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A. De la houille schisteuse.

S. II.

De la houille schisteuse en général.

La houille schisteuse est proprement le fossile que l'on a désigné jusqu'ici sous le nom de steinkohle (charbon de pierre) : elle paraît être le premier des combustibles minéraux dont on ait fait usage. Dès les tems les plus anciens, on lui a opposé le bois bitumineux qui était moins estimé, et l'on regardait ces deux substances comme deux sous-espèces de la même espèce.

Je ne donne pas le nom de houille schisteuse à toute variété de houille ou de bois bitumineux qui a une texture schisteuse; mais seulement à à cette houille (à texture ) schisteuse qui est toujours accompagnée par le grès des houillères et par largile schisteuse, et qui ne se trouve que dans les terrains secondaires (1) de la plus ancienne formation. Comme toutes les houilles schišteuses ne sont pas d'égale bonté et solidité, on leur a donné dans la vie civile différens noms : ces noms sont locaux, et dans certains endroits les mineurs les ont multipliés au point de désigner par un nom différent la houille qu'ils tirent de diverses couches, et même des diverses parties d'une même couche : ainsi à

(1) Je rappellerai que les Allemands entendent par terrains secondaires, ceux dont la formation est postérieure à l'existence des êtres organiques.

Zwickau on distingue dix sortes de houille (1), mais le minéralogiste ne s'arrête point à tous ces divers noms.

Les Anglais et les Ecossais ont également donné une multitude de noms différens à ce qui n'est cependant que de la houille schisteuse, tels sont les noms de laving-coal, tap-layercoal, quater-coal, bottom-layer.coal, cromcoal, splint-coal, clod-coal, etc.

S. III.

Caractères extérieurs de la houille

schisteuse.

Elle est ,,

a) D'un noir parfait. b) En masses. c) Brillante dans sa cassure, notamment dans la transversale. Lorsque les surfaces de la cassure principale. ne sont pas brillantes, cela vient de ce qu'elles sont recouvertes de particules argileuses , ou qu'elles sont réellement du schiste bitumineux: cette dernière substance accompagne toujours la houille schisteuse , et doit être regardée comme un des principaux caractères

servant à le faire reconnaître. d) La cassure principale est schisteuse, la transversale

est le plus souvent concoïde , quoique souvent d'un concoïde imparfait et évasé. Rarement la cassure est à feuillets minces ou bien terreuse: lorsque le cas arrive, alors la houille schisteuse se rapproche de la houille semblable à de la suie; ou lorsqu'elle prend une plus grande dureté elle passe au schiste bitumineux.

(1) Ces dénominations allemandes, étant locales, ne sont pas susceptibles d'être traduites.

et

e') En général elle se brise en fragmens rhomboïdaux ; dans son gîte même elle se trouve ainsi divisée par

des fissures capillaires : souvent elle est si friable , que les fragmens ne prennent aucune forme déterminée

leurs bords sont mousses. f) Elle est facile à casser (et très-aigre). g) Elle est friable , mais elle passe au tendre et presque

au semi-dur: dans ce dernier cas elle est mêlée à du schiste bitumineux, doit au reste elle n'est jamais en

tièrenient dégagée. 2) Elle est légère, plus ou moins selon la quantité de parties argileuses qu'elle contient et qu'elle est mêlée à du schiste bitumineux.

S. IV.

Propriétés et caractères chimiques de la

houille schisteuse.

Les substances que l'on a retirées des houilles, et que l'on regarde comme leurs parties constituantes, sont l’huile minérale, l'acide sulfurique, l'alkali volatil (aminoniaque), un sel semblable à celui qu'on retire du succin, un peu d'alumine et de fer.

Au reste, comme on n'a pas attaché un sens précis à la dénomination allemande (1) steinkohle (qui signifie charbon de terre), qu'on l'a employée arbitrairement, qu'on a compris sous ce nom les différentes sortes de bois bitumineux, on ne sait plus, lorsqu'on lit une analyse ,

(1) C'est pour éviter le reproche que l'auteur fait au nom allemand de la houille, et que l'on pouvait également faire à l'ancien nom français charbon de pierre , que les naturalistes français ont banni cette dernière dénomination qui était impropre et vague , et lui ont substitué celle de houille qui a un sens précis.

quelle

quelle est la variété de houille ou de bois bitumineux sur laquelle le chimiste a travaillé. Il y a même peu de chimistes qui se soient occupés de ces combustible minéraux : M. Karsten, malgré ses connaissances étendues et sa grande érudition, ne cite dans ces tableaux, pag. 45, d'autres analyses que celles de Kirwan et de Richter : celles de ce dernier ont été faites sur de la houille schisteuse, qui venait vraisemblablement de Silésie : elles ont donné sur 100 parties : Bitume minéral.

34,83 Carbone.

61,33 Un peu de silice, d'alumine et d'oxyde de fer.

On a pris une demi-livre de houille schisteuse trės-compacte , solide et fort brillante , venant de Nordflecken dans le Thuringerwald, on l'a mise dans une cornue, et on l'a exposée à un feu violent que l'on a poussé jusqu'au rouge : on n'a point obtenu de l'huile, mais seulement une grande quantité d'hydrogène ayant une odeur de soufre. Cette houille ne s'enflamme

que

trèsdifficilement : on a fait un essai, à ce sujet, dans un feu de forge : elle resta long-tems, c'est-à-dire plus long-tems que la houille tendre, avant de prendre flamme : mais après elle donna un feu vif (1) et ardent. D'après ce qui

(1) On trouve une pareille houille schisteuse auprès de Lischwitz , non loin de Gera ( en Saxe ); quelques personnes l'ont regardée comme incombustible', et l'ont placée parmi les anthracites ; mais elles se trompent ; car si on l'eût exposée à un degré de feu assez fort, ou qu'on l'eût mêlée avec de la houille plus inflammable, elle aurait brûlé, et produit un aussi bon effet que l'on pouvait l'attendre. ( Note de l'Auteur. )

B,

Volume 27

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m'a été dit, la houille de Kilkenny en Angleterre doit être d'une nature semblable. Quelques ressemblantes que soient entre elles les diverses houilles schisteuses dans leur aspect extérieur, et sur-tout par leur gisement, elles ne laissent cependant pas que de différer très-considérablement dans leurs effets, et dans une plus ou moins grande inflammabilité. Les essais suivans vont en fournir la preuve.

On a pris 1. De la houille schisteuse de Cammerberg près d'Ilmenau.

. De la houille schisteuse de Glasgau en Ecosse.
3. De la houille schisteuse de Nordflecken dans le Thurin-

gerwald.
4. De la houille schistéuse de Lischwitz près Gera.

On a mis ces divers échantillons, chacun séparément, dans un test-à-rotir, et on les a placés en même tems sous la moufle d'un fourneau d'essai : ainsi, ils étaient tous exposés au même degré de chaleur : le fourneau était bien chauffé, et le moufle rouge. Voici ce qui est arrivé.

No. 1. Dès qu'il commença à rougir, il se boursoufla , son volume augmenta de moitié, bientôt après il s'enflamma et brûla en donnant une flamme d'un rouge foncé et une fumée épaisse , puis il conserva pendant tout ce tems la forme et le volume qu'il avait acquis en se boursouflant. Au bout de dix minutes (depuis qu'il avait été placé sous le moufle), on le retira , il était changé en une scorie creuse, dont la surface était recouverte d'un peu de cendre. On le remit sous le moufle , et après y être encore resté dix-huit ininutes, la scorie se con

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