Bodin, prédécesseur de Montesquieu: étude sur quelques théories politiques de la République et de l'Esprit des lois

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A Rousseau, 1896 - Political science - 176 pages
 

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Page 160 - On convient que tout ce que chacun aliène , par le pacte social, de sa puissance, de ses biens, de sa liberté, c'est seulement la partie de tout cela dont l'usage importe à la communauté; mais il faut convenir aussi que le souverain seul est juge de cette importance.
Page 168 - Plusieurs choses gouvernent les hommes; le climat , la religion , les lois , les maximes du gouvernement , les exemples des choses passées , les mœurs, les manières; d'où il se forme un esprit général qui en résulte.
Page 157 - Les charlatans du Japon dépècent, dit-on, un enfant aux yeux des spectateurs, puis jetant en l'air tous ses membres l'un après l'autre, ils font retomber l'enfant vivant et tout rassemblé. Tels sont à peu près les tours de gobelets de nos politiques ; après avoir démembré le corps social par un prestige digne de la foire, ils rassemblent les pièces on ne sait comment.
Page 161 - Ce passage de l'état de nature à l'état civil produit dans l'homme un changement très remarquable, en substituant dans sa conduite la justice à l'instinct, et donnant à ses actions la moralité qui leur manquait auparavant.
Page 163 - La plupart des peuples, ainsi que des hommes, ne sont dociles que dans leur jeunesse ; ils deviennent incorrigibles en vieillissant. Quand une fois les coutumes sont établies et les préjugés enracinés, c'est une entreprise dangereuse et vaine de vouloir les réformer; le peuple ne peut pas même souffrir qu'on touche à ses maux pour les détruire, semblable à ces malades stupides et sans courage qui frémissent à l'aspect du médecin.
Page 158 - Qu'est-ce donc que le gouvernement? Un corps intermédiaire établi entre les sujets et le souverain pour leur mutuelle correspondance, chargé de l'exécution des lois et du maintien de la liberté tant civile que politique.
Page 160 - Si l'on recherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous , qui doit être la fin de tout système de législation , on trouvera qu'il se réduit à deux objets principaux, la liberté et l'égalité : la liberté , parce que toute dépendance particulière est autant de force ôtée au corps de l'Etat; l'égalité, parce que la liberté ne peut subsister sans elle.
Page 161 - On pourrait, sur ce qui précède, ajouter à l'acquis de l'état civil la liberté morale, qui seule rend l'homme vraiment maître de lui; car l'impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
Page 159 - Tous les services qu'un citoyen peut rendre à l'Etat, il les lui doit sitôt que le souverain les demande : mais le souverain, de son côté, ne peut charger les sujets d'aucune chaîne inutile à la communauté ; il ne peut pas même le vouloir : car, sous la loi de raison, rien ne se fait sans cause, non plus que sous la loi de nature.

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