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footre son abdication, prétendant qu'elle n'avait pas été volontaire. Le prince n'ayant accepté la couronne que dans la persuasion que l'abdication était libre, fut à peine assuré de Texistence de cette protestation, que son respect filial le détermina à rendre le trône; et peu après, le roi son père y rebooça en son nom et au nom de toute sa dynastie en faveur de l'empereur des Francais, afin qu'ayant en vue le bien de la nation, l'empereur choisit la personne de la dynastie qui devait l'occuper à l'avenir.

Dans cet état de choses LL. AA. RR. considérant la situation dans laquelle elles se trouvent, et les circonstances critiques où l’Espagne est placée; considérant que, dans ces circonstances, tout effort de ses habitans, à l'appui de leurs droits, serait non-seulement inutile, mais funeste, et qu'il ne servirait qu'à faire répandre des ruisseaux de sang,

à assurer la perte toute au moins d'une grande partie de ses provinces et celle de toutes ses colonies d'outremer; s'étant convaincues que le moyen le plus efficace pour éviter de tels inaux, serait que chacune de LL. A A. consentit, en son nom et en tout ce qui lui appartient, à la cession de ses droits au trône, cession déjà faite, par le roi leur père; réfléchissant également que sa dite majesté l'empereur des Français s'oblige, dans cette sapposition, à conserver l'indépendance absolue et l'intégrité de la monarchie espagnole, ainsi que de toutes ses colonies d'outremer, sans se réserver, ni démeinbrer la moindre partie de ses domaines ; qu'elle s'oblige à maintenir l'unité de la réligion catholique, les propriétés, les lois et les usages ; ce qui assure pour, et d'une manière inconstestable, la puissance et la prospérité de la nation espagnole; LL. AA. croient louge tems donner la plus grande preuve de leur générosité, de l'amour qu'elles lui portent et de leur empressement à suivre les mouvernens de l'affection qu'elles lui doivent, en sacrifiant en tout ce qui leur appartient, leurs intérêts propres et pere sonnels à l'avantage de cette nation, et eu adhérant par cet acte, comme ils ont adhéré, par une convention particulière, à la cession de leurs droits au trône, Elles délient en conséquence les Espagnols de leurs obligations à cet égard, et les exhortent à avoir en vue les intérêts communs de la patrie, en se tenant paisibles, en espérant leur bonheur des sages dispositions et de la puissance de l'empereur Napoléon. Par leur empresse inent à se conformer à ces dispositions, les Espagnols doivent croire qu'ils donneront à leur prince et aux deux infans le plus grand témoignage de leur loyanté, comme LL. AA. RR, leur donnent le plus grand témoignage de leur tendresse paternelle, en cédant tous leurs droits, et en oubliant leurs propres intérêts pour les rendre heureux, ce qui est l'unique objet de leurs désirs.

(Signés.) Io el principe CARLOS, et ANTONIO. Bordeaux, le 18 Mai, 1898.

No. VII. Lettre du prince Ferdinand à l'infant D. Antonio, de Bayonne

le 28 Avril, 1808. Mon cher Antoine, J'ai reçu la lettre da 24 et j'ai lu la copie de la lettre de Murat, et ta réponse, dont je suis satisfait. Je n'ai jamais douté de ta prudence, et de ton attachement à ma personne, et ne sais comment t'en récompenser. J'ignore comment tout ceci finira ; je désire que ce soit bientót, et surtout à la satisfaction de tous. Je te préviens que l'empereur à dans les mains une lettre de Marie-Louise, qui porte que l'abdication de mon père a été forcée; fais comme si tu l'ignorais, mais conduis-toi en conséquence, et tâche que ces maudits Français ne te fassent aucun trait de leur méchanceté. Je suis ton frère affectionneé, etc,

(Signé) FERDINAN).

QUATRIÈME PARTIE. Lettres de prince Ferdinand à l'Empereur, depuis son arrivée

à Valencia; du roi Charles et de la reine Louise, depuis leur arrivée en France.

No. 1. Monsieur mon frère,–Nous sommes arrivés, mon-très-cher oncle et mon frère, ce matin à onze heures heureuseinent dans cette résidence, où M. le prince de Bénévent, ainsi que la princesse, nous ont témoigné le plus grand empressement de nous être agréables.

Je me hâte d'en rendre compte à V. M. I. et R. c'est un hommage qui lui est bien dů, et qui répond parfaitement aux vaux de mon coeur pour la personne de V. M. I. et R. les infans mes très-chers frères partagent mes sentimens, et me chargent d'en être l'organe auprès de V. M. I. et R.

Je la prie d'en être bien persuadée et de me croire avec la plus haute considération. De V. M. I. et R. le bon frère,

(Signé) FERDINAND. Valencia, le 18 Mai 1808.

No. II. Lettre du prince Ferdinand à l'Empereur. Sire, J'ai recu avec bien du plaiser la lettre de V. M. I. et R. datée du 15 du courant. Je lui rends grâce des expressions affectueuses dont elle m'honore, et sur lesquelles j'ai compté toujours, et je les répéte à V. M. I. et R. pour sa bonté en

faveur de la demande du duc de San Carlos et de Macanaz, que j'ai eu l'honneur de lui recommander.

Je fais aussi à V. M.-I. tant au nom de mon frère et de mon oncle qu'au mien, des complimens bien sincères sur la satisfaction qu'elle a eue dans l'installation de sou cher frère sur le trône d'Espagne; l'objet de tous nos désirs ayant été toujours le bonheur de la natiou généreuse qui babile ce vaste royaume, Dous ne pourrons voir à sa tête un monarque si digne et si propre par ses vertus à le lui assurer, sans en ressentir la plus grande consolation. C'est le sentiment et le désir d'être honorés de son amitié, qui nous ont portés à lui écrire la lettre adjointe, que je prends la liberté d'envoyer à V. M. I. en la priant qu'après l'avoir lue elle daigne la présenter à S. M. C. Une médiation si respecteble nous assure qu'elle sera reçue avec la cordialité que nous souhaitons.

Excusez, Sire, cette liberté, qui doit son origine à la confiance sans bornes que V. M. I. et R. nous a inspirée, et assurée de toute notre affection, et de tout notre respect per. mettez que je lui en renouvelle les plus sincères et invariables sentimens avec lesquels.

J'ai l'honneur d'être,

Sire,
De V. M. l. et R.
Les très-humble et tres-obéissant serviteurs,

(Signé) FERDINAND. Valencia, le 22 Juin, 1808.

No. III. Lettre du prince Ferdinand à l'empereur. Sire, J'ai reçus avec hien de la reconnaissance la lettre D.V.M. I. et R. du 20 du mois courant, dans laquelle elle daigne m'assurer la prompte expédition de ses ordres pour mes affaires.

Mon oncle et mon frère ont été charmés comme moi de l'annonce de l'arrivée de V. M. I. et R. à Paris, qui nous sapproche de sa présence; et puisque, quelle que soit la route, elle doit passer près d'ici, nous regarderions comme une bien grande satisfaction que V. M. I. et R. eût la bonté de nous permettre d'aller à sa rencontre, et de lui renouveler personnellement nos hommages à l'endroit qu'elle désignat,, pourvu que cela ne l'incommodât pas. V.M. I. et R. excusera ce désir inséparable du sincère attachement et du respect avec lese quels j'ai l'honneur d'être. Sire,

De V. M. I. et R.
Le très-humble et très-affectionné serviteur,

(Signe)

FERDINAND. Valencia, le 26 Juillet, 1808.

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No. IV. Lettre du prince Ferdinand à l'empereur. Sire, Le plaisir que j'ai eo en voyant dans les papiers publics les. victoires dont la Providence couronne nouvellement l'auguste tête de V. M. I. et R, et le grand intérêt que nous prenons, mon frère, mon oncle et moi dans la satisfaction de V. M. I. et R. 104 portent à la feliciter avec respect. L'amour, la sincérité et la reconuaissance dans lesquels nous vivons, sous la protection de V. M. I. et R.

Mon frère et mon oncle me chargent de vous offrir leur reapectueux hominage, et s'unissent à celui qui a l'honneur d'étre avec la plus haute et respectueuse considération,

Sire,
De V, M. I. et R.
Le trés-humble et très-obéissant serviteur,

(Sigue)

FERDINAND Valencia, le 6 Aout, 1809.

No, V. Lettre du prince Ferdinand à l'empereur. Sire, Ma respectueuse reconnaissance aux bontés de V. M. I. et R. est bien sincère pour que je puisse différer un seul moment sle répondre à la lettre dont vous m'honorez, Jatec du 16 de ce mois.

Je rends grâces à V. M. I. et R, pour l'intérêt et l'amonr paternel que votre auguste personne prend en ma faveur; et sur lesquels je compte toujours.

Mon attachement à V. M. 1. et R. et ma conduite ne dé. mentiront jamais les segumens et l'aveugle obéissance aus ordres et désirs de V. M. I. et R.

Sire, je dépose dans le seiu de V. M. I. et R, les veux les plus ardens pour la prospérité de son règne, et les sentimeus du dévouement les plus respectueux et le plus absolu pour votre auguste personne, Sice, De V. M. I. et R. Les très-bumble et très-obeissant serviteur,

(Sigué) FERDINANG, Valencia, le 21 Décembre, 1809.

No. VI. Lettre de la reine Louise à l'empereur, Monsieur mon frère, Notre voyage a été heureux, et nous l'avons fait avec toute la commodité possible, La bienveillance de V. M. et son

amitié pour nous, nous ont accompagnés depuis Bayonne jusqu'à Fontainebleau. Le roi a assez souffert en route, et depuis son arrivée ici il souffre encore beaucoup; mais j'espère que le repos lui procurera sous peu de jours quelque soulagement à ses maux. Je n'ai qu'à me louer des personnes qui nous ont suivies par disposition de V. M. I. et R. depuis Bayoone ; de celles qui nous ont reçus au palais impérial de Bordeaux, et dans ce château. Leurs soins, leurs empressements à nous être utiles, leurs attentions jamais interrompues, et surtout leurs égards, ont été et sont pour nous chaque jour les fidèles interprètes des bons sentimens de V. M. I. et R. envers nous.

Sur ce, je prie Dieu, monsieur mon frère qu'il ait V. M. I. et R. dans sa sainte et digne garde. De V. M. I. et R. Sa bonne et affeciionnée scur,

(Sizné) Louise. Au palais de Fontainebleau, ce 26 Mai, 1808.

No. VII. Lettre du roi Charles IV. À l'empereur, Monsieur mon frère, Nous voilà donc arrivés à Compiégne sans que le moindre événement eùt survenu dans le voyage. Toute ma famille se porte heureuseinent à merveille, et c'est uniquement sur moi que les souffrances se sont appesanties. J'espère cependant que le changement de climat et les douceurs de la vie paisible que je meuerai ici, seront favorables au rétablisseinent de ma santé.

D'abord je trouve fort agréable le palais, et c'est avec plaisir que j'y remarque partout l'empreinte de vos prévenantes dispositions.

Le généra! Reille, aide-le-camp de V. M. I. et R. sera le porteur de cette lettre ; je le charge de l'honneur de présenter mes complimens à V. M.I. et je la prie d'en agréer toute la sincérité. Ce digne général, ainsi que les autres officiers du palais qui nous ont rendu les honneurs, se sont conduits d'une manière digne de leur maître, et on ne peut pas assez louer l'obligeant empressement qu'ils ont en à votre égard, pour pous rendre agréables leurs services et notre séjour à Fontainebleau. Je prie V. M. I. et R. de vouloir bien agréer l'expression de ina reconnaissance et de mon sincère attacheinent pour elle, et j'espère que V. M, I. aura la complaisance de sépoudre à mon désir de recevoir de ses nouvelles.

TOME IV,

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