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particulière à l'ancien Piémont ou à la Ligurie. Nous ne pouvons avoir que des dettes communales, départementales ou nationales : les anciennes dettes de ces pays doivent être rangées dans une de ces trois classes.

En les mettant au nombre des dettes nationales, et en les inscrivaut au grand livre de la dette publique française, on leur doppait tout d'un coup une augmentation de valeur de plus de trente à quarante pour cent, et l'on s'exposait au dauger de voir les possesseurs de ces nouvelles inscriptions s'empresser de les réaliser par des ventes, et par là, porter atteinte au crédit du tiers consolidé.

Un autre inconvénient qui en serait résulté, c'est que les domaines nationaux qui sont le gage naturel de ces dettes, seraie:t restés entre les mains de l'administration, dans lesquelles ils dépérissent lorsque le paiement des arrages aurait continué de gréver le trésor public. Il a donc paru convenable

a de faire inscrire sur le grand livre de la dette publique frauçaise la moitié seulement de ces dettes, et d'amortir le surplus, en lui donnant sou écoulement en acquisitions de domaines nationaux.

La mesure prise pour la dette de Toscane a été plus générale. Oo a affecté à son amortissement une masse de domaines nationaux de valeur égale. Tout le pays a applaudi á cette mesure.

En second lieu, la liquidation générale de la dette publique, est un de ces établissemens nécessités par les circonstances produites par la révolution. De sa nature il ne pouvait être que temporaire ; et les lois de déchéance, successivement prononcées, avaient eu pour but d'en accélérer le terme.

Cependant, depois 20 ans, cet établissement existe; et quel qu'ait été le zèle de ceux qui ont été appelés à la diriger, il leur a été impossible d'en terminer tous les travaux.

Pendant le tenis du papier-monnaie, et surtout à l'époque de son discrédit, la plupart des créanciers, loin de presser leurs liquidations, cherchaient à les retarder, et s'exposaient plutôt aux dangers de la déchéance, que de recevoir en paiement des valeurs presques bulles.

Les vérifications du service de quelques compagnies de fournisseurs, ayant fait reconnaître que ces derniers avaient grossi leurs productions, de plusieurs millions de pièces fausses, on a dù porter dans l'examien des autres services, l'attention la plus severe; et lorsque les entrepreneurs ont eu à redouter que l'on démasquát leur brigandage, ils ont aussi cherché les moyens de ralentir la marche des travaux de la liquidation.

Un grand nombre de créances plus ou moins incertaines, ou assez modiques, pour que les créanciers ne voulussent pas se donner la peine d'en suivre la liquidation, restaient dans les bureaux, sans qu'il pût être fait de rapports, et pris de décision définitives.

Enfin un nombre infini de réclamations en réparations, or indemnités des donimages et des pertes, occasionnés par les réquisitions, les appréhensions, et tous les désordres qui ont accompagnés les tems révolutionuaires, et ceux de la guerre civile dans plusieurs départements, ne pouvaient plus étre ni vérifiées, ni être mises à la charge du trésor.

Il fallait donc ou laisser se prolonger indefiniment la liquidation générsel, ou y mettre un terme, en réglant, toutefois, de la manière la plus équitable, ce qu'il était possible de faire pour les créances non encore liquidées.

Le décret du 25 Février, 1808, a ou pour objet d'atteindre ce but.

Les liquidations faites jusqu'à cette époque, présentaient depuis 1790 jusqu'à l'établissement du conseil de liquidation, au mois de Messidor an 10, en capital. 5,718,744, 250 fr.

Celles faites depuis l'établissement du conseil de liquidation, jusqu'au 1er Janvier, 1808, présentent en capitaux de creancés

402,905,278fr. En rentes viagères

761,019 En pensions

23,016,777 En exécution du décret du 25 Février, 1808, le conseil géa néral de liquidation , pendant les années, 1808 et 1809, liquidé en capitaux de créances

88,491,702fr. En rentes viagères

510,600 En pensions

1,335,000 Il a prononcé, depuis son établissement, contre divers compo tables et parties qui avaient reçu des fonds d'avance, des condanınations de remboursemens, pour plus de 40 millions ;

Il a prononcé le rejet de demandes, nun justifiées, évaluées à 420 millions ;

Il a compris dans les états sommaires, formés d'après les dispositions du décret impérial du 25 Février, 1808, les demandes inadmissibles en liquidation, évaluées à 680,000,000fr.

Il ne restait donc plus au 1er Janvier, 1810, qu'à renvoyer à la cour des comptes, les comptabilités non assurées, et à supprimer définitivement la liquidation générale. Mais les observations qui ont été soumises à S. M. sur diverses natures de créances, auxquelles il paraissait trop rigoureux d'appliquer les dispositions du décret du 25 Février, ont donné lieu au décret du 13 Décembre dernier, qui admet differentes exceptions, sur lesquelles le conseil-général de liquidation est tenu de prononcer avant le 1er Juillet prochain.

Ainsi, à cette époque, la liquidation générale demeurera irrévocablement supprimée

Le crédit en rentes, accordé par l'article 12, de la loi du 24 Avril, 1806, est absorbé par les liquidations déjà fuites. Il est nécessaire de l'ungmeuter, et la demande de 4 millions suffira, non-seulement pour faire face au paiement des liquida. tions qui restent à faire, mais encore pour le remboursement

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des avances que la caisse d'amortissement pourra avoir à faire pour la solde des exercices antécédeas.

Le titre 7 proroge pour 1810, les contributions directes et indirectes

perçues en 1809. Dans la répartition des contributions directes, la loi ne présente pas de changemens, si ce n'est pour les trois départemens de l'Arno, de la Méditerranée et de l'Ombrone: S. A. I. madame la grande duchesse ayant reçu des plaintes sur quelques errears de la preinière répartition, s'est occupée des moyens d'en obtenir une plus exacte; et elle a fait faire un travail, dont le résultat demande à être consacré par la loi.

La réunion à l'empire, de quelques communes, a exigé qu'on leur assignåt on contingent de contribution. Elles sont comprises dans le tableau annexé'à la loi, pour le montant des contributions directes que ces communes ont été reconnues devoir supporter.'

Le trentième du principal de la contribution foncière, perçu comme fond spécial, pour les frais de confection des parcellaires pour le cadastre, est prorogé; et il assure le succès d'une opération, qui doit établir exactement l'égalité proportionelle entre les contribuables, tandis que les anciennes proportions variaient de la moitié, jusqu'au-delà du soixantième.

Enfin, le titre 8 et dernier détermine le crédit provisoire, nécessaire pour les dépenses de 1810.

Nous n'avons point à vous entretenir, Messieurs, de nouveaux projetes sur les contributions directes ou indirectes ; et, comme nous avions l'honneur de vous le dire, lors de la présentation de la dernière loi, le système général en est complet: l'administration des finances n'a plus besoin que de cette sura veillance attentive qui garantit la conservation de l'ordre, et les améliorations lentes et progressives.

Vous reconnaîtrez, dans les comptes qui vous sont soumis, que le produit net de diverses régies, s'est élevé en 1808, audessus de ce même produit pour. 1807, savoir;

Pour la régie de l'enregistrement, à plus de 5,000,000;
Pour l'administration des forêts, à près de 3,000,000;
Pour les droits sur les sels, à près de 5,000,000;
Enfin, pour la régie des droits réunis, à plus de 5,000,000.

Ainsi, les principales parties des perceptions indirectes présentent toutes des améliorations, c'est une preuve bien satisfaisante de l'étendue des ressources intérieures de l'empire, et qui laisse moins de regretter la diminution momentanée du produit des douanes.

Les contributions directes ne sauraient recevoir d'accroissement dans leur quotité ; mais l'exactitude de leur rentrée et la diminution des perceptions, mènent à une amélioration inappréciable ; et vous verrez dans le compte des finances, qu'en 1808 les frais sont évidemment devenus moindres, quoique la marche du recouvrement se soit parfaitement soutenue. TOME IV.

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Vous trouverez dans le compte des finances, celui de la caissę d'atuortissement; et vous y reconnaîtrez aussi que cet établissement inarche coustauiment et régulièrement à son but.

Nous pouvons vous dire aujourd'hui que les espérances que nous vous avions fait concevoir de l'utilité de l'institution des comptoirs de la banque, sont déjà réalisées clans la ville importante de Lyon, et que l'on peut attendre le méme succès du comptoir établi à Rouen.

Eutin, la Banqne de France a rii augmenter en 1808, ses opérations d'escompte, d'où il est de plus en plus evident qui l'empire trouve dans ses propres ressources, ce qui peut le plus contribuer à sa prospérité.

Nous ne pouvons donc, Messieurs, avoir aucun doute sur votre assentiment à un projet de loi qui réunit autant de inotifs d'adoption; vous partagerez avec tous les Français le désir de secouder le plus grand des souverains, qui fait une bonheur de servir ses sujets, consolider ce grand empire, et voir toutes les prospérités qu'il a conçues, embellir la France qu'il chérit."

6 Janvier, 1810, Texte du projet de loi sur les finances, présenté dans la séance

d'hier.

TITRE 1.

De l'exercice, án 14, 1806.! Art. ler. Les paiemens à faire par le trésor public, pour le service de l'exercice an 14, 1806, sur le produit des fonds genéraux, seront portés jusqu'à la somme de 899,015,000 francs, montant des rentrées effectuées sur les contributions et revenus du dit exercice.

2. Les dépenses qu'il y aurait lien de payer au-delà de la dite somme de huil cent quatre-vingt dix-neuf millions, quinze mille francs, seront acquittées par la caisse d'amortissement, qui sera remboursée de ses avances, en inscriptions au grand livre, à prendre sur le crédit general, ouvert pour la dette publique par le titre 6 de la présente loi.

3. La somme de deux millions, restant à rentrer sur l'exercice 1806, au premier Janvier 1810, sera portée en recette au budget de l'exercice 1808.

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TITRE 2.

De l'exercice 1807. 4. Les paiemens à fuire pur le trésor public pour le service de l'exercice 1807, sur le produit des fonds généraux, seront portés jusqu'à la som nie de sept cent trente-trois millions, huit cent quatre-vingt mille francs, montant des rentrées effeca tuées sur les contributions et revenues du dit exercice.

5. Les dépenses qu'il y aurait lieu de payer 011-delà de la dite somme de sept cent trente-trois millions, huit cent quatrevigt mille francs, seront aequittées de la manière prescrite par l'article 2 de la présente loi.

6. Lil sovine de deux millions, cinq cent mille franes, restant à rentrer au ler Janvier, 1810, sur l'exercice 1807, sen portée eu recette au budget de 1808.

TITRE 3. Dispositions communes aux exercices 180 et 1807. 7. Au moyen des dispositions ci-dessus, les exercices 1806 el 1807, cesseront de figurer dans les comptes annuels du trésos publie.

TITRE 4.

De l'exercice 1808. 8. Il est ouvert un crédit de trentre millions en domaines pour compenser la diminution du produit des douanes en 1808, et porter les recettes de cet exercice à sept cent quarante millions affectés à ses dépenses.

TITRE 5.

Budget de 1809. 9. La somme de cent trente millions sur les recettes de180g, faisant, avec celle de six cent millions, portée à titre de crédit provisoire, sur les mêmes produits en l'article 10 de la loi dua 25 Novembre, 1808, la somme totale de sept cent trente mila lions, est affectée au paiement, d'abord de la dette publique, et ensuite des dépenses générales du service comme il suit :

Dette Publique. Dette perpétuelle

56,000,000 Idem viagère

16,000,000 Id perpétuelle du Piémont,

1,090,000 Id. viagère, idem

300,000 Id. en Toscane

4,000 Id. perpétuelle de la Ligurie

727,000 >111,190,253 Id. de Parme et de Plaisance

74,000 Id. de la Toscane pr. 1809 seulement 1,395,253 Pensions у

civiles 6,000,000 compris la Secclésias

35,600,000 Toscane

tiques 29,600,000 Liste civile et prioces français

26,000,000

137,190,253

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