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la demande déjà faite, elle avait accordé des rescrits de grace et la permission de relever les églises chrétiennes, et en insistan: sur l'extradition on la punition exemplaire des transfuges, elle promettait de nouveau l'exécution franche et complète des trailes. (Voy. l'Appendice.)

Tout le temps que celle négociation avait duré, Constantinople, et surtout le quartier du Fanar et le faubourg de Péra même, ci résident les légations européennes, étaient dans la plus rire appréhension d'un soulèvement général. Les bandes asiatiques et les janissaires parcouraient les rues armés, et menaçaient les Grecs d'une extermination générale. Mais, comme nous l'avons dit, les familles les plus distinguées, les plus odieuses au peuple, avaient trouvé à bord d'un bàliment de l'ambassadeur russe, ou dans les légations européennes un refuge assuré ; el d'ailleurs l'asszrance qui fut bientôt répandue que les ambassadeurs d'Autriche et d'Angleterre continueraient les négociations, ramena le calme. Lord Strangford obrint des satisfactions qui avaient été refusées 27 ministre russe, la levée de l'embargo mis sur les bâtimens russes, la grâce de Danési, qui fut seulement exilé , et une amnistie goeie nérale pour les Grecs qui voudraient se soumettre. Ils en élaient bien éloignés, la guerre se poursuivait avec plus d'acharneneri que jamais sur lous les points.

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Suite des opérations militaires des Tures et des Grecs. — Prise de Monėmnbasie ét de Navarins. -- Violation des capitulations. -- Retraite d’Ypsilanti. – Résolutions prises à Hydra.- Nouveau gouvcruement en Morée.-Combats à Livadie, aux Thermopyles et en Ep.re. --Siege et prise de Tripolitza. – Eflets de cette conquéte. — Operations de la folle ottomane.- Situation des iles de l'Archipel. - Reprise des négociations à Constantinople. — Nouvelle d'une incursion des Persans sur le territoire ottoman. - Fin de la campagne. — Attaque et prise de Cassandra. — Capitulation du mont Albos. – Sieges en Livadie et en Morée. — Prise da sort de Litbaritza par Chourschid-Pacha , et d'Arta par les Souliotes. — Reprise par Omer-BrioniBey. — Tableau général de la Grèce dans sa révolution. — Etat de son armée, de sa marine et de son administration. – Troubles à Constantinopte. - Réponse à l'ultimatum íussé. – Objet de la médiation de l'Angleterre et de l'Autriche entre la Russie et la Porte ottomane.

Deruis le commencenient de l'insurrection de la Moréé, les Tures de Monembasie (Napoli de Malvoisie ) s'étaient renfermés dans la citadelle, où ils étaient étroitement bloqués par les Ma. molts et les battimens &Hydra. Les assiégeans, irrités de leur tongue el conrageuse résistance, conduisaient chaque jour à la vue des remparts des musulipans auxquels ils faisaient souffrir mille tourmens avant de les méltre à mort. Mais ces cruautés redoublaient l'ardeur des assiégés. En proié à la plus liorrible famine, après s'être aliurentés pendant quelque temps de la chair de lenr's animaux domrestiques, ils furent rédaits à se nourrir des plús vils alimens , résolus de mourir plutôt que de se rendre. Au bout de quelques seuraines de cette affreuse situation, Cantacuzene, arrivant sous leurs murs (3 aoûl); leur offrir une capitulation d'après laquelle ils devaient être transportés, honines, femues', enfa'os, et ce qu'ils pourraierit emporter de leurs richesses, dans l'ile de Chio. Rassurés à la vue de l'uniforme russe, ils l'acceptèrcit et repsirent la place. Mais une fois embarqués , on les jeta dans l'fle Annuaire hist. pour 1821.

27 .. de Cassonissi, où ils auraient été dépouillés et massacrés sans l'intervention du consul français (M. Bomfort), qui leur sauva la vie en les emmenant à Scala-Nuova. Quelques jours après, le fort de Navarins, réduit aux mêmes extrémités, ouvril ses portes au prince Démétrius Ypsilanti, en verlu d'une capitulation qui leur garantissait la sûrelé de leors personnes et de leurs propriétés. Mais au moment de la remise de la place, les soldats, et même des officiers trompés dans leurs espérances de pilJage, se révoltèrent contre leur chef, dépouillèrent les Turcs, en égorgerent plusieurs, en retinrent d'autres en otage, et laissèrent, à leur grand regret, embarquer le reste, qui fut dirigé sur Candie. .

Indigné de ces cruautés, atroces représailles des horreurs com · mises par les Turcs, fatigué de l'indiscipline des soldats et des dégoûls continuels qu'il éprouvait de la part des autorités du pays, Demetrius-Ypsilanti quitla le commandement, se rendit à Calamata , d'où il publia une proclamation portant, qu'après les événemens qui venaient de déshonorer l'armée grecque, il abandonnait le Péloponèse avec la ferme résolution de n'y pas revenir que tous les chefs ne se déclarassent disposés à se réunir en assemblée, dans une ville sûre, afin de s'accorder sur les moyens de délivrer Ja palrie, et de lui donner (à lui Démétrius-Ypsilanti) le pouvoir nécessaire pour punir désormais ceux qui se rendraient conpables d'insubordination.

La menace de sa retraite, annoncée avec fermeté, fit sur l'esprit des chefs et des insurgés l'impression qu'il en avait attendue. Ils concurent que l'anarchie allail les livrer sans défense au glaive des Turcs , et le sénat de Calamata envoya à celui d'Hydra une députation pour délibérer ensemble des moyens de rétablir l'ordre. On parvint à s'entendre. Il fut résolu que les trois iles seraient réunies sous le même gouvernement que la Morée, et qu'il serait formé un congrès composé des députés de toute la Grèce. C'est à daler de celle époque qu'on voit poindre un peu d'ordre et d'harmonic dans les opérations de la sédération hellénique. Le sénat du Péloponèse se constitua le jer seplembre à Calamata; il

donna des pouvoirs aux généraux qui commandaient sar divers points, et il envoya des invilations à toutes les provinces grecques de nommer des députés pour en former le congrès général. .

Tandis que ces événemens se passaieni en Morée, le pacha de Salonique ayant reçu des renforts considérables en troupes asiatie ques, en retenait une partie pour une nouvelle expédition qu'il méditait contre Cassandra, et il envoyait le reste en Thessalic.

Cette nouvelle arınée, commandée par quatre pachas, traversa presque sans résistance la Macédoine et la Thessalie maritimne. Les insurgés se replièrent devant elle jusqu'au passage des Thermopyles, où elle arriva le 4 septembre, et trouva les Grecs décidés à le défendre.

Odyssée s'y était porté. Le 5. septembre, deux heures après le lever du soleil, les Turcs se présentèrent pour forcer le passage, sous le feu de la mousqueterie des Grecs, embusqués en guérillas sur les croupes et dans les défilés. Leur opiniâtreté élait soutenue par des troupes fraîches qui, se poussant toujours en avant, empêchaient les autres de reculer, en leur fermant le passage. Ils y perd irent beaucoup de monde. Enfin l'un des chess grecs, Pallascas, étant tombé sur eux à la tête de quatre cents guérillas, les musulmans se retirèrent en désordre, laissant dans les défilés, environ douze cenls morts, et au pouvoir des Grecs trois cents chariols chargés de munitions et de vivres, sept pièces , de canon, dix-sept enseignes, et presque tous leurs bagages. Dans leur retraite, ils furent de nouveau battus à Zeiloạni, où ils perdirent trois à quatre cents hommes, cinq cents chevaux et quelques pièces d'artillerie.

En Epire, Chourschid-Pacha s'était borné presque tout l'élé à bloquer étroitement Ali, lui faisant quelquefois des propositions de paix, à la sincérité desquelles Ali ne croyait pas. Mais ayant enfin reçu sept à huil mille hommes de renfort du pacha de Scodra, Chourschid fil au commencement de séplembre une attayue sur les Souliotes qui occupaient Placa , position forte sur les basses cbaînes du Pinde, à quelques lieues de Janina. Il y éprouva un échec considérable, à la suite duquel les Souliotes s'emparerent

du fort des Cinq-Puits (cinque Pozzi) et coupèrent les cominiwt nications de Chourschid avec Arta, ou Hassau P'liassa et PaschoBey s'étaient enferini's."

Alors arrivait du l'éloponèsé à Souli le princo Alexandre Mavro-Cordatu, issu d'une aricienne famille grecque qui a donné des souverains à la Valacbie et à la Moldavie. Il était chargé par le sénat de la Morée d'organiser le gouvernentent de l'Etolie, de l'Acarnanie et de l'Epire. Sa mission eut le plus heureux succès. Il se formi sous sa présidence , d'abord à Souli, puis à Vrachori, un sénat composé de prélais el chefs des trois provinces, Etoliens et Souliotes. On y vit meine figurer un député des Tosides, de la tribu d'Ali judai**.

De son côté, Démétrius Ypsilanti, metlant å profil les dispositions du sénat péloponésien', 'avait fait commencer le siére de Tripoliiza , événement le plus important de la campagne dans la Morée. La se trouvail, comme on l'a dit, Nazir-Bey, kiaya ou lieatevant du pacha Chourschid, avec une bonne garnison, et une popopulation composée de familles turques réfugiées de tous les cnvirons, évaluée à irente-six mille individus. La place, entouréc de fossés, avait un mur d'enceinte Nanque de lours , et fortitie de quelques retranchemens intérieurs et de maisons crénelées. C'en était assez pour arrêter long-temps une armée dénuée des moyens et des procédés de l'art pour faire uu siége régulier.''

L'armée grecque, 'forte de quinze å vingt millé pommes, MAnioles, Hydriotes, Argiens, était commandée par Pierre MavroMichale et Colukotroni, sous les ordres de Déinéirius Ypsilanii, qui s'en absentait souvent pour se porter, tantôl å l'isthme de Corinthe, menacé par Mehemet-Pacha, tantôt sur' Patras, il'ou Jussuf faisait des sorties fréquentes el souvent heureuses.

Après plusieurs semaines d'un siége fait et suutenu aver un courage éval, on parlait de rendre la place par capitulation, lorsque la nouvelle de l'apparition de la flotte ollonjane dans les parages du Péloponèse et l'espérance des secours qu'elle apportait rendireni le courage aux musulmans. Alors, pour meltre la garnison dans la nécessité de se défendre à toule extréorité, les clics

euses.

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