Page images
PDF
EPUB

S.M. nous ordonne de vous in- à corps contre la France, et former que les communications qu'elle engage sérieusemeut sur entre son ministre en Amérique, le continent ses hommes et son et le gouvernement des Etats- argent; mais vous sommes perUnis, ont été soudainement in- suadés que ces protestations ne terrompues, et contre son at- sont qu'un piége pour les maltente. S. M. regrette beaucoup heureux Espagnols, et que les cet événement; elle a toutefois Anglais sont décidés à les reçu les assurances les plus abandonner. Il leur faut, pour fortes du ministre résidant à sa combattre, des succès faciles et cour, que les Etats-Unis dési- un but prochain. rent maintenir amicalemeot les relations entre les deux pays. Ce désir s'accorde parfaitement avec les dispositions de S. M. (h).

(6) On ne sait pas ce que l'on doit admirer le plus de la pusillanimité de l'Angleterre envers la Suède, de son ironie envers l'Espagne, ou de sa conduite envers les Etats-Unis. Les Etats-Unis viennent de chasser votre Jackson, Jackson qui porte toujours écrit sur le front le nom de Copenhague, et qui est tellement fétri, que toute relation avec lui ne peut produire que du déshonneur ! Ils ont mis un embargo sur vos vaisseaux : ils ont été sourds à vos menaces, et vous devenez humbles, souples et doux ! Vous vous estimez heureux que les Etats-Unis n'aient pas voulu vous faire la guerre; d'où vient ce langage ? On se le demande avec étonnement: il montre une pusillanimité bien digne du reste du discours. Il n'y a rien à gagner à faire la guerre aux Américains, et chez vous,

on fait tout pour l'or; on ne Messieurs de la Chambre des Communes.

se bat que pour le gain, et ce

n'est que pour de l'or que vous S. M. nous a chargés de rous

L'homme informer qu'elle a ordouné que qui pense, voit sur les drales dépenses pour l'année cou- peaux de vos troupes, au lieu

versez votre sang.

[ocr errors]

bles. (1)

rante fussent mises sous vos des léopards de vos armoiries, yeux. S. M. a ordonné qu'elle ces symboles de noblesse et fussent établies avec l'économie de chevalerie, des balles de que pourra permettre le sou- sucre, de thé et de café ; c'est tien de ses alliés et la sûreté pour cela que vous combattez. de ses domaines. S. M. se re- Votre commerce ne recueillepose sur votre zèle et sur votre rait aucun profit de la guerre fidélité pour lui accorder tels avec les Etats-Unis, et dès-lors subsides qui seront nécessaires vous êtes sourds à toutes les pour ces objets essentiels. Elle injures, nous ordonne de vous exprimer combien elle regrette profondément les impôts que la durée de la guerre rend inévita

(i) La France fait la guerre sans augmenter ses impôts; ils ont été considérablement diminués et ils diminuent tous les jours ; mais les vôtres s'accroissent dans une progression effrayante. Soyez conséquens; si vous êtes obligés chaque année de recourir à d'énormes emprunts pour payer votre déficit, comment soutiendrez

vous une guerre perpétuelle ? Milords et Messieurs, S. M, nous ordonne de vous exprimer son espoir que vous prendrez en considération l'état du clergé inférieur, et que vous adoplerez sur cette portion intéressante de ses sujets, telles mesures qui vous paraitront propres. Nous avons de plus l'ordre de vous annoncer que les comptes du commerce ou des revenus du pays qui sesont mis sous vos yeux, serout · trouvés très-satisfaisans. Quoi

qu'il ait résulté quelques incogvéniens partiels et momentanés des mesures qui étaient dirigées par la France contre les grandes sources de notre prospérité et de notre force,

TOME 1y.

ces mesures sont loin d'avoir produit un effet permanent et général. (k)

(k) Vous avouez que les mesures dirigées par la France contre les grandes sources de votre prospérité ont produit leur effet, mais seulement un effet momentané. Nous allons montrer pourquoi cet effet n'a été que momentané, et en indiquer le remède. Les affaires d'Espagne vous ont ouvert une grande partie des ports de ce royaume, ils vont vous être tous fermés. Trieste a présenté à votre commerce un vaste débouché, et ce port vous est fermé pour jamais. La Hollande surtout a mis à l'effet des mesures qui doivent tirer leur force de leur ensemble : elle a trąhi la cause commune: elle a reçu votre coinmerce sous un pavillon américain, désavoué par les Etats-Unis eux-mêmes, ou sous tout autre masque; mais elle ne le receyra plus. Vos ordres du conseil de 1807 exigent l'occupation des côtes et des ports de la Hollande par les douaniers et des troupes, auxquels ou puisse se fier, et cela va avoir lieu.

Et comme un des résultats de la première et de la deuxième coalition a été d'étendre les côtes de la France jusqu'à l'Escaut, le résultat de vos ordres du conseil de 1807 sera d'étendre les côtes de la France jusqu'à l'Elbe. Les inconvéniens que vous éprouvés d'une manière momentanée, dorénavant vous les éprouverez plus graves et constamment. Il faut le dire, les occupations de la guerre con

avez

tinentale ont fait relâcher beaucoup de ressorts. La paix du continent, assurée par l'union des deux grands empires, et l'adhésion au même système de la Prusse, du Danemarck, de la Suède de l'Autriche, vont donner une nouvelle force à toutes les mesures, et vous ôter tout moyen de commercer avec l'Europe.

Vous prétendez que vous mettez de nouvelles impositions pour les subsides à vos alliés; mais nous ne sommes pas la dupe de cette alléga

tion. Quand vous mettez de L'animosité invétérée de no

nouvelles taxes, c'est tout simtre ennemi continue à être di

plement pour couvrir votre dé

ficit. Vos finances sont un rigée contre ce pays, avec la même violence et la même voit seul la profondeur. Vous

gouffre, dont l'homme éclairé haine. Pour conserver la sé.

cherchez à vous tromper et

S. et pour faire manquer les des à tromper les autres; la vérité seins qui sont formés contre paraitra lorsque la banqueronte nous et nos alliés, il faudra de papier qui couvre le gouffre

sera générale, et que la surface les plus grands efforts de vi

se sera affaissée ! gilance, de courage et de persévérance. Dans les dangers et les difficultés, S. M. espère avec confiance qu'elle trouvera un secours très-effectif, daus la suite de la bénédiction de la Provideuce divine, dans la sagesse de son parlement, la valeur de ses armées, le courage et l'énergie de son peuple. (1)

(1) Mais quelle est donc la preuve de l'animosité invétérée de votre ennemi? Les deux plus grands nronarques du monde ne se sont-ils pas entendus à Erfurt pour vous offrir la paix. Dernièrement encore n'avez-vous pas refuse d'entrer 'en négociation et d'envoyer des agens à Morlaix pour y traiter de l'échange des prisonniers de guerre? La proposition vous en a été faite d'après vos insinuations, et vous l'avez éludée quand elle vous a été présentée officiellement, parce que vous avez craint qu'elle amenât un rap. prochement ! L'empereur de Russie

et l'empereur des Français veulent la paix, parce qu'ils sont grands et puissans par l'étendue et la richesse uaturelle de leur territoire. L'Angleterre, au contraire, de la veut pas, parce qu'elle veut soumettre le commerce de toutes nations à payer un impôt réglé par le tarif de son parlement; obliger tous les bâtimens, sous quelque pavillon qu'ils puissent être, à venir relâcher à Londres, et s'arroger le droit de mettre un octroi sur la consommation de tout l'univers ? Que le bon génie de l'Angleterre vous ouvre enfin les yeux! Renoncez à ces prétensions que vous ne pouvez soutenir, qui feront souffrir le continent, mais qui finiront par entrainer votre rujne! Remettez votre droit maritime sur le pieil où il l'était il y a six ans. Rapportez ces funestes ordres du conseil, que jamais aucune puissance ne pourra reconnaître; car les Russes, les Français et les Américains reconnaitraient plutôt votre roi pour roi de Pétersbourg et de Moscou, de Paris, de Venise et de Rome, de Boston et de Baltimore, que de se soumettre aux ordres dų conseil, qui ne sont rien moins que la proclamation de la sou:

[ocr errors][merged small]
« PreviousContinue »