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intentions du gouvernement du roi, il me sera sans doute permis de dire à inon lour: , .

e Ne craignez-vous pas qu'on n'interprété vos discours, et qu'on ne finisse par soupconner qu'ils tendent à ébranler la fidélité des troupes? Loin de moi cette pensée ! cependant un ministre du roi, dont on accuse si baulement les actes, peut à son tour accuser l'apparence qu'on peut donner aux inleations. )

Après ces discours, la discussion la plus remarquable à l'occasion du budget de la guerre est celle des dépenses de la gendarmerie royale. – M. de Beauséjour fit observer qu'en 1785, la maréchaussée n'était composée que de 4,300 hommés, et ne coûtait, y ompris les officiers de judicature et les frais de casernement, que 4,000,000, à raison de 736 fr. par homme; mais qu'aujourd'hui (sans y comprendre la gendarmerie de Paris, portée au budget de cette ville pour 1,553,100 fr.) elle coûtait, y compris les frais de casernement portés au budget de l'intérieur, 17,036,000 fr. (1,213 fr. par homme ). L'orateur, convaincu que si l'on dégageait ce service de tout ce qui lui est étranger, « surtout des fonctions viles et basses de la surveillance de la police secrète, de la délation et de l'espionnage », on pourrait réduire son personnel à 4,300 hommes comme avant la révolution, et sa dépense à inoins ds 6,000,000 fr. Cependant il se bornait pour cette fois à demander une réduction de 605,388 fr.; réduction vivement age payée par le général Foy.

De l'autre côté de la chambre, M. Duliamel justifia la gendarmerie des accusations de délation et d'espionnage : « mots par lesquels on entend , dit-il, dans un parti tout ce qui peut assurer le service du roi et le repos des citoyens. * La commission avait proposé l'augmentation de la gendarmeric, qu'elle jugeait plus nécessaire que jamais; l'article resla tel qu'il était au projet. .

(21 juin. ) Le chapitre 8 de la solde de l'infanterie ramena des débats sur l'effectif de l'armée, que M. le général Foy soutient ne devoir pas atteindre 88,000 lommes au lieu de 92,000, ét la question des Suisses allaqués et défendus par des motifs el des argumens déjà connus.... En parlant de la garde royale , M. le général Sébastiani , la trouvant disproportionnée avec l'armée , prom posait, non de la réduire, mais d'en conserver 8,000 liomines

avec tous leurs avanlages, sous le nom de vieille garde, et le reste sous le nom de jeune garde. — Cette proposition n'eut pas de snile.

( 22 juin. ) Au chapitre III, de la maison militaire du roi, M. de Bourienne, parlant en son nom et non plus comme membre de la commission, proposait de la porter å 5,600,000 fr., de manière à ce que la liste civile ne fût chargée d'aucune partie de la dépense de cette maison militaire (des gardes du corps ). Cet amendement , vivement appuyé à l'extrême droite par M. Dudon, : et combattu par M. Manuel, fut, après une épreuve incerlaine : par assis et levé, rejeté à l'appel nominal par i81 voix contre 117.

Enfin cette discussion, dont on n'a pa donner qu’une idée rapide, .fut terminée le 23 juin par la demande , reproduite à chaque-ses

sion, du nouveau code militaire toujours attendu ; et, en der- & .nière analyse, il n'en résulta guère que de légers amendemens proposés par la commission... !

Budget de la marine. — A l'exemple du ministre de la guerre, 1 celui de la marine (M. le baron Portal) crut devoir, avant l'ouverture de la discussion particulière de son budget, fournir quelques éclaircissemens sur les principales critiques auxquelles il avait donné lieu. — Il avait été dit que les dépenses de la marine ne s'élevaient sous l'ancien régime qu'à 45 millions ; que les EtalsUnis d'Amérique d’employaient que 16,000,000 fr. à ce service ; que nos constructions étaient inféricures à celles de l'Angleterre, des Etats-Unis et de la Russie; que nos préparatifs d'armement n'étaient qu'un vain simulacre qui disparaissait après le vote des fonds; que notre commerce n'était rien moins que florissant ;

qu'on devait réduire de trois millions le budget de la force na.. vale qui le protége ; qué 30 vaisseaux et 40 frégates suffisaient à

la France, et enfin que les vices de notre administration de permettaient pas de conserver nos établissemens maritimes, ni le matériel de ce département.

( 25 juin.) En réponse à ces objections, le ministre expose qu'après la paix de 1783, les dépenses de la marine s'élevaient à 64 millions, tandis qu'aujourd'hui elles ne sont portées qu'a

$3,000,000 fr., et cependant que la solde est plus forte, et que la main l'æuvre et les matériaux ont éprouvé des augmentations telles, qu'un vaisseau de 74, qui ne coûtait alors que 1,200,000 fr., co coûte maintenant 1,700,000.

Le ministre, évaluant la marine des Etats-Unis à 1 i vaisseaux el 14 frégates (qui coûtent 18,579,000 fr. ); tandis qu'il y a én France 48 vaisseaux et 39 frégates, établit un calcul proportionnel, pour prouver que la marine française, toute proportion gardée, ne coûte pas plus que la marine des Elats-Unis et la marine anglaise; que la construction, loin d'avoir dégénéré en France, est, de l'aveu même des étrangers, supérieure à celle de toutes les autres nations; que les armemens annonces pour 1820 se sont complètement réalisés, « et dans le moment présent ( juin 1821 ),. dit-il, plus de go bâtimens- sont répartis sur tous les points où leur présence est utile, soit aux intérêts de l'État et du commerce, soit aux progrès de l'art hydrographique. Plus des deux tiers des offciers et élèves qui n'ont pas de destination indispensable à suiFre sont actuellenent embarqués; et tandis que le commerce et les pêches emploient cette année pour leur service environ 52,000 marins, la marine royale, qui n'en a appelé sur les vaisseaux que 6,813 jusqu'en 1820, et 7,943 à la fin de cette même année, en emploie 10,764 en 1821., :

A ces détails importans à recueillir, Son Exc. ajoute en substance qu'il serait à désirer que les travaux fussent plus considerables ; que ce n'est pas en ce moment qu'il est convenable de réduire le budget de la marine, et qa'il est de la dignité de la France et de l'intérêt du commerce de lui faire reprendre son ancien asrendant; et combattant l'opinion de ceux qui voudraient rétablir

le système des préfets maritimes comme tendant å réunir dans les i mèmes mains le pouvoir administratif et militaire, le ministre fait an éloge complet de son administration,

Il n'est point de discours prononcé sur cette matière d'où l'on be puisse tirer des considérations ou des détails intéressans sur P'état de la marine ou des colonies; mais leurs objections contre l'établissement actuel, ou leurs raisonnemens, sur la nécessité d'augmenter le budget de la marine, roulent. Loujours dans le inême cercle ; on ne peut qu'en iodiquer les plus remarquables. Ainsi M. Terpaux, dont l'opinion est ici d'un grand poids par le rang qu'il tient dans le monde industriel et commercial, expose que la France ne peut y soit en temps de paix, soit en lemps de gaerre, trouver dans la conservation ou le développement de sa inarine des avantages assez grands pour compenser un si énorme sacrifice; que nous n'avons plus que trois établissemens insignifiaus, au Sénégal, à la Guyane et dans l'Inde ; que nous ne possédons que deux ou trois faibles colonies, qui ne contribuent pour ainsi dire en rien au développement de notre agriculture et de notre industrie, et qu'elles sont seulement l'occasion d'un commerce secondaire. s:t porsi i. ..), ! · M. Ternaux certisie pour sa part, qu'il n'a pas expédié, pour nos établissemens une seule pièce de ses fabriques , tandis qu'il en vend beaucoup aux étrangers d'outre-mer; et il est convaincu que si nous recevions des pays étrangers les produits coloniaux, , cela procurerait à tous les producteurs de France des débouchés plus considérables. Et de plusieurs considérations sur l'insulisance de notre marine en cas de guerre avec l'Angleterre, M. Ternaux conclut que le ministre de la marine doit se borner à conserver ce qu'il y a de meilleur en vaisseaux, pour avoir une csa cadre propre à en imposer aux Barbaresques, en cas de besoin, el à protéger contre toute espèce de piraterie la rentrée de nos, batimens de cominerce, à entretenir nos ports militaires , à présen: ter un gouvernement colonial moins coûteus et mieux adapté a notre régime consulutionnel, elc. , etc. . · A l'opinion de M. Ternaux, M. Laîné, opposant plusieurs algumens employés à la soutenir, observe qu'on ve peut concil! le commerce marilime, dont il a reconnu la nécessité, avec l'al sence d'une marine qui le protége, el qu'on ne peut s'assurer sa marine de la défense d'un pays baigné par deux mers et qui oire des côtes si étendues. Aux idées spéciales du préopinant le minis tre oppose des vues générales et les avaulages de la marine dam un grand blat d'après ses rapporls avec ses voisins, « qui se cal

avec l'ab

lent autrement que par des chiffres et par une balance de valeurs arithmétiquement estimées, » Une marine convenable à la défense d'un grand état et de ses possessions lointaines, ajoute M. Lainé, ne s'improvise pas. De profonds écrivains ont reconnu qu'elle est da pelit nombre des choses qu'un gouvernement ne peut se procurer au moment du besoin avec de l'argent. L'histoire nous montre partout la honteuse décadence des nations qui ont renoncé à la marine après avoir partagé la jouissance de la mer. De ce que la France a perdu de sa puissance coloniale il n'en conclut pas qu'il faille renoncer à sa puissance maritime. Peut-être même la France 2-l-elle plutôt besoin de colonies pour conserver la marine nécessaire à son commerce, en quelques lieux qu'il se fasse , qu'elle n'a besoin d'augmenter sa marine pour conserver ses colonies. Au surplas, ces choses se tiennent, elles se prêtent un appoi réciproque... »

De ces considérations générales, M. Laîné, passant aux criliqaes failes sur les dépenses de la marine , développe la raison déjà donnée par M. le baron Portal, et finit par un magnifique tableau des bienfaits que la reslabration de la marine prépare à la France, et surteat à sa capitale....siis solist

Cette année, comme la précédente, M. le général Sébastiani demanda la création d'un conseil d'amirauté, dont l'établissement lui parait être le seul moyen de corriger les vices de l'administration actuelle. Mais M. le ministre de la inarine, se contentant d'indiquer la différence qui existe entre l'organisation de la marine anglaise et celle de la marine française , fit observer que dans l'élat actuel elle a aussi une sorte de conseil, et que d'ailleurs la question spéciale était trop grave pour qu'il lui fût permis de la traiter sans avoir pris les ordres du roi. i. .

Une discussion très-vive s'engagea sur les frais d'administration, sor la solde , et sur lous les articles ou MM, Labbey de Pompieres, Leseigneur et Beauséjour, demandaient des réductions plas ou moins considérables, combattues par MM. Jurieu et de la Boulaye, commissaires du roi, par M. Réveillère et le ministreluimėme. Là, comme au budget de la guerre, quelques amendemens proposés par la commission passèrent avec l'appui du côté gauche.

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