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Ø 9.

Dernières années du couvent de l'erbanck.

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Le prieuré de Terbanck fut supprimé par ordre de l'empereur Joseph II, le 26 avril 1783. Le monastère fut publiquement vendu le 22 janvier 1787, et l'église en fut bientôt démolie. En 1790, les religieuses, au nombre de 10, dont 3 scurs converses, se réunirent sous la direction de leur confesseur, A. Philippet, religieux de Villers, dans une maison particulière, rue des Dominicains. Elles retournèrent à leur monastère en 1792 et y jetèrent les fondations d'une nouvelle églisel.,

Elles oublièrent rapidement les tribulations d'autrefois et se bercèrent de l'espoir que leur séjour à Terbanck ne serait plus troublé. Car, dans un poème adressé en 1792 ou 1793 à très noble, très noble madame Christine de Loquenghien, prieure du noble pricuré de Terbanck à l'anniversaire de son avènement audit prieuré, elles s'exprimèrent dans les termes suivants :

Terbanck depuis longtemps commençoit à vieillir,
Et d'année en année on le voyoit faillir;
Christine veillant tout avec exactitude,
Terbanck devint l'objet de sa sollicitude,
Et bientôt par ses soins cet illustre couvent
Se relève vainqueur des attaques da temps :
Ses soins préviennent tout, et rien de nécessaire
N'échappe à l'æil perçant de cette tendre mère,
Sous son règne à former nous n'avons plus des væux,
Et notre sort enfin est pleinement heureux.

1) Van Even, Louvain monumental, p. 264.

Aussi bénissons-nous cette heureuse journée,
Où Christine pour chef à nos vœux fut donnée,
Et ce jour, pour Terbanck l'aurore du bonheur,
Profondément grav restera dans nos caurs.
Sa mémoire à chacun, oui, sera toujours chère ;
De ce beau jour enfin l'heureux anniversaire
Ramènera toujours la joie et la gaité,
Et toujours daus Terbanck on le verra fêté'.

Vain espoir ! Voux inutiles ! Les religieuses de Terbanck se virent forcées de quitter de nouveau leur monastère lors de l'entrée des Français, le 26 juin 1794. Elles y revinrent une seconde fois le 20 août de l'année suivante, mais en furent expulsées pour toujours le 25 novembre 1796.

1) Un exemplaire de ce poème, magnifiquement imprimé sur soie chez P. Corbeels, à Louvain, et orné du blason de la famille de Loqueogbien, nous a été communiqué par M. Van Rattenborgh, secrétaire communal à Oplinter et procbe parent de la dernière prieure de Terbanck.

LES DERNIÈRES ABBESSES ET LES DERNIÈRES RELIGIEUSES DE

GHISLENGHIEN, PAR LE RÉV. M. L. BAUDELET, CURÉ DE Box-SECOURS, LEZ PÉRUWELZ'.

I. Election de 17602.

Le gouverneur-général des Pays-Bas nomma pour commissaires, le 2 juin 1760, Jacques-Joseph Stassart, conseiller au conseil privé, commis aux causes fiscales, et Nicolas Clocquet, abbé de Caudenberg; Pierre Maria, secrétaire du conseil privé, leur fut adjoint. L'information se tint le 21 du même mois, à l'issue de la messe du Saint-Esprit, et après une exhortation convenable faite aux dames capitulairement assemblées. Les voix furent recueillies, après serment prêté par chacune d'elles 15 religieuses prirent part à l'élection de la nouvelle abbesse. Nous avons dit, par erreur, dans notre précédente notice, que 4 d'entre elles, nées sous la domination

4 française, et une cinquième, originaire du pays de Liége, n'avaient pas pris part au scrutin : elles y furent, au contraire, admises sans difficulté.

Voici les noms des religieuses :

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1. Marie-Robertine d'Ostrel de Flers, prieure, née à Buillemont, terre de Tournai, âgée de 61 ans, professe de 44.

2. Marie-Françoise de Sucre de Preux, jubilaire, née à Bruxelles, âgée de 74 ans, professe de 55.

a) Cette notice fait suite aux Noles publiées dans les Analectes, VI, p. 423 et suiv.

*) Les dossiers de cette élection et de la suivante se trouvent aux archives du Conseil privé, carton n° 1465.

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3. Marie-Françoise d’Esclaibes d'Hust, chapelaine et boursière, née à Coyghem lez Courtrai, âgée de 61 ans, professe de 44.

4. Marie-Thérèse de Carnin, née à Ypres, âgée de 50 ans, professe de 30.

5. Marie-Josèphe d'Ostrel de Flers, née à Hesdin, en Artois, âgée de 37 ans, professe de 21.

6. Radegonde-Monique de Peralta y Cascales, née à Louvignies lez Soignies, âgée de 39 ans, professe de 21.

7. Maximilienne-Josèphe de Peralta y Cascales, seur de la précédente, âgée de 35 ans, professe de 17.

8. Isabelle-Thérèse de la Woestine, née à Tournai, âgée de 44 ans, professe de 17.

9. Marie-Florence de Clooster de Rebrugge, née à Ypres, âgée de 39 ans, professe de 17.

10. Marie-Hyacinthe Hanmer de Béthencourt, née à Valenciennes, âgée de 36 ans, professe de 16.

11. Marie-Thérèse de la Hamaide, née à Mons, âgée de 36 ans, professe de 16.

12. Marie-Ernestine Vanderheyden de Blisia, née à Liége, âgée de 29 ans, professe de 9.

13. Marie-Josèphe de Coupigny Delbarque, née à Louverval, en Artois, âgée de 28 ans, professe de 8.

14. Marie-Ghislaine du Hamel de Manin, née à Manin, en Artois, âgée de 28 ans, professe de 8.

15. Anne-Françoise de Neverlé, née à Flavion, diocèse de Namur, âgée de 25 ans, professe de 5.

Le rapport des commissaires est daté du 23 juin :

Ils n'ont pu, disent-ils, entendre les principaux officiers de la maison, parce que le seul qu'il y avoit, qui étoit le bailli et receveur, a été congédié d'abord après la mort de l'abbesse.

Les voix se sont réparties de la manière suivante :

Marie-Françoise d'Esclaibes a obtenu 6 premières voix et 1 seconde : total 20.

Marie-Thérèse de Carnin, 2 premières, 3 secondes et 6 troisièmes : total 18.

Maximilienne-Josèphe de Peralta, 1 première, 6 secondes et 2 troisièmes : total 17.

Radegonde-Monique de Peralta, 3 premières et 1 seconde : total 11.

Marie Robertine d’Ostrel de Flers, prieure, 1 première, 3 secondes et 2 troisièmes : total 11.

Le receveur n'ayant laissé aucun compte, les commissaires ont constaté, à l'aide des renseignements pris dans les registres ou fournis par la boursière, que la situation temporelle du monastère peut s'établir comme suit :

En caisse 26,000 livres environ.
Dettes actives 19,384 livres, 3 sols.
Dettes passives 9,211 livres, 11 sols, 7 deniers.
Recette annuelle moyenne 38,592 livres, 15 sols, 4 deniers.
Dépense annuelle moyenne 32,032 livres, 13 sols, 6 deniers.
Boni annuel moyen

6,560 livres, 1 sol, 10 deniers. « Nous observons à cette occasion que la recette auroit été plus forte si, à l'imitation de ce qui se pratique dans d'autres maisons, elle eût été confiée à une religieuse, qui, outre son plus grand attachement aux intérêts de la communauté, et les connaissances qu'elle auroit acquises de tout ce qui y auroit eu rapport, sans la confier à un receveur laïc, on ne seroit pas dans une espèce de dépendance, s'étant pour ainsi dire emparé seul des notions des biens, droits et intérêts de l'abbaye, et à qui elle payoit pour gages annuels 400 livres, outre bois, chan

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