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teurs du Code : l'opinion qu'ils établissent a quelquefois déterminé celle du Conseil; quelquefois elle a été érigée en disposition législalive.

Toutefois, il importe de ne pas se dissimuler qu'on ne doit puiser qu'avec précaution dans ces sources. La critique n'est pas seulement nécessaire pour démêler les erreurs qui ont pu échapper à des auteurs d'ailleurs si recommandables ( car aucun ouvrage n'est exempt d'erreor); elle l'est surtout pour ne pas admettre certaines définitions, certains principes , vrais dans le temps qu'ils ont été présentés, mais qui cessent de l'être à raison des changemens survenus dans nos usages et dans le système de nos lois.

Enfin, il n'est pas jusqu'aux lois abrogées qui ne méritent d'être conférées avec le Code: quiconque sait ce qu'on n'a pas voulu laisser subsister, saisit bien mieux ce qu'on a voulu établir.

Les élémens de ce livre sont donc :

1°. Les procès-verbaux du Conseil d'état, les exposés de motifs et les discours, les observations du Tribunat, celles des Cours d'appel , Tribunaux et Chambres de commerce, en un mot, toutes les discussions qui ont servi à préparer le Code ;

20. Les dispositions du Code Napoléon et du Code de procédure civile, auxquelles le Code de commerce oblige de se reporter;

que le

3o. Les lois, réglemens et décrets Code de commerce n'a pas abrogés ;

4o. Les ouvrages des auteurs les plus renom més, sur les dispositions que le Code de commerce a empruntées du droit ancien';

50. La conférence des dispositions abrogées , avec les dispositions nouvelles qui les rempla

cent.

ll me reste à parler du plan de ce livre.

Sous certains rapports , il s'éloigne de celui que j'ai suivi dans 1 Esprit du Code Napoléon: il s'en rapproche sous d'autres.

Il s'en éloigne en ce que l'Esprit du Code de commerce contient simplement un commentaire de chaque article du Code ou plutôt de chacune des dispositions qu'un article renferme; au lieu que l'Esprit du Code Napoléon présente tout-à-la-fois un traité sur chaque matière du droit civil et un commentaire sur chaque article : un traité, par ses divisions théoriques, qui distinguent les diverses parties de la mauère, en font apercevoir l'enchaînement et les classent dans leur ordre nalurel ; un commenlaire , en ce que chacun des articles placé sous ces divisions est expliqué.

Celte marche diverse est la suite de la différence qui existe entre la nature de la législation civile et celle de la législation commerciale...

Les lois civiles étant des lois principales, il est possible d'en réduire chaque partie à un système complet.

Les lois du commerce n'étant

que

des lois d'exception, qui, comme je l'ai dit, reçoivent leur complément du droit civil, ne peuvent seules former un système complet sur presqu'aucune des matières qu'elles règlent. Elles se prêtent donc mieux à la forme de commentaire qu'à celle de traité.

La différence qui se rencontre entre l'usage des deux espèces de lois, devoit aussi en apporter dans la forme du travail qu'on entreprendroit sur les unes et sur les autres.

L'étude du droit civil est concentrée dans une certaine classe de personnes qui en font leur occupation principale, qui s'y livrent sans réserve, qui y sont préparées par d'autres études qui ont l'habitude de méditer sur la science des lois, et dont les citoyens, voués à d'autres professions, vont interroger les lumières et l'expérience dans les occasions peu fréquentes où leurs intérêts l'exigent.

un

L'étude approfondie du droit commercial est sans doute également nécessaire aux magistrats. et aux jurisconsultes, mais la connoissance de ce droit doit s'étendre beaucoup plus loin. Il n'est

pas de commerçant qui ne soit obligé de se pénétrer de la loi du commerce, parce qu'elle les dirige tous indistinctement et dans toutes leurs actions. Aucun d'eux ne peut faire avec sécurité une vente, un achat, un billet, envoi , former une société même passagère , dégocier ou toucher un effet, ni enfin se livrer à aucun acte relatif à son négoce, sans l'intelligence du Code de commerce, qui lui donne des règles sur toutes ces choses. Il est obligé de connoître ce que ce Code lui prescrit relativement à la tenue de ses livres , à la consection de l'inventaire annuel , dans le cas où il tombe en faillile, et sur une foule d'autres points. L'oubli de ces deroirs l'expose à de grands dangers ; et cependant il lui est im

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