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pondance saisie dans le chariot de Klinglin, å Offenbourg, et qui décèle les trahisons et les projets de Pichegru. - Que ce jeune homme, voyant qu'il s'agit de conspiration, ne veuille plus avouer ses relations avec Fresuières, c'est une chose à laquelle on devait s'attendre.

Lors de la confrontation de Lajolais avec Moreau, cet joterrogatoire a été lu, et le général Moreau, qui a médité et écrit ses réponses avant qu'elles fussent consignées, n'a pas fait une seule observation sur ce point. "

Il a donc reconna formellement que la déclaration de Lajolais était vraie. · La conséquence à tirer et contre Moreau et contre David, a une force invincible.

Les dénégations en instruction sur conspirations, font et doivent faire peu d'impression, mais les aveux en doivent faire d'ineffaçables.

C'est après ces développemens, qu'il convient de jeter les yeux sur une lettre de l'épouse du général Soubam, á David.

Elle est du 11 Brumaire, an 11.
Voici comme elle commence.

Mon cher David, vous êtes plus mauvaise tête que je ne l'avais jugé; vous heurtez celles qui sont irritables, au lieu de les calmer: cela n'est pas pardonnable à l'homme de Dieu,

Elle lui dit plus loin, parlant de son mari : ce n'est pas avec des caustiques qu'on adoucit les plaies encore vives, quant à sa conduite d'homme d'état, elle est si modérée à l'égard de ses opinions, que c'est presque l'insulter que de lui témoigner des extrêmes : cela le fâche d'autant plus de vous, qu'il vous a vu dans des opinions bien contraires à celles que vous lui faites connaître maintenant. - Et plus bas : s'il arrivait des évémens orageux et que l'on sit vos lettres, quoiqu'iqnocent, votre style pourrait le faire paraître coupable, et vous jugez pour un père et une mère de famille combien notre position serait douloureuse !

Il est impossible de n'être pas persuadé en la lisant que David, qui avait pu souvent donner de mauvais conseils dison neveu, cherchait à l'exaspérer, pour le ranger plus facilement da bord des conspirateurs.

Que faudrait-il donc de plus pour achever de se convaincre de l'immoralité de l'homme, et de son dévouement sans rém serve à la conspiration.

Pour sa justification, il a allégué que ses intentions étaient pures lorsqu'il avait entrepris et consommé la réconciliation.

La justice est en état de juger la enuse réelle de ses démarches. Tout semble s'être réuni pour l'éclairer et l'einpécher de prendre le change.

ROGER DIT LOISEAU.
Il a servi dans les rangs des émigrés et des Autrichiens.
Il s'est jeté ensuite dans les Chouans.
Il a servi sous Georges dans le Morbihan.
C'est lui qui commandait la caralerie.

Beaucoup de soupçons s'élevèrent contre lui, lors de l'affaire du 3 Nivôse.

On assure qu'il était en correspondance avec Limnëlan et Saint Réjant, à Paris.

On assure qu'il l'était aussi avec Georges.
On lui attribue la création de la machine infernale.
Un ordre de l'arrêter fut donné, mais il échappa.

Après être resté quelque tems caché en Bretagne, il passa en Angleterre.

Il y fut soldé comme les autres chefs de Chouans. Initié dans les projets d'assassinats, et de subversion il est repassé en Bretagne, en Messidor an 1), pour s'entendre avec les anciens chefs et agens qui y étaient.

C'est lui qui détermina Hervé, brigand bien prononcé, à se rendre à Paris.

Il a logé environ 3 Semaines chez Denand, marchand de vin, rue du Bacq.

Il en est sorti vers le 8 Pluviose.
Il-a vu Georges et tous les conjurés.
Il a commandé un sabre de prix et un habit d'uniforme.
Il a demeuré avec Coster Saint Victor.

Il ont été arrêtés dans la même chambre, le 19 Pluviose der- nier, rue Xaintonge, maison du citoyen Marchal, ancien, marchand epicier.

Ils y avaient loué une chambre qu'ils avaient meublée.

Rubin de la Grimaudière, arrêté chez Denand, y avait aussi logé. Son porte feuille y a été trouvé.

On a saisi dans la chambre deux paires de pistolets charges et amorcés,

Conduit à la préfecture, il a soutenu ne pas connaître la femme Denand, et n'avoir jamais logé chez elle.

Il a dit avoir logé tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre.

Ne pas connaître Rubin de la Grimaudière. '11 a soutenu que personne ne lui avait indiqué la maison de marchal.

Qu'il s'était adressé à lui, parce qu'il savait qu'il était Lorrain.

Le 28 Ventôse, devant le magistrat chargé de l'instruction, Picot l'a reconnu pour l'avoir vu chez Georges, rue de CaTême prenant, No. 21.

Il a lui-même réconnu Picot pour être le domestique de Georges.

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La femme Denand à laquelle il a éte représenté, a dit affirmativement qu'il avait logé chez elle pendant environ cinq semaines, et qu'il en était sorti envirov dix jours avant qu'elle fut arrêtée.

'Il a été obligé d'avouer qu'il en avait imposé, et que pendant qu'il logeait chez elle, il y prenait presque toujours ses repas.

La femme Denand a attesté que Coster Saint Victor avait été le voir deux fois chez elle, et il n'a pu en disconvenir.

On ne doit pas oublier les desseins que Picot et Lebour. geois, qui ont été condamnés à mort par une commission militaire, avaient laissé transpirer à Londres.

On se souvient de leur réunion chez Tamerlan avec d'autres brigands, du nombre desquels se trouvaient Roger.

On se souvient encore des déclarations faites devant le ma. gistrat de sûreté du premier arrondissement de Paris, le 12 Messidor, an 11, par le citoyen Roulier; le 16 dų dit mois, par le citoyen Marchand, le 20 du même mois, par la dame Roulier, et entin le 30 du dit mois, par le citoyen Dujardin.

Ces quatre témoins confrontés avec Roger, ont soutenu qu'ils avaient dit la vérité.

Et Roulier a déclaré qu'il tenait de Dujardin qu'up nommé Roger qui avait fait la inachine infernale du 3 Nivôse, était encore aux trousses du Premier Consul, qu'il travaillait de nouveau, et qu'il devait passer en France quelques jours après Lebourgeois et Picot.

Et la femme du dit Roulier a déclaré que Picot lui avait dit que celui qui avait fait la machine infernale travaillait encore le Premier Consul; qu'il en ferait une autre qui au besoin ne manquerait pas.

Que Picot appelait l'auteur de cette machine Roger, et assurait qu'il devait se trouver à Paris aussitôt qu'eux avec sa nouvelle machine.

Et Dujardin, que Lebourgeois et Picot disaient à Londres qu'ils avaient deux moyens pour assassiner le premier Consul, le poignard et une autre machine infernale, faite ou dessinée par Roger, le même qui avait fait celle du 3 Nivôse.

Ce témoin, lors de la confrontation, a reconnu Roger pour l'avoir vu une infinité de fois chez Tamerlan.

Il a ajouté à sa déposition, qu'il avait su que Roger avait fait le plan d'une seconde machine infernale, et qu'il en avait fait une troisième, dont il devait se servir lui-même.

Que les rassemblemens chez Tamerlan avaient toujours pour objet, des complots et des machinations contre la France.

Uv plan qui a été considéré comme pouvant être celui d'une machine infernale, a été réellement trouvé dans les papiers de Picot, condamné.

Ce plan, l'existence de Roger à Paris, ses relations avec les

chefs de la conspiration, donnent une force irrésistible d ces déclarations.

On ne peut douter, d'après ces faits, qu'il appartient à la conspiration,

On ne peut en douter surtout, lorsqu'il est altesté par quatre gendarmes d'élite, qu'il leur a fait l'aveu qu'il la connaissait, qu'il était du nombre des conjurés, et que Moreau, Pichegru et Georges en étaient les chefs.

Il s'est renfermé dans des dénégations, qui ne peuvent que prouver de plus en plus sa culpabilité,

HERVÉ. Il a été maitre corilonnier dans la quarante-unième demibrigade de ligne.

Il était attaché au ci-devant régiment de la Reine.
Il a servi parmi les Chouans.

C'est Roger dit Loiseau, qui l'a fait partir de Rennes pour Paris.

Signalé à la police, il a été arrêté le 17 Ventôse dernièr.

Conduit à la préfecture de Police, il a soutenu ne pas connaitre Roger dit Loiseau, et être venu seul par la diligence de Rennes.

Devant le magistrat chargé de l'instruction, il a dit que c'était par erreur qu'il avait annoncé qu'il était venu par la diligence de Rennes, que c'était au contraire par celle de Caen,

On lui a demandé la présentation de son congé, sa réponse a été qu'il l'avait perdu.

Le 9 Germinal, le citoyen Courtin, chef de brigade, commandant le second bataillou de la première brigade des vété. sans en activité, casernée à Versailles, ayant déclaré qu'il avait vu, chez les demoiselles Brossard, il y avait environ deux mois, deux hommes de campagne, dont l'un était à peu près de son âge, et l'autre d'environ trente ans, et qu'il avait déjeuné avec eux; d'après les renseignemens recueillis, on a fait extraire de la tour du Temple et paraître devant lui, Roger dit Loiseau, et Herré, et il les a reconnus à l'instant, pour être ceux dont il venait de parler.

Hervé a persisté à soutenir qu'il était venu directement par Caen.

Le témoin lui a observé qu'il avait encore le pantalon qu'il lui avait vu à Versailles ; il a répondu que c'était faux.

Cette païveté ne pouvait plus laisser de doutes.

Hervé eût pu prendre d'ailleurs la diligence de Caen, et ar rivé à Paris, aller à Versailles au-devant de Roger dit Loiseau.

Ce n'est pas la seule circonstance défavorable qui se soit rencontrée dans l'instruetion contre cette ex-religieuse.

Léridan a déclaré que Joyaut lui ayait remis dix louis,

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qu'il lui avait portés vers la fin de Fructidor dernier, sous lę nom de Felix.

Ayant paru devant Léridan, le 27 Ventose dernier, il l'a reconnue.

Elle-même a été obligée d'avouer qu'elle le reconnoissait, et qu'il lui avait porté les dix louis.

On trouve dans cès vérités la raison puissante qui a déterminé Hervé à nier qu'il avait été chez elle.

On la trouve encore dans l'intérêt qu'il avait de se séparer de Roger, qu'il savait déjà avoir été inculpé à raison de la conspiration du 3 Nivóse.

Il n'a pas osé nier qu'il ait été rue du Bac, chez Denand.

Sa réponse sur ce point, pour avoir été évasive, n'en a eu que plus de force.

Il a été reconnu par Picot.

Il l'a été par Michelet, sa femme et sa fille, pour avoir demeuré chez eux pendant trois jours.

La femme Dubuisson avait déclaré qu'un individu avait Jogé chez elle, sous le nom de Major avec Merille, pendant

Que cet individu lui avait dit qu'il était ancien militaire, voudrait bien avoir une carte de sûreté, qu'il avait perdu sou porte feuille, et n'avait pas de papiers en règle.

Qu'il désirait que son mari se prêtât à lui en procurer un.
On a fait parastre Hervé devant elle, et devant son mari..

Tous deux l'ont reconnu pour être celui qui avait pris le poin de major.

Il a nié.
Ils ont persisté.

La conséqgence juste de toutes ces vérités est qu'il est évidemment un des agens de la conspiration.

dix jours.

LENOBLE.
Il a emigré.
Il est devenu chef de Chouans.

Un certificat de l'administration municiple de Port-Brienne, en date du 27 Frimaire an 8, établit que le 26 Messidor, an 4, il a déposé les armes. Depuis il a été arrêté, et conduit dans les prisons de Rennes, comme prévenu d'émigration et d'un autre délit.

Craignant les regards de la justice, il s'est occupé de moyens d'évasion.

N'en trouvant pas de faciles, il a hasardé de sauter de très haut; mais il s'est blessé, et été ramassé et mis dans un Cachot.

Il paruit qu'il est resté dans les prisons de Reunes jusqu'au 12 Frimaire, an 8, et qu'il ne dut son élargissement qu'à une nouvelle pacification.

Il avait une jambe dans un état déplorable, et était presque hors d'état de se livrer à aucun travail,

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