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« Dans le cours de cette guerre, l'arme de la cavalerie qui a rendu le a plus de services est, sans contredit, celle des hussards, »

HOCHE,

Quartier général à Friedberg, le 1er mai 1797.

1797.

I

Pajol arrive dans sa famille le 16 janvier. Accueil qu'il reçoit de ses concitoyens.

– Kleber continue à commander, par intérim, l’armée de Sambre-et-Meuse, bien que sa démission ait été acceptée. — Il choisit la division destinée à passer à l'armée d'Italie. — Il en donne le commandement à Bernadotte, et la met en route le 12 janvier. — Kleber propose à Moreau, le 14 janvier, une nouvelle réorganisation de l'armée de Sambre-et-Meuse en six divisions. Moreau l'approuve, et Kleber la met à l'ordre de l'armée le 23 janvier. — Kleber remet l'intérim à Cham- , pionnet (23 janvier), et part de Coblenz (3 février). — Pajol quitte Besançon le 15 février. — Il arrive à Coblenz dans les derniers jours de février. — Il prend son service au 4° régiment de hussards.

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Le 31 décembre 1796, le commandant Pajol était arrivé à Trèves, et le 1 er janvier 1797 il gagnait Luxembourg. De là il se rendit, le 2, à Thionville, le 3, à Metz. Il passa plusieurs jours dans cette dernière ville, et achemina, le 9, son ordonnance, ses équipages et ses chevaux sur Pont-à-Mousson, où il arriva lui-même le 10.

Le lendemain, 11, il était à Nancy; le 12, à Mirecourt; le 13, à Ligneville et Iche; le 14, à Jussey, et le 15, à Vesoul. Il prit alors les devants, tant il lui tardait de revoir ses parents, et arriva le lendemain à Besançon.

Le commandant Pajol avait ainsi mis vingt jours à venir de Coblenz, et il se retrouvait au milieu de sa famille, après plus de deux ans et demi d'absence, après de grands travaux accomplis et de grands événements traversés.

Pajol n'était plus seulement le brillant officier que toute la jeunesse de Besançon avait accueilli avec enthousiasme, en 1793, lors de son retour de Mayence; il était en outre l'élève et le compagnon d'armes de Kleber. Ces titres le grandissaient aux yeux de ses concitoyens, autant que l'élévation du grade avec lequel il reparaissait au milieu d'eux.

Tous lui faisaient fête; on disait avec orgueil : « Il était à Maëstricht, au passage du Rhin, aux combats sur la Lahn et sur la Regnitz; il a été blessé à Esneux et à Limburg ; il a porté à la Convention nationale les drapeaux enlevés à l'ennemi en 1794. » Tous étaient fiers de lui, et par leurs démonstrations ils doublaient la joie de son retour dans sa ville natale, sous les yeux d'un père et d'une mère qu'il aimait profondément.

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Quand Pajol avait quitté Coblenz, Kleber commandait en chef, par intérim, en attendant que la santé de Beurnonville fût rétablie. Il conserva ses fonctions jusqu'au moment où le Directoire lui fit connaître que sa démission était acceptée. Le Gouvernement n'avait manqué, en cette circonstance, ni de courtoisie, ni de justice : il avait chaleureusement remercié Kleber des services rendus à la patrie, et il lui avait alloué le traitement d'un général en disponibilité.

Kleber en fut flatté et satisfait. Aussi ne jugea-t-il pas convenable de s'éloigner avant que l'armée de Sambre-et-Meuse eût définitivement un chef. Elle relevait provisoirement de Moreau.

Il continua la réorganisation commencée, et s'occupa de constituer une solide division, que, d'après les ordres de Moreau, il devait envoyer à l'armée d'Italie. Il en confia le commandement à Bernadotte, comme au plus énergique et au plus capable; Friant fut désigné pour commander l'une des brigades, et chargé de réunir, le 12 janvier au plus tard, quatre demi-brigades à Trèves, pour les conduire ensuite à Metz, d'où elles devaient être dirigées sur l'Italie.

Kleber rendit compte à Moreau, le 7 janvier, des mesures qu'il avait prises pour la mise en route de cette division, dont il lui adressait, en même temps, un état de situation détaillé. Elle se composait de huit demi-brigades d'infanterie et de deux régiments de cavalerie, formant un total d'environ 12,000 hommes.

Kleber faisait aussi savoir à Moreau, par la même dépêche, que Beurnonville était toujours souffrant et ne pouvait exercer de commandement réel; par suite, il devenait de plus en plus urgent que lui, Moreau, se pressât de prendre la direction de l'armée de Sambre-et-Meuse.

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Le provisoire ne pouvait durer plus longtemps sans menacer de compromettre l'existence même de cette armée, autrefois si belle et si forte.

En attendant, Kleber s'occupait de la réorganiser. Le 9, il nommait Championnet au commandement du centre. Le 14, il soumettait à Moreau, conformément aux ordres du Directoire, un projet de répartition nouvelle des forces de l'armée de Sambre-et-Meuse en six divisions :

La 2° division était confiée au général Grenier ; la 3°, à Championnet; la division de cavalerie, au général d'Hautpoul.

Les 2., 4€ et 5e divisions devaient former l'aile droite; la 150 et la 3°, l'aile gauche ; la division de cavalerie, la réserve.

Cette organisation apportait peu de changements à ce qui existait déjà; elle ne nécessitait que très-peu de mouvements. Aussi fut-elle approuvée par Moreau, qui désigna le général Bonnard pour commander la 4o division, et prescrivit que la 1° et la 5* fussent commandées provisoirement par les généraux de brigade Leval et Hardy.

Le général Lefebvre appartenait depuis peu à l'armée de l'Ouest. C'était une perte réelle pour l'armée de Sambre-etMeuse, parce qu'il avait été longtemps à la tête de la 1re division, où il s'était acquis l'affection des officiers et des soldats. Kleber pria Moreau d'écrire à Lefebvre pour l'engager vivement à revenir; Lefebvre finit par céder aux instances du général en chef.

Kleber porta la nouvelle organisation à la connaissance de l'armée, le 23; ce fut son dernier acte de commandement. Il remit l'intérim au général Championnet, qui fut chargé de faire exécuter les mesures que nécessitaient ces changements.

Kleber resta néanmoins à Coblenz, où Championnet avait conservé le quartier général. Il se proposait d'y attendre Moreau pour lui donner de vive voix tous les renseignements dont il pouvait avoir besoin sur l'armée de Sambre-et-Meuse.

Moreau n'arrivant pas, et la nomination de Hoche ayant été annoncée par les journaux, Kleber partit de Coblenz le 3 février. Il quittait, pour n'y plus reparaître, l'armée de Sambreet-Meuse, à laquelle il avait appartenu pendant près de trois années. Sa réputation militaire, qui s'était établie au siége de Mayence en 1793, qui avait grandi ensuite en Vendée, s'était considérablement accrue pendant les mémorables campagnes de 1794 en Belgique, de 1795 sur la rive droite du Rhin, et de 1796 en Allemagne. Les talents militaires de premier ordre qu'il y avait déployés avaient achevé de lui conquérir l'estime et la considération de ses chefs, la confiance et l'affection de ses subordonnés. Sa valeur personnelle dans les combats, son sang-froid et son audace en présence de l'ennemi, donnaient à cette grande figure militaire un prestige exceptionnel.

Il était impossible qu'un tel homme, à peine âgé de quarantecinq ans (1), restât longtemps oublié dans la retraite. Lorsque l'expédition d'Égypte fut décidée, Bonaparte lui fit accepter d'abord le commandement d'une division, et ensuite de l'armée entière, quand les circonstances le rappelèrent lui-même en France. Kleber ne pouvait refuser, car, le général en chef ayant quitté l'Égypte, il devait, bon gré, mal gré, se mettre à la tête de l'armée, que lui seul pouvait sauver d'une destruction complète.

L'ancien général de l'armée de Sambre-et-Meuse, qui avait tant de fois, sur les bords du Rhin, décliné l'honneur du commandement en chef, en remplit les fonctions, sur les bords du Nil, avec la plus grande distinction. Et que fut-il advenu de l'Égypte si le poignard destiné à Bonaparte n'avait brisé la carrière du général qui, après avoir vaincu les Anglais et les Turcs, organisait et administrait d'une manière remarquable les conquêtes de son armée?

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La veille de son départ de Coblenz, c'est-à-dire le 2 février 1797, Kleber écrivit au commandant Pajol la lettre suivante, qui est tout entière de sa main :

« Je vous préviens, mon cher Pajol, que ma démission a été « acceptée par le Directoire exécutif, et que je quitte l'armée « pour me retirer dans mes foyers. Vous ne comptez donc plus, « dès cet instant, ni comme mon aide de camp, ni comme officier « à la suite de mon état-major.

« En conséquence, vous voudrez bien vous rendre le plus tôt

(1) Kleber était né le 9 mars 1752.

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