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listes, l'art de rassembler les noms différents parties sont liées ensemble, ei suivent ou que les minéraux, les végétaux et les ani- dépendent les unes des autres. mous ont reçus des différents auteurs qui Système, en termes d'astronomie, est la les ont décrits, et de les rapprocher de l'in- supposition d'un certain arrangement des dividu, de l'espèce, ou du genre auxquels différentes parties qui composent l'univers, ils appartiennent exclusivement.

d'après lesquelles les astronomes expliqueni L'histoire nalurelle ne peut faire de pro- tous les phénomènes ou apparences des grès qu'autant qne les divers objels qu'elle corps célestes. embrasse, ont des noms particuliers, qui ser- il y a dans l'astronomie trois systèmes vent à les faire reconnaitre. Mais l’étude et principaux, sur lesquels les philosophes l'observation des productions immenses de ont éié partagés. Les anciens philosophes la nature, n'ont pu etre l'ouvrage d'un seul qui connaissaient très-peu les circonstances homme. De là les différents noms donnés à du mouvement des planètes, varièrent beauune même chose ou le même nom donné à coup sur ce sujet. Pythagore et quelques-uns différentes choses; de là ces nombreuses no- de ses disciples supposèrent d'abord la terre menclatures qui embrouillent les sciences immobile au centre du monde. Dans la suite, naturelles: de là la nécessité des syno - plusieurs disciples de Pythagore s'écartèrent nyines.

de ce sentiment, firent de la terre une plaL'ouvrage le plus parfait que l'on connaisse nète, et placèrent le soleil immobile au en ce genre, est le species plantarum de Lin- centre du monde. Platon fit revivre le sysnée, dans lequel l'auteur rapporte tous les téine de l'immobilité de la terre; plusieurs noms, toutes les phrases des plus célèbres philosophes suivirent ce sentiment : c'est auteurs qui ont écrit sur la botanique. ce qui a donné lieu au système de Plo

Il ne faut pas confondre la nomenclature lémée. avec la synonymnie : la première a pour objet Ptolémée, qui écrivait vers l'an 140 de Jéd'assigner à chaque individu, à chaque es- sus-Christ, a donné son nom à ce système, pèce, à chaque genre, le nom qui lui est pro- parce que son Almageste est le seul livre pre; au lieu que l'autre est l'art de rappor- délaillé qui nous soit parvenu de l'ancienne ier à un individu, etc., lous les noms que astronomie. Jui ont donnés ceux qui l'ont décrit.

Copernic, vers l'an 1350, commença d'aSYNOPTIQUE - (du grec sun, ensemble, bord par adcoeltre le mouvement diurne de el d'aptomai, voir: que l'on voit dans son en- la terre, ou son mouvement de rolalion sur semble, dans sa totalité).-Les tableaux syn- son axe, ce qui simplifia beaucouple système. optiques sont des tableaux qui représentent Ce mouvement une fois admis, il devenait sous un seul point de vue, des classifications, bien simple d'admettre un second mouvedes principes fondamentaux, des résultats, ment de la terre dans l'écliptique. Celui-ci Jes faits, etc., qui ont été décrits en détail, explique, avec la plus grande facilité, le dans le cours d'un ouvrage.

phénomène des stations et des rétrogradaSYNTHESE (du grec sun, ensemble, et de

iions des planètes. tithemi, placer, mellre, mettre ensemble : Tycho-Brahé, regardant le témoignage de l'art de mettre ensemble). – On appelle quelques passages de l'Ecriture sainte comsynthèse, dans les sciences, la méthode par

me un très-grand obstacle au système de laquelle, en partant des premiers principes, Copernic, proposa, vers la fin du ivi' siècle, des axiomes, des définitions, on parvient,

de placer la terre iiomobile au centre du paron enchainement de propositions dó

monde, et de faire tourner autour d'elle la montrées, à la connaissance des vérités les lune, le soleil et les étoiles fixes; les cing plus éloignées. Dans ce sens, la synthèse est

autres planètes tournant autour du soleil, opposée à l'analyse, qui commence par les

dans des orbiles qui sont emportées avec lui propositions générales pour descendre aux

dalis sa révolution autour de la terre. Mais premiers principes. L'analyse est la décom

comme ce système exige la même rapidité position du tout, la synthèse en est la re

de mouvement que celui de Poléméc, il n'est composition.

pas plus recevable. Aussi Longomontanus, SYNUSIASTES. – Hérétiques qui soute

astronome célèbre, qui vécul dix ans chez Hérétiques qui soute. Tycho-Brahé, ne put se résoudre à admettre naient que dans Jésus-Christ il n'y avait

en entier le système de Tycho; il admit le qu'une seule nalure et une seule substance.

mouvement diurne de la terre, ou son m011Dis disaient que le Verbe n'avait point pris

vement de rolation sur son axe, pour éviter un corps dans le sein de la Vierge, mais

de donner à toute la wachine céleste, cette qu'une partie du Verbe divin s'y était

vitesse inconcevable du mouvement diurne. changée en sang et en chair; d'où ils con

Quoiqu'il y ait moins de difficultés à procluaient que Jésus-Christ était consubstantiel

poser Longomontanus, que contre TychoŹ son père, non-seulement par rapport à sa

Brabé il est aujourd'hui démontré que le divinité, mais même par rapport à son hu

mouvement annuel de la terre est aussi évimanité et à son corps humain.

dent que son tuouveinent diurne. Ainsi, le SYSTEME (du grec sun, ensemble, et système de Copernic, corrigé par, Kepler, dehistêmi, placer : assemblage). - Système meure vrai dans tous ses points. signifie, en général, un arrangement de Le système bibliographique est l'ordre ob principes et de conclusions, un enchaine. servé dans une classilication quelconque ineni, un loul de doctrine, dont toutes les d'ouvrages, soit imprimés, soil manuscrits, pour former une bibliothèque ou un catalogue Naudé publia son Avis pour dresser une bide livres. Jusqu'à ce moment, on ne con

bliothèque. naslaucun système bibliographique parfait, et Louis Jacob de Saint-Charles publia un peut-être est-il impossible d'atteindre à cette Traité des plus belles bibliothèques publiques perfection ; car ce système consiste à diviser et particulières. Ces deux derniers ouvrages et sous-diviser en diverses classes tout ce firent oublier les précédents. Un des systèqui fait l'objet de nos connaissances; et la mes les plus recommandables est celui où difficulté à surmonter pour établic entre l'on expose l'ordre et la disposition des litoutes ces parties l'ordre qui leur con- vres du collège de Clermont, lenu par les vient, est 1o de fixer le rang que les clas- Jésuites à Paris, 1678. La collection entière ses primitives doivent tenir entre elles; est séparée en quatre grandes parties : Théo2° de rapporter à chacune d'elles la quantité logie, philosophie, histoire, droit. immense de branches, de rameaux, et de Les Allemands ont beaucoup travaille sur feuilles qui lui appartiennent. Or, sera-t-on la bibliographie; parmi les nombreux traijamais d'accord sur les divisions et sur les tés qu'ils ont publiés, il s'en trouve De scrisous-divisions ?

ptis et bibliothecis antediluvianis. Morhoff, Les anciens ne nous ont rien laissé sur dans son Polyhistor, a parlé de la disposil'ordre qu'ils observaient dans les bibliothè- lion des livres dans une bibliothèque. Leibques. Le premier qui a écrit sur cette ma- nitz a aussi travaillé sur ce sujet. tière est un nomme Florian Treffer, qui a Parmi les auteurs français qui ont écrit donné une méthode de classer les livres im- sur cette matière, on distingue, outre Naudé primés à Augsbourg en 1560. Cette méthode et Louis Jacob, dont il a été parlé plus haut, est plus que médiocre. On fut un peu plus Le Gallois, Baillet, Girard, Barrois et Desatisfait des ouvrages de Cardona, en 1587, et bure, Formey, Bruzen de la Martillière, de Scholt, en 1608, sur le même objet. En 1627 Ameilhon, Camus, Grégoire, etc.

T

TABA OU TABO-SEIL. Nom que les TABELLIONS. - Dans l'ancienne France, nègres de la cole du Grain en Afrique don- on nommait tabellions des officiers qui, dans nent à leur roi qu'ils regardent comme étant quelques provinces et juridictions du royaud'une nature supérieure à la leur.

me, pouvaient seuls grossoyer les contrats TABASQUET. – Fete solennelle que les et les inettre en forme exécutoire. Ce mot nègres mahomélans de l'intérieur de la Gui- vient de tabula, tablette enduite de cire, sur née célèbrent loutes les années à la fin de laquelle on écrivait autrefois; d'où l'on a leur ramadan, et qui a quelque rapport avec fait tabellio. le baïramı des Turcs et des Maures. Sur le La fonction de tabellion n'était originairesoir on voit paraltre cinq prêtres (marabouls) ment, avec celle de greffier, qu'un seul et couverts d'espèces de luniques blanches, même emploi, exercé par les clercs ou comqui marchent de front, et soni armés de lon- mis des juges ordinaires. Ces deux charges gues zagayes. Deux nègres conduisent cinq furent ensuite incorporées au domaine de la boufs, choisis parmi les plus gras du can- couronne, et données à ferme; depuis elles tou; viennent ensuite les chefs des villages furent érigées en titre d'office. voisins, armés de zagayes, die sabres et de Les tabellions ne furent d'abord établis poignards; après eux se présente tout le que dans les villes chefs-lieux où il y avait peuple nègre, cinq à cinq, et armé comme bailliage et sénéchaussée ressortissani en la ses chefs. Lorsque cette procession arrive cour. Mais, comme un homme ne pouvait au bord de la rivière, on aitache les beufs à pas seul faire tous les actes volontaires d'une des piquets, et le plus considérable des ma- juridiction, il fut permis aux tabellions de rabouls, après avoir enfoncé sa zagaye dans commettre des clercs ou des substituls pour la terre, eiend les bras du côté de l'orient, recevoir les actes à leur place, et ensuite et crie trois fois consécutives Salamaleck de les leur apporter à signer, garder, et espéboules ses forces. Ce cri est répété par tous Jier. les assistants, qui alors quittent leurs armes, Ces clercs, Jit Loyseau, élaient propreet l'on commence une prière générale : aus- ment ce qu'on appelait alors notaires; parce sitôt qu'elle est finie, les nègres reprennent qu'ils prenaient note des conventions pour leurs armes, ils renversent les bæufs, en les porter aux tabellions, qui les inséraient observant d'enfoncer dans la terre une de dans leurs registres, les attestaient par leur leurs cornes et ils les iminolent. Pendant signature, et en délivraient l'expédition aus que le sang des victimes coule, on ne man- parties. que pas de leur jeter du sable dans les yeux, Les inconvénients qui pouvaient naitre de anu qu'ils ne voient pas les sacrificateurs, l'interposition de ces commis ou substituts, ce qui serait du plus malheureux augure. déterminèrent nos rois à ériger en titre d'of Les beufs sont ensuite écorchés, on les coupe fice des notaires pour la campagne. Ces nopar morceaux, et ils sont distribués aur ma taires ne pouvaient cependant pas expédier rabouts et aux habitants qui se sont cotisés les grosses des actes qu'ils recevaient; ils pour fournir les victimes. La solennité se élaient assujettis à rapporter leurs minutes Termine par la danse du folgar.

aur tabellions.

Mais, par un édit du mois de mai 1597, bour. Les dignitaires nommés ci-dessus sont
Henri IV supprima les tabellions el gardes- toujours précédés de cet étendard et de ce
notes : il réunit leurs fonctions à celles des tambour.
nolaires royaux, et voulut que tous les no- TABLES. – Pour manger, les Grecs se
taires royaux fussent égaux en qualité, quoi servaient primitivement de tables de bois
que inégaux en territoire.

ordinaire, sans le moindre ornement; mais
Cependant, comme quelques propriétaires quand le luxe asiatique eut altéré la simpli-
de tabellionage ne furent pas remboursés, cité de leurs meurs, ils eurent des tables
cet édit ne changea rien à leur égard ; ce la- de cèdre, de citronnier, ornées de bandes
bellionage continua d'être exercé dans plu- d'ébène ou de nacre de perles
sieurs provinces du royaume, par des olli- Les Romains, perpétuels imitateurs des
ciers particuliers.

Grecs, les surpassèrent bientôt dans le luxe
TABERNACLE (du latin tabernaculum, des tables, Cicéron en acheta une de deux
lente, pavillon, diminutif de taberna, pelile mille écus et il y en avait de beaucoup plus
loge). – On entend ordinairement par ce chères. Les unes n'avaient qu'un seul pied
mot le temple portatif devant lequel les Is- et on les nommait monopodia; celles qui on
raélites, pendant leur séjour dans le désert, avaient deux s'appelaient bipedes ; celles qui
faisaient leurs actes de religion, offraient en avaient trois, tripedes. Ils ne se conten-
leurs sacrifices et adoraient le Seigneur. Ce taient pas d'une seule table, ils en avaient
temple, dont Moïse avait reçu le plan et les communément deux : l'une pour le service
dimensions de Dieu même, était composé de chair et de poisson, et l'autre pour le
d'ais, de peaux et de voiles; il avait trente fruit; elles étaient nues et sans nappes; on
coudées de long, sur dix de haut et autant les nettoyait à chaque service avec une
de large, et était séparé en deux parties. On éponge, ei les convives se lavaient les mains.
pouvait le monter, le dimonter, le transpor- Dans la suite il y eut des nappes de toiles
ier partout où on jugeait à propos. La pre- peintes avec des raies de pourpre, et quel-
mière partie s'appelait le lieu saint ou sim- quefois de drap d'or. Ce n'était point l'usage
plement lo saint : on y conservait le chan- de fournir des serviettes aux convives; cha-
Velier, la table avec les pains de proposition cun apporlait la sienne : cet usage subsista
et l'autel des parfums. L'autre partie, sépa- longtemps après le règne d'Auguste. Les
rée de la première par un grand rideais, était hommes étaient couchés sur des lits, à la
nommée le sanctuaire ou le saint des saints, manière des Asiatiques, et les femmes étaient
el c'était là qu'était déposée l'arche d'allian- placées et assises sur le bord des lits où
ce. Tout autour du tabernacle il y avait un étaient leurs maris; c'était aussi la place des
espace que l'on nommait le parvis, qui avait enfants et des jeunes gens qui n'avaient
cent coudées de long sur cinquante de large, point encore pris la robe virile. Ce na fut
el qui était fernié par des planches de bois que vers le temps des derniers empereurs
de séthim couvertes de riches lapis; dans que les dames romaines mangèrent couchées
cette enceinle, on trouvait l'autel Jes holo- à table, à l'exemple des hommes.
causles el la cuve d'airain où les prêtres ve- TABLE ABBATIALE. Les abbayes de l'an-
naient se laver avant le commencer les fonc- cienne France élaient presque toutes assu-
lions de leur ministère. Tout le tabernacle jetties à une redevance annuelle envers les
était couvert d'étoffes précieuses, garanties abbés chefs d'ordres, pour les dédommager
des injures du temps par d'autres étoffes de des frais des chapitres généraux. Cette rede-
poils de chèvres. Les Juifs regardaient le vanre était nommée table abbatiale , à cause
iabernacle comme la demeure du dieu d'Is. de l'usage auquel elle était destinée. Il y
raël, parce qu'il y donnait en effet de nom- avait aussi des prieurés qui devaient de sem-
breuses preuves de sa présence.

blables redevances à certaines abbayes,
TABERNACLES (FÊTES DES). - Cette fête comme une reconnaissance de leur dépen-
ful instituée par le peuple d'Israël, après dance.
qu'il eut pris possession de la terre de Cha- TABLE DE MARBRE. La lable de marbre
naan, en mémoire de ce qu'il avait habité était autrefois, en France , une juridiction
sous des tentes dans le désert. Elle com- très-considérable : on ne connait pas bien
mençait le 15 septembre et durait huit jours. l'origine de ce tribunal, l'édit de sa création
Le dernier était le plus solennel : c'est de lui ne se trouve pas. On pense assez univer-
que parle saint Jérôme, quand il dit que sellement que le noin de table de marbre fut
Jésus-Christ vint à la féle des Tabernacles, le donné à ce siége à cause d'une grande table
dernier et le plus grand jour.

de marbre qui tenait tout le travers de la
Pendant celte fète, les Juifs se construi- salle du palais, dans laquelle les juges le-
saient en debors de leur maison des cabanes naient leur juridiction. Louis XIV créa une
de feuillages, ornées avec le plus grand soin, table de marbre au parlement de Metz, par
où piusieurs habitaient et où tous du nioins un édit du mois de décembre 1679. Il y
prenaient leurs repas pendant toute la durée avait encore trois tribunaux au palais, qu'on
de la solennité.

connaissait sous le nom de table de marbre ;
TABLALEM. Titre que l'on donne en savoir, la connétablie et maréchaussée de
Turquie à tous les gouverneurs de province, France (voy. CONNÉTABLIB ); l'amirauté
ainsi qu'aux visirs, pachas el beys. Alem esi (voy. AMIRAL) ; et les eaux et forels.
un large élendard porté sur un bâton sur- La juridiction des eaux et forêts connais-
monté d'un croissant. La tabi est un tam- sait de ce qui concerne les rivières et les
DICTIONN. DES SAVANTS ET DES IGNORANTS. II.

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bois, la chasse et la pêche. On y connais- troupe contre troupe ; et on croit que l'on

sait aussi des appels des jugements rendus donnait à celle jodie le nom de table ronde,

dans les maîtrises particulières et dans les parce que les chevaliers qui y avaient com-

grueries. Son ressort était plus étendu que battu, venaient au retour souper chez le

celui du parlement de Paris ; car, outre les principal tenant, où ils étaient assis à une

appellations des maitrises et des justices des table ronde, pour éviter les dispules de la

seigneurs, pour le fait des eaux et forêts du préséance et de la prééminence.

ressort du parlement, elle recevait encore . TABLES (Loi des Douze). - Elles furent

celles des autres parlements où il n'y avait faites par les décemvirs vers l'an 301 de la

point de table de marbre : elle préiendait fondation de Rome, dans le but d'éteindre

même avoir le droit de prévention sur celles les divisions qui s'élevaient continuellement

des autres parlements.

entre les consuls et les tribuns du peuple.

On y distinguait deux sortes de juridic. Une partie de ces lois furent tirées d'Athè-
tions; savoir, l'ordinaire et l'extraordinaire. nes et des autres villes de la Grèce les mieur
Les appellations des jugements qu'on y ren- policées, et l'on y ajouta les lois royales. Ces
dait à l'ordinaire, ressortissaient au parle- lois furent gravées sur dis tables de cuivre,
ment, à moins qu'il ne s'agit d'appellations et exposées dans le lieu le plus éminent de
de jugements rendus par les officiers des de la place publique ; mais comme ce corps
maitrises particulières, ou par les juges des de lois ne parut pas complet, deux ans après
seigneurs, pour crimes, excès et délits com- on ajouta deux nouvelles tables aux dix
mis, et pour lesquels il avait été prononcé premières. Ces lois se sont perdues, et il ne
des peines afflictives. Les tables de marbre nous en reste plus que quelques fragnients
pouvaient juger ces appels en dernier res- dispersés dans divers auteurs. Elles étaient
sort. On jugeait encore à la table de marbre pour la plupart d'une sévérité révollanle :
extraordinairement et souverainement toutes on y trouve le supplice du feu, des pei-
les affaires qui avaient pour objet la police nes presque toujours capitales, et le vol
des eaux et forêts, la réformation, les mal- puni'de mort. Elles prononcent la peine ca-
versations et les dégradations des bois du pitale contre les faiseurs de libelles et les
roi; mais ces jugements souverains ne pou - poëtes, ce qui prouve incontestablement
vaient se rendre que quand le premier pré- combien les décemvirs élaient amis de la
sident ou un autre président du parlementy tyrannie; cependant les lois royales, insti-
venait siéger avec sept conseillers de la tuées pour tenir en bride un peuple composé
grand'chambre.

de fugitifs, d'esclaves, de brigands, ne de-
TABLE DES PAINS DE PROPOSITION. C'était vaient plus convenir à des républicains.

une grande table d'or, placée dans le temple Lorsque Cicéron loue les lois des XII Tables,

de Jérusalem, sur laquelle on mettait les il n'entend certainement pas applaudir à ces

douze pains de proposition en face, six à lois do sang. Après l'expulsion des décem-

droite, et six à gauche. Il fallait que cette virs, elles ne furent pas abrogées expressé-

table fut très-précieuse, car elle fui portée à ment, mais la loi Porcia les rendit inutiles,

Rome, lors de la prise de Jérusalem, ut parut en défendant de mettre à mort un ci-

au triomphe de Titus, avec d'autres richesses toyen romain , et l'on sait qu'un accusé

du temple.

avait le droit de se retirer avant son juge-

TABLE-RONDE (Chevaliers de la). – Ordre spent.
militaire qu'on prétend avoir été institué par TABLES ASTRONOMIQUES.-On appelle
Arthur, premier roi des Bretons, vers l'an ainsi les suites des nombres qui indiquent
516. On dit que ces chevaliers, tous choisis les situations et les mouvements des astres,
entre les plus braves de la nation, étaient au ou qui servent à les calculer.
nouibre de vingt-quatre, et que la table Les plus anciennes tables dont on ait con-
ronde, d'où ils tirèrent leur nom, fut une

naissance sont contenues dans l’Almageste de
invention d'Arthur, qui, voulant élablir entre

Plolémée. On y trouve des tables de sinus,
eux une parfaite égalité, imagina ce moyen des tables du mouvement du soleil, de la
d'éviter le cérémonial et les disputes du rang

lune et des cinq planètes.
au sujet du haut et du bas bout de la table.
Lesley nous assure qu'il a vui cette table

Alphonse, roi de Castille, fut le premier
ronde à Winchester, si l'on veut croire avec

qui rectifia les tables astronomiques de Pto-
lui ceux qui y en montrent one de cette

lémée, vers l'an 1252. Les tables alphon-
forme avec beaucoup de cérémonies, et qu'ils

sines ont élé imprimées à l'enise en 1492,
disent être celle même dont se servaient les

et à Paris en 1545.

chevaliers. Pour confirmer la vérité de cette Copernic, le premier restaurateur de l'as-

tradition, iis montrent les noms d'un grand tronomie, publia de nouvelles tables der

numbre de ces chevaliers tracés autour de la mouvemenis célestes, en 1543, fruit de trente

table. Larrey, et plusieurs autres écrivains, ans d'observations.

ont débité sérieusement cette fable comme Mais Tycho-Brahé surpassa infinimeni

un fait historique.

lous ceux qui l'avaient précédé, par le

Il paraît au contraire que ja table ronde nombre prodigieux d'observations qu'il fi
n'a point été un ordre militaire, mais une dans son ile d'Huene, sur la fin du xvr siè-
espèce de joûte ou d'exercice militaire en- cle, et il fournit la matière d'une nouvelle
tre deux hommes armés de lances, et qui suite de tables plus parfaites que les an-
différait des tourpois où l'on combattait ciennes.

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Képler, qui fit dans l'astronomie de si avait donnée sur le mont Sinaï, quelques belles découvertes par le secours des observa- incrédules eurent l'audace de publier que lions de Tycho, est aussi celui auguel nous Dieu certainement ne lui avait pas parlé, devons les fameuses tables Rudolphines, im- et qu'il avait écrit lui-même sur les iables primées à Lintz, en 1627.

ce qu'il lui avait plu. Mais Dieur, pour conLa publication de ces lables fut une épo- fondre ces séditieux, ordonna à Moïse de que pour le renouvellement de l'astrono- choisir soixante-dix personnes d'entre les wie, et elles donnèrent lieu à un grand anciens du peuple, et de les conduire sur la nombre d'autres tables publiées depuis, dans montagne, pour être témoins de ce qu'il lesquelles on s'est efforcé d'en rendre la lui Jirait. Moïse obéit à Dieu ; il choisit forme plus commode.

soixante-dix vieillards d'entre les douze Il n'y a maintenant aucun article dans l'as- tribus, et les mena sur la montagne. Mais tronomie qui ne renferme des tables plus aussitôt qu'ils y furent arrivés, une nuée ou moins élendues. On les distingue en épaisse les sépara de Moïse, qui, entré dans tables auxiliaires et en tables d'observations. la nue, parla seul avec Dieu. Pendant ce Les premières servent dans les tab'es des temps les vieillards demeurèrent prosternés calculs comme tables de logarithmes, de et entendirent distinctement les paroles de parties proportionnelles. Les tables de loga- Dieu, qui consistaient en propiesses et en rithmes de Callet, publiées en 1783, sont menaces. très-cowmodes. Pour les parties proportion- Aussitôt que Moïse fut sorli de la nue, ilnelles, on a l'ouvrage intitulé : Sexcentenary dit aux vieillards : Vous avez oui ce que Dieu table, Bernouilli, 1779; et un autre ayant pour m'a dit? A quoi ils répondirent : Nous litre : Seragesimul tuble, Taylor, 1780. avons véritablement oui des paroles, mais

Les tables d'observations sont les plus im- nous ne pouvons savoir qui les a proférées portantes de toutes pour les astronomes; puisque la nuée nous empêchait de le voir, mais ce ne sont pas des tables proprement

de sorte

que

si vous voulez que nous ujordiles, ce sont plutôt des recueils. Les plus tions foi à vos discours, il faut que vous nous considérables sont ceux de Tycho-Brahé, fassiez voir ce Dieu qui vous parle. Ce fut Hévélius, Flamstead, Halley, Bradley, Mas- alors que Dieu entra en colère et qu'elle éclata kélyne, Lemonnier, Darquier, etc.

sur ces incrédules par un treniblement de TABLES DE LA LOI. - Mabomel fait dire terre excité par un bruit épouvantable, et à Dieu, dans le chapitre du Coran qui accompagné d'un feu dévorant qui les conporte le titre d'Auras : Nous arons écrit pour suma ious, ainsi qu'il est marqué dans le Moise loutes ces choses en particulier, que les chapitre Aaraf, cité plus haut. Israélites doivent observer, tant à l'égard de Les Hébreus ne complent que deux tace qui est commundé que de ce qui est dé- bles de la loi, et Moïse dit expressément fendu, et recerez-les avec respect, et coinman. qu'elles étaient écrites de la main de Dieu, dez à votre peuple de les garder soigneuse- digito Dei scriptæ, ce que les interprètes ment. Les interprètes musulmans expliquent expliquent par le ministère d'un ange ou de ainsi ce passage : Nous avons ordonné à la l'esprit de Dieu, qui est quelquefois nommé plume ou au burin céleste d'écrire ou de le doigt de Dieu, ou que Moïse, rempli de graver ces lables, ou bien nous avons com- l'esprit de Dieu, les écrivit. mandé à l'archange Gabriel de se servir de la TABLEAU VOTIF. - Les Romains qui plume, qui est l'invocation d:l nom de Dieu, avaient eu le malheur de faire naufrage, et d: i'encre qui est puisée dans le fleuve des étaient dans l'usage de faire peindre sur une lumières, pour écrire la loi.

toile leur triste aventure, et de suspendre ce Suivani quelques-uns de ces commenta- tableau dans le temple de la divinité à lateurs, ces tables étaient au nombre de sept, quelle ils croyaient devoir la conservation selon d'autres il y en avait dix. Les Arabes de leur vie. D'autres s'attachaient ce tableau disent qu'elles avaient chacune dixou douze au cou, et ils en expliquaient le sujet par coudées de hauteur, el qu'elles élaient fai- des chansons qui faisaient mention de leur les d'un bois appelé sedr ou sédrat, qui est misère, afin d'engager les paysans à les une espèce de lot que les musulmans pla- aider de quelques aumônes. Ceux qui avaient cent dans le parajis; d'autres prétendent été guéris de quelque maladie consacraient qu'elles élaieni faites d'émeraudes, et qu'é- aussi un tableau dans le lemple du dieu qui tant percées à jour, on pouvait les lire des les avait secourus. Les avocats se servaient deux côtés, d'un colé à droite et de l'autre aussi de tableaux, qui représentaient les à gauche.

infortunes de leurs parties et les maux On sait que Moïse descendant de la mon- qu'elles avaient essuyés par la dureté de lagne de Sinaï, comme il rapportait les pre- leurs ennemis, et ce moyen détermina soumières tables de la loi, les hrisa d'indigna- vent les juges en faveur des victimes d'un tion en voyant les Israélites adorer le veau pouvoir insolent soutenu par d'immenses d'or. Ces tables ainsi rumpues, les morceaux

richesses. en furent rapportés au ciel par les anges, à Les Chrétiens ont aussi leurs tableaux la réserve d'une seule pièce, de la grandeur votifs. d'une coudée, qui denieura sur la terre, et TABLETTES (du latin tabuletta, diminutit qui l'ul mise dans l'arche d'alliance. Les de tabula).

de tabula). - C'était le nom de la matière mêmes interprètes ajoutent que les Israélisubjective de l'écriture chez les anciens. Les les ayant reçu de Moisce la loi que Dieu lui lablelles étaient composées de petites plan

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