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anon

frent massacrer environ qualse-vingts Grecs. ecclésiastiques ou is principaux habilans du pays relenns en plage. L'imagination des

suldats ainsi exalıée par la terreur de la vengeance des chrétiens, le siége fut repris avec plus d'acharnemenį que jamais. Enfin le 23 septembre (5 octobre), le capitaine parganiole Képlialas, apercevant qu'une partie des remparis , dont la garde était confiée

gox Albanais, était négligemment gardée (on a dit que c'était bio une trahison ménagée de longue main avec les Albanais), y Sait

appliquer les échelles, escalade le mur avec quelques intrépides soldals, s'empare d'une tour, y plante le labarum, el, bientôl, secouru de quelques canonuiers bydriotes, en lourne les pièces sur la

ville. A la vue du labarum flottant sur celle tour, au bruil du canon s! qui baltait l'intérieur de la place, le général Pierre Mayro-Michale, al qui commandait du côté opposé de la ville , monte à l'assaut à la

tèle de ses Maniotes; Colokotroni en fait aulant. Les Turcs , repoussés de la première enceinte, se renferment dans les retran. chemens intérieurs avec leurs familles, et de leurs maisons crénelées ils contingent å se défendre. Les Manioles y mettent le feu; toute la nuit on se bal à la lueur de l'incendie. Là, des milliers de femmes et d'ensans se font luer à côté de leurs frères, de leurs époux et de leurs pères. Le lendemain, le combat continua de rue en rue au milieu des décombres. Le kiaya-bey offrit enfin de se rendre, en demandant qu'on lui fit grâce de la vie pour lui et les siens, et qu'on respeçlật les femmes lørques réfugiées dans le barem da Pacha : on le promit. Les postes encore défendus sur rent remis aux Grecs; mais dans un accès de sureur excitée par une résistance si acharnée, ou parce qu'on ne trouva aucun des Grecs qui avaient élé pris comme plages le înassacre recommença, et la plupart des Turcs, qui se reposaient sur la soi de la capitulalion, furent impitoyablement égorgés sans distinction d'âge et de sexe.... La plume se refuse à décrire les horreurs qu'on en a raconļées, lristes représailles d'une guerre dont nulle apire ne peut

donner l'idée. Il y périt plos de limit mille musulmans, .. Au milieu des désordres, il est pourlant juste de remarquer que

la fureur du soldat respecta le harem du pacha, la vie du kiaya

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bey, qui fut traité avec distinction, el celle du bey de Corinthe, dont on espérait l'entremise pour la reddition de l'Acropole de Corinthe. Un officier anglais, débarqué le 7 août sur un baliment chargé de munitions , et qui avait embrassé la cause hellenique avec ardeur, M. Gordon , fut nommé gouverneur de Tripo litza et chef de l'état-major d'Ypsilanti. Mais soit qu'il eût été rérolié des horreurs commises dans celle place, soit par des raisons secrètes, il abandonna peu après le pays et la cause.

Quoiqu'il soit resté de cette affaire une tache indélébile sur la nation qui préludait par tant d'atrocités à l'établissement de son indépendance , la prise de Tripolitza n'en était pas moins un succés important. On y trouva des armes , des munitions et une somme considérah!o en piastres turques, provenant des caisses de plosieurs pachas qui avaient transporté leurs trésors dans celle place au moment de l'insurrection; précieuse ressource, dans l'impossibilité où l'on élait d'établir un système quelconque d'impô!s, et de faire face aux dépenses de l'armée autrement qu'avec des «lons volontaires ou les produits du pillage. Alors Tripolitza devint le centre des opérations et le siége du gouvernement.

A la suite do celle conquête, l'armée fut envoyée, partie au sieze de l'Acropole de Corinthe, déjà formé par les Argiens, et qui sur emportée ou livrée par le bey au mois de novembre; partie desaat Patras, où Jussuf-Sélim avait battu plusieurs fois les Achaïens de l'archevêque Germanos, et qui venait de recevoir des renforts de barqués par la flotte ollomane,

. ' "anone ottomane, On se rappelle que celte flotte , commandée par l'amiral Kara. Ali, sortie des Dardanelles au commencement de juillet , qui resła si long-lemps dans les eaux de Samos, en présence des insurges sans que les uns ni les autres osassent basarder les chances d'un combat, avait ensuite cinglé vers Rliodes, où elle troura (4 août) l'escadre envoyée par le pacha d'Egypte. Avec ce renfort de quinze à vingt bâtimens, et celui des bâtimens de Tunis et d'Alger, qui portèrent la flotte ottomane å trente-cinq voiles, Kara-Ali ravitailla les places de la Morée encore occupées par les Turcs. Il dégagea l'escadre du capitan-bey dans la rade de Prépésa, et pénélra

dans le golfe de Lépanle, où, après avoir pris et incendié la ville de Galaxidi (1-2 octobre), il ramena en triomphe une trentaine de petits navires grecs.

A son retour, il fut harcelé par la flottille grecque dans la mer Ionienne. Un brick turc, poursuivi et jelé par le vent sur la côte de Zante, y causa une espèce d'insurrection de la part des habitans, qui, toujours plein de zèle pour la cause grecque, voulaient attaquer le brick turc. Des soldats anglais furent envoyés pour faire respecter la neutralité sévèrement recommandée par le baut commissaire ; il en résulla un combat où les soldats anglais perdirent quelques hommes, et à la suite duquel des paysans ioniens furent pendas, le reste désarıné et livré à la rigueur d'une occupation militaire.

Enfin, après avoir tenu la mer pendant quatre mois, l'amiral turc, Kara-Ali, rentra ( le 22 octobre ) dans les Dardanelles sans éprourer d'échec, mais aussi sans avoir fait d'autre opération que de ravilailler les places de la Morée , sans avoir même tenié la réduction de Samos , qui paraissait être le bul principal de son expédition.

Les îles de l'Archipel et la côte d'Asie étaient presque toutes , excepté Chio, en proie au feu de la révolte ou à la rage frénétique des musulmans. En Chypre, quoiqu'il n'existât pas le moindre indice d'une insurrection, et après qne le désarmement général des Grecs eut élé opéré ( en novembre ), soit par un instinct, soit en vertu d'un ordre secret, la populace musulmane de Larnica , s'étant soulevée, massacra l'archevêque, plusieurs prélats, et presque tous les Grecs de la ville. A Smyrne, à la nouvelle de l'insurrection de Candie , les désordres recommencèrent. Une troope de Turcs candiotes y tenait la population grecque dans la terreur d'une extermination générale... Les consuls européens dans celte résidence (2 novembre) présentèrent au pacha Hassan et au divan' une note où ils se plaignirent fortement des massacres qui se commetlaient depuis un mois dans le quartier franc, malgré les ordres furmels du grand-seigneur. Ils attribuaient ces fureurs à l'ivresse, à l'ouverture des lavernes, où les soldats et la populace

torque fallaieni mutnellement s'exçiçer à la vengoance... Ils obre tinrent enfin que le quartier Cranc serail évacué par les Turcs; que ceux qui provoqueraient les francs seraient exilés ou arrêlés ; que les cafés et billards seraient ferniés, et que les soldats candiotes sprtirạient de la ville, en s'engageant de leur côté à ordonner aux Francs de ne plus porter leurs armes d'une manière ostensible, afin d'éviter toute provocation et loute défiance, et à faire embarquer les sujets suspects de leurs nations respectives. D'après ces mesures conciliatoires, l'ordro y'a plus élé troublé, mais en quelques jours qui avaient précédé celte espèce de trève, il y avait en plus de mille chrétiens massacrés, et le nombre en eût été plus considérable s'ils n'eusscnt été recueillis chez le copsul général de France et sur la flotte française, qui, pendant toute la durée des désordres, resta å l'ancre ou en croisière sur ces parages,

A Constantinople aussi, quoiqu'après le départ de M. le baron. de Strogonoff, toute espérance d'accommodement semblat perd ue, l'anabassadeur anglais, l'internonce autricbien et le chargé d'affaires de France, ne cessaient de représenter à la Porte la nécessité d'adopter un système plus modéré à l'égard des Grecs. La sublime Porle , cédant à leurs instances, publia une nouvelle amnistie; elle fit même faire au gouvernement d'Hydra des propositions qu'il rejeta. Elle destițua le seraskier Jussuf-Pacha d'Ibraïl, en remplacement duquel elle envoya Salih-Pacha avec les ordres les plus sévères pour contenir la férocité et les brigandages des Asiatiques., ., Mais en même-temps elle sévissait avec rigueur contre ceux qui étaient pris les armes à la main, ou même qui étaient soupçonnés d'entrelenir des intrigues avec les rebelles ; elle ordonnait au nouveau patriarche de remettre au gouvernement une liste exacte de tous les Grecs habitant la capitale avec leurs familles; elle pressait l'arrivée des troupes asiatiques et les préparatifs de guerre. Un nouvel halli-schériff, qui n'a pas été publié dans la capilale, grâce aux instances des négociateurs, avait élé renda le 30 septembre pour l'armement des musulmans. Il eut des sạites terribles dans les provinces, et plusieurs incendies qui eurent alors lieu à Constantinople manifestèrent le mécontentement que la populace avait de ne pas pouvoir satisfaire sa fureur.

Cependant lempereur Alexandre, avant d'en venir aux hosulités, avait fait communiquer aux cabinets des grandes puissances de l'Europe une nole rédigée en forme de circulaire, ou son cabinet faisait d'abord obscrver qu'il ne s'élait jainais trouvé dans une position plus favorable qu'aujourd'hui pour oblenir, par une guerre avec la Porte oliomane, l'accomplissement des conditions proposées par lui au Divan. Ensuite on y ajoutait que S. M. I., n'ayant rien tant à creur que la pacification de l'Europe, était disposée à faire pour la consertation de la paix les plus grands sacrifices, supposé que les cabinets européens trouvassent dans leur sagesse des moyens eflicaces pour obtenir de la Porte ottom mane des garanties indispensables pour mettre les chrétiens de la Torquie à l'abri d'une répétition des scènes violentes dont ils avaient été victimes : et telle étant la disposition de S.M.I., « les cours de l'Europe étaient priées d'aviser incessaminent aux moyens propres à aiteindre le but désiré, et de la dispenser ainsi de la nécessité d'obtenir par la force des armes l'accomplissement des conditions que l'honneur de la couronne, le maintien des Irailés, la protection de la religion chrétienne et l'humanité lui ont fait na devoir d'exiger de la Porte....

Celte note fut l'objet d'une délibération importanle dans le cabinet de Vienne, et ensuite du voyage du prince de Metternich å Hanovre. Dans la situation actuelle de l'Europe, dans la crainte des révolutions et d'une guerre dont on ne pouvait calculer les suiles pour l'ordre social et pour l'équilibre politique, l'intérêt de l'Autriche et de l'Angleterre n'était pas douleux. Il paraît aussi que dans les conférences d'Hanovre, leurs ministres (le prince de Mellernich et le marquis de Londonderry) se sont pleinement accordés dans leur manière d'envisager l'état de l'Europe et la situation compliquée de l'empire ottoman , et dans les moyens et les démarches à lenter pour satisfaire aux væux de la cour de Pétersbourg, dans le but d'ôter à celle-ci tout prétexte d'une ruplure éventuelle avec la Porte..

Alors même qu'on délibérait dans les conférences d'Hanovre sur les moyens de prévenir celte guerre si une' Daçanle, le 19. OCLO

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