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BULLETIN

DE LA

SOCIÉTÉ POLYMATHIQUE

DU

M O R BI HAN

ANNÉE 1906

VANNES

IMPRIMERIE GALLES, RUE DE L'HOTEL-DE-VILLE

1906

Fr 39.12.9

HARVARD QULELE
FEB 23 1923

LIERARY
AC LOWELL FO)

ALLOCUTION

DE

M. DUCOURTIOUX

EN PRENANT LE FAUTEUIL DE LA PRÉSIDENCE

MESSIEURS,

Notre Compagnie, suivant un usage remontant à son origine, faisait choix pour présider ses séances de l'érudit dont les travaux lui avaient apporté le plus d'honneur; elle allait parfois jusqu'à désigner un de ceux qui, terminant une brillante carrière, faite en dehors d'elle, lui offraient le mérite de leur haute situation.

Le savant comme le fonctionnaire se tenaient pour grandement honorés. Brisant avec la coutume, vous avez cru devoir appeler d'office à votre tête l'un des derniers venus parmi vous et des moins méritants. Vous m'avez choisi.

Je vous en suis reconnaissant plus que je ne puis vous l'exprimer. Si je vous remerciais trop, vous pourriez croire que j'espérais obtenir cet honneur.

J'ai compris que vous aviez simplement voulu montrer que notre Société, ouverte à tous, se réservait le plaisir d'accorder quelque récompense aux ouvriers de la dernière heure; peut-être y avez-vous joint une leçon, en inscrivant sur le bulletin que vous glissiez dans l'urne le nom d'un des plus assidus à vos séances; plus simplement, vous avez tenu compte de mes vingt-cinq années de séjour à Vannes et des nombreux liens de famille que j'ai contractés dans cette petite patrie, qui me font presque l'un de ses enfants et qui ont établi tant de relations communes entre nous.

Tous ceux qui m'ont précédé à ce fauteuil ont bien rappelé ce souvenir ému, fait de respect et d’affection, que nous

conservons pour ces chers disparus qui ont fondé notre Société et lui ont apporté le meilleur de leur ceur et de leur esprit; mais ils me semblent avoir oublié ceux qui, simples amis de la science, n'ont donné que leur obole et leur attention.

S'il est juste et s'il m'est agréable de pouvoir dire à tous ceux que vous avez choisis pour m'aider de leur expérience, qu'il est difficile de trouver secrétaire plus dévoué et conservateurs plus consciencieux ; si je dois traduire votre pensée et remercier le président sortant du tact et de l'aménité déployés par lui pendant l'année qui vient de s'écouler, ainsi que de cet entrain à remplir plus que ses devoirs que ni la souffrance ni l'éloignement n'ont pu. ralentir, comme ils n'ont pu l'empêcher de nous apporter son tribut annuel d'études historiques; si, de tout ceur, il me faut souhaiter la bienvenue à notre nouveau trésorier qui a bien voulu accepter le poste le plus délicat et qui, sachant qu'il tient notre existence entre ses mains, saura défendre énergiquement les cordons de la bourse, - et à notre vice-président, que vous avez spécialement placé auprès de moi pour me guider et me soutenir de l'autorité de son âge et de sa grande habitude des usages présidentiels ; ne m'est-il pas permis, n'est-ce pas même un devoir, de remercier ces hommes dévoués qui se sont pressés autour de nos maîtres depuis l'année 1826 jusqu'à ce jour? C'est grâce à eux que nous pouvons vivre.

Et nos origines, nos travaux, nos intérêts, j'allais dire nos amours, et certainement nos haines, sont tellernent les mêmes que, malgré moi, je réunis toutes les Sociétés bretonnes et tous ceux qui dans ce premier mois de l'année se sont serrés autour de leur président dans un seul groupe familial et qu'à tous je leur adresse les mêmes éloges.

Que ce soit paroles volantes ou écrits durables, ne faut-il pas des oreilles bienveillantes pour recueillir les unes et des lecteurs avertis pour feuilleter les autres ? C'est encore à cette élite, presque anonyme, que les études sérieuses, appuyées sur des textes, élaguées de toute fantaisie, doivent d’être connues ; c'est elle qui les répand et proteste contre ce folk-lore de café concert; ces articles historiques écrits d'imagination; ces monographies, ces études sociales faites

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