De faire les réponses dont les conseillers d'état leur confieront la rédaction;

3o. De faire les rapports que les conseillers d'état des charge ront de rédiger, soit pour le ministre seul, soit pour le conseil, composé du ministre et des quatre conseillers d'état, où le secrétaire-général, tient la pluine ;

4o. De travailler à l'instruction de toutes les affaires relatives aux troubles qui pourraient être apportés au libre exercice des divers cultes, et à la violation des lois et réglemens y relatifs, soit par les individus qui professent ces cultes, soit par leurs ministres;

5o. De travailler à l'instruction de toutes les affaires touchant la contrebande et les contraventions aux lois et réglenens sur les douanes;

6o. De faire subir les interrogatoires auxquels ebaque conseiller d'état ne procédera pas lui-même.

Section II. Fonctions des Auditeurs pour le service général du ministére.

3. Notre 'ministre de la police générale pour charger un des auditeurs attachés à son ministre de procéder aux interrogagatoires ordonnés par lui; à l'effet de quoi, il désignera, pour chaquc affaire, l'un des auditeurs attachés à l'arrondissement où elle aura lieu.

4. Toutes les fois que les circonstances l'exigeront, le ministre pourra envoyer les auditeurs en mission, soit pour recueillir des notions générales, soit pour vérifier des faits particuliers, soit pour mettre en état sur les lieux les affaires qui auraient besoin d'une instruction spéciale.

5. Ils pourront être chargés de la visite et inspection des dépôts de niendlicité, des maisons de force, et prisons,

6, Ils pourront préparer les rapports sur les affaires contentieuses du ministère, spécialement sur celles qui sont renvoyées au conseil d'état.

7. Trois d'entre les auditeurs attachés au ministère de la police, seront chargés, chaque aunéc, par le ministre, de la révision et vérificativu de la comptabilité relative aux droits perçus pour la délivrance des permissions de port d'armes et des passeports.

TITRE DEUXIÈME. Des fonctions des Auditeurs attachés à la préfecture de police,

Section 1. Function à l'ágard des personnes arrêtées ou détenus, et des

étrangers ou voyageurs. 8. Les individus arrêtés par ordre du préfet de police, ou conduits à la préfecture, qui ne seront pas interrogés par le

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