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piclésiastiques du second ordre, plusieurs ou non conformes aux lois civiles qui nous labiles canonistes que les universiiés étran, régissent , ei vice versa, si telles et felles lois gères les plus célèbres et les plus savantes civiles sont ou non opposées aux saints capourraieni nous envier. Bientól donc, nous nons, et en quoi elles peuvent l'élre. l'espérons, nous verrons le droil canon ensei De la nécessité nous avons été d'ingné dans tous nos séminaires à l'égal de la sérer dans le corps de cet ouvrage toute la ihéologie dogmatique et morale, dont il est le gislation civile qui pouvait avoir des rapports complément nécessaire, nous dirions presque plus ou moins éloignés avec l'administration indispensable. C'est dans celle vue que M. l'abbé des choses ecclésiastiques. Nous aurions pu , Lequeux, vicaire général de Soissons, publia, à la vérité, à l'exemple de la plupurt des auen 1840, un Manuale compendium juris cano leurs, nous contenter de donner l'analyse el nici, déjà parvenu à sa seconde édition. le sens des lois civiles, ou n'en citer que quel

Dans plusieurs séminaires, des cours spé- ques articles ; mais nous arons pensé que, ouciaux de droit canon sont établis et professés ire que plusieurs personnes n'ont pas ioujours régulièrement:duns celui d'Evreux, par exem le texte de la loi ou de l'ordonnance cilée, il ple, c'est monseigneur l'évêque lui-même qui, serait plus facile de l'avoir sous les yeux que malgré ses fréquentes courses apostoliques, de le chercher dans plusieurs ouvrages ; d'ailses prélicalions continuelles, l'administralion leurs il est beaucoup plus facile de saisir le de son vaste diocèse, irouve encore le temps vrai sens d'une loi quand on la lit dans lout d'enseigner celte science, non-seulement aux son ensemble, et de voir si elle est ou non jeunes lévites dont il surveille et encourage conforme à la législation canonique. avec lant de sollicitude les études ecclésiasti Nous avions d'abord entrepris, dans ce but, ques, mais encore à beaucoup de préires qui un ouvrage de droit canon, par ordre de mas'empressent d'accourir des paroisses voisines tières divisées, comme le font ordinairement de la ville épiscopale aux suvantes et bien les canonistes, en trois pariies : des personnes, intéressantes leçons de leur évêque, leçons que des choses et des jugements; mais, outre qu'il nous avons eu occasion d'entendre nous-même existe déjà d'excellents ouvrages dont les auplusieurs fois avec la plus grande satisfaction. teurs ont adopté ce plan, tel que le Manuale Nous avons souvent regreité, dans l'intérêt de compendium de M. l'abbé Lequeux, dont ce Cours de droit canon, de n'avoir pu suivre nous parlons ci-dessus , nous avons pensé régulièrement les leçons du savant ei éloquent qu'il serait plus convenable de publier notre prélat.

Cours de droit canon, en forma de dictionTout ce que nous venons de dire, relative maire, l'ordre alphabétique nous ayant paru ment aux ouvrages publiés sur le droit canon effectivement aussi agréable que commode, en el aux cours spéciaux établis dans les semi ce qu'il facilite les recherchés, el qu'il donne naires sur cette science, est d'un bon augure le moyen d'examiner une foule de questions pour l'Eglise : car, aujourd'hui qu'on se fait qui trouveraient difficilement place dans un de si fausses idées en matière de culte et de ouvrage ordinaire. Cette forme nous a paru religion, qu'on dénature l'histoire faute de fort ulile, surtout pour les jeunes ecclésiasbien connaitre les lois qui régissaient l'Eglise, iiques qui veulent s'inilier à la connaissance que divers gouvernements font si bon marché des lois canoniques, et étudier l'histoire de des lois ecclésiastiques, il faut que le prétre, \'Eglise. Elle ne le sera pas moins pour les dont il est écrit que les lèvres garderont la hommes instruits. Les théologiens , les canoscience, s'applique plus que jamais d bien nistes, les jurisconsultes, elc., trop occupés connaitre loute la législation de l'Eglise dont souvent pour rechercher dans le Corpus juris il est le ministre.

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canonici, ou dans lout aulre ouvrage de On a sourenl regretté que l'étude spéciale droit canon, les dispositions canoniques dont du droit canon ne fût pas assez cultivée parmi ils ont besoin, ainsi que ceux qui n'en aunous. Cet état de choses , dont il serait facile raient ni le temps, ni le courage, ni la faculté, d'énumérer les inconvénients, tient surtout au trouveront , pour ainsi dire, sous la main, fuul d'ouvrages appropriés aux circon- dans notre Cours de droit canon , par ordre slances présentes. Les anciens traités sur cette alphabétique, les questions qu'ils voudront malière considèrent lous le droit canon dans plus particulièrement connattre, et que quelses rapports avec le droit civil ecclésiastique quefois ils chercheraient longtemps et peutqui régissait alors la France. Or, comme ce être vainement ailleurs. droit civil ecclésiastique a fait place, dans Du resle, ceux qui voudraient lire ou éluune infinité de points, à un nouveau droit, dier le droit canon par ordre de matière, trounous avons entrepris, dans ce Cours de droit veront, à la fin de ce Cours de droit canon, canon , de confronter, de comparer, de mettre une table inéthodique qui leur facilitera sinen rapport avec le droil canon les lois, dé- gulièrement cette étude. Cette table, divisée crels, ordonnances, articles du Code civil et en trois parties, indiquera d'abord, et avec des autres codes , en un moi tous les actes l'ordre convenable, tout ce qui est relatif aux législatifs qui émanent de la puissance sécu- personnes; en second lieu, tout ce qui regarde lière, c'est-à-dire avec loule noire jurispru- les choses, et enfin tout ce qui concerne les dence actuelle ; nous avons essayé de donner jugements. Une quatrième partie fera connaila connaissance générale des principes du ire tout ce qui a rapport aux usages de la cour droit canonique , relativement au droil civil, de Rome, ainsi qu'à la pratique et aux règles afin que l'on puisse voir, sans aucune rec de la chancellerie romaine. cherche, si telles et celles lois de l'Eglise sont Nous plaçons aussi à la fin de ce Cours de

droit canon, une autre table qui nous semble devoir en rien retrancher, car il faut lire ces avoir également une grande utilité. C'est une pièces in extenso pour les bien apprécier. lable chronologique des lois, décrets, ordon. Nous les avons toutes extraites du Moniteur nances, hvis du conseil d'Etat, arrêts des di- de l'an X. verses cours, en un mot de tous les acles légis- Nous avons omis à dessein, dans ce Cours lariss insérés ou seulement cités dans cet ou- de droit canon, les questions relatives à l'advrage, avec l'indicalion en regard des articles ministration temporelle du culte el au gouverde droit canon avec lesquels ils se trouvent nement des paroisses, ou si nous avons eu comparés.

occasion d'en traiter quelques-unes, ce n'est, Nous nous sommes abstenu de parler dans en quelque sorte, que superficiellement, parce cet ouvrage, autant que possible, de ce qui que plusieurs d'entre elles n'ont qu'un rap. appartient à la théologie, à l'Ecriture sainte port indirect au plan de cet ouvrage. Mais la el au droit purement civil. La théologie pro- principale raison de celle omission, c'est que prement dite n'est pas de notre ressori; d'ail. nous publierons, à la suite de ce Cours de leurs nous n'aurions rien eu de mieux à faire droit canon, un ouvrage distinct et séparé, que de copier l'excellent dictionnaire de Ber- qui en sera néanmoins comme l'appendice et gier, non tel qu'il a été publié jusqu'à ce jour, le complément nécessaire. Cet ouvrage, qui mais lel que nous le publierons plus tard, est presque entièrement achevé, et qui formera c'est-d-dire plus complet d'un liers (1). Nous un volume de même format que celui-ci, a n'avons employer l'Ancien et le Nouveau pour titre : Cours alphabélique, théorique et Testament qu'en autorité. Quant au droit ci- pratique de la législation temporelle du vil, nous ne nous sommes point arrêté aux lois, culte. Nous y trailons, dans le plus grand décrets et ordonnances qui n'ont pour objei tail, tout ce qui a rapport aux fabriques, aux que la décision de cas purement civils et pro hospices, aux bureaux de bienfaisance, à l'in. fanes; nous n'avons nous en occuper que struction publique, en un moi à tout ce qui dans ce qui regarde les matières religieuses. touche de près ou de loin d l'exercice public Nous avons donc rapporté toutes les disposi- du culte catholique. Après avoir posé, sous Lions législatives qui introduisent un nouveau chaque article de cet ouvrage, les principes de droit français ou affermissent et confirment droit, nous examinons, d'après ces principes, l'ancien. On les trouve presque toules, avec en autant de paragraphes séparés, toutes les leur préambule, duns un ordre et avec des ex- questions de tant soii peu d'importance qui plications ou des renvois dont le commun des peuvent se rencontrer dans la pratique. Ainsi, lecteurs a soureni besoin pour les entendre ou par exemple, sous le mot CIERGES, nous établisdu moins pour en faire usage. Le texte de cer- sons d'abord en principe tout ce que les lois lains canons, et parliculièrement de ceux du anciennes el nouvelles ont slulué relalivement concile de Trente, et les formules de quelques aux cierges et à la cire; nous donnons le texte acles ecclésiastiques fréquents en pratique,

du do el du 26 décembre 1813, et nous exanous ont aussi paru devoir trouver place dans minons ensuite d qui doivent appartenir les un livre qui devenant, à la faveur de son titre, cierges offerts sur le pain bénil, ceux des preplus familier que les meilleurs ouvrages, doit mières communions, ceux fournis pour les épargner à plusieurs de ses lecteurs la peine inhumations et placés sur l'autel ou autour et même les frais de chercher la lettre d'une loi, du corps, ceux portés par le curé, les chantres, d'une décision, dont on ne leur présenterait les enfants de chaur, les pauvres, les religieupas toujours le vrai sens.

ses, etc., etc. Nous appuyons toutes nos déciLe concordat de 1801 et les articles organi- sions, autant que possible, sur des actes légisques ont apporté une grande modification à latifs et sur les auteurs qui ont fruité la mala discipline en plusieurs points importants.

tière : et ainsi de tous les autres articles de Nous avons donc cru devoir insérer dans ce cet ouvrage, qui sera beaucoup plus complet Cours de droil canon, non-seulement tous les que tous ceux qui ont paru jusqu'à ce jour sur documents relatifs d ce concordat de 1801 et d

le même sujet. ses arlicles organiques, mais encore tous ceux Pour ce qui regarde la liturgie, avec laconcernant le concordat de 1817; car c'est quelle beaucoup d'articles de droit canonique dans toutes ces pièces, d'ailleurs fort impor- ont des rapports intimes, nous n'avons pu tunles sous divers autres rapports, que se nous en occuper qu'accidentellement, puistrouve, si nous ne nous trompons, tout noire qu'elle n'est pas de notre ressort. Muis nous droit ecclésiastique actuel. Il nous a semblé eu soin de renvoyer, toutes les fois qu'on ne pouvait s'en faire une idée bien que l'article le demande , d l'excellent ouexacte sans connnitre les bulles publiées d vrage que M. l'abbé Pascal vient de publier cette occasion par le pape Pie vii, d'immor- sous le titre d'Origines et Raison de la lilurgic lelle mémoire, ainsi que les rapports et dis- catholique, en forme de dictionnaire. L'oucours de Portalis, Siméon, Lucien Bona- vrage de M. l'abbé Pascal et le noire, imprimés parle, etc., au corps législatis el au tribunat. l'un et l'autre, en forme de dictionnaire, dans Nous arons voulu donner loute la discussion le même format, el par le même éditeur, se comrelative au concordat de 1801 et aux articles plètent réciproquement; car la plupart des organiques ; et quoique ces pièces soient la mêmes articles traités par M. Pascal, sous le plupari fort longues, nous n'avons pas cru rapport liturgique, comme ABBAYE, CONCILE,

DIOCÈSE, EXCOMnUNICATION, LÉGAT, MARIAGE, (!! Nous possérlons un grand nombre d'articles inédits

PAPE, etc., le sont par nous sous le rapport Lous sortis de la plume de ce savant el célèbre auleur.

canonique. Nous recommandons donc, d'une

avons

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manière loule spéciale, d ceux qui voudront compendium juris canonici de M. Legueuz, connaitre le droit canonique dans les rap- et nous avons consulté une infinité d'autres poris qu'il peut avoir avec la liturgie, l'ou- ouvrages anciens et modernes dont nous don. vrage si savant et si intéressunt de M. l'abbé nons à la fin du volume la liste, pur or. Pascal.

dre alphabétique des noms d'auteur.
Ouant aux répétitions, si difficiles d éviter Il n'en est pas un seul qui n'ait été mis plus
dans les ouvrages en forme de dictionnaire, ou moins d contribution pour la composition
nous avons idché d'y obvier par

le
moyen or-

de ce cours de droit canon. Nous n'avons pas dinaire des renvois, nous les avons même mul- toujours cité l'auteur à qui nous empruntons tipliés à tel point pour éviler ce défaut, que quelques passages, tantôi par oubli, taniol et l'on en pourra trouver de beaucoup moins né- plus souvent encore pour éviter d'augmenter cessaires les uns que les autres. Il est cerlai- outre mesure des citations qui ne sont déjà nes malières, pour ainsi dire contexluelles, que trop nombreuses. Cet ouvrage ne sera, si qu'on ne saurail diviser sans les rendre moins l'on reul, suirant l'expression de Montaigne, claires; il en est d'autres qui répondent à qu'une marqueterie mal joinle, qu'un fipresque toutes les parties de l'ouvrage, mais gotage de diverses pièces; peu nous importe, doni l'origine est commune à tous les noms pourvu qu'il ait le but d'utilité que nous nous qui les réclament. Dans tous les cas, nous proposons en le publiant. A ceux donc qui ayons usé de renvois, en telle sorte qu'on dis- nous reprocheraient de n'avoir fait qu'une tingue aisément les principes fondamentaux compilation, nous nous contenterons de d'avec ce qui n'en esi que la suite ou les con- pondre : Le chemin le plus ballu est louséquences. Par ce moyen, on ne sera jamais jours le meilleur, et nous l'avons pris. embarrassé de trouver le principe dont on Avant de livrer cet ouvrage à l'impression. veut s'instruire, sous quelque mot qu'on le nous avons soumis notre manuscril à l'un de cherche. Au surplus, on ne regardera pas nos plus savants évêques , persuadé que nous comme une répétition ce qui est dit souveni, sommes qu'un prétre ne devrait jamais publier sur les mêmes principes, dans des articles dif- aucun ouvrage de doctrine sans le soumettie férents. Pour parler d'un canon qui n'est pas au jugement de ceux que Jésus-Christ a établis suivi, il faut nécessairement parler de ce ca- juges de la foi. Ce digne et vénérable prélul, non, et ensuite de la loi ou de l'usage qui lui qui est surtout très-versé dans la science du Ole sa rigueur. Parler de l'un sans l'autre, droit canonique, a daigné revoir lui-même c'est laisser duns l'esprit du lecteur, non ini- toutes les épreuves de ce premier volume. Il a tré, ce doute ordinaire il est presque tou- bien voulu nous faire part de ses sages obserjours en fermant un livre de droii canonique, vations sur plusieurs questions importantes et si ce qu'il vient de lire est ou non suivi duns délicates. Qu'il veuille bien nous permellre de la pratique.

lui en témoigner ici notre profonde et vive Nous avons cru devoir parler des conciles reconnaissance. Enfin, il nous a déclaré qu'il généraux, sous le nom de chaque ville ils n'arait rien trouvé dans ce premier volume de furent tenus , pour en donner au moins une contraire à la saine doctrine ; de plus , qu'il idée, et en faire comme autant d'époques dans était prêt à approuver l'ouvrage et à le rel'élude du droit canon, dunt nous osons dire commander, dès qu'il aurait lu et examiné que l'histoire fait une des parlies les plus es- de même le second voluine. sentielles.

Nous déposons donc , avec confiance et en Nous avons pris pour guide et pour modèle loute humilité, ce Cours de droii canon, el de ce Cours de droit canon, le Dictionnaire spécialement ce premier volume, aux pieds du de droit canonique de Durand de Maillane. vicaire de Jésus-Christ el des successeurs des Cel auteur, du reste fort judicieux, el qui a été apolres, qu'il appelle ses vénérables frères , membre de l'assemblée constituante, de la con- condamnant et réprouvant d'avance la moinvention nationale et de la seconde législature, dre proposition qui ne serait pas parfaitement était imbu du gallicunisme des parlements. orthodore : notre orgueil est dans notre humNous nous sommes donc bien gardé d'adopler ble soumission. Nous désavouons aussi toute les opinions de ce suvant canoniste. Mais expression ou loule interprétation qui, contre aussi nous nous sommes fait un devoir d'em- notre intention , semblerait blesser, le moins prunter lout ce qu'il y avait de bon et d'utile du monde, le respect el la profonde vénération dans son Dictionnaire ; nous en avons fait que mérile à tant de citres l'illustre épiscopot disparaitre tout ce qui n'est plus conforme à frunçais. Si quelquefois nous avons hasarde la discipline générale de l'Eglise, el en parti- quelques avis sur des points de discipline culier à celle de France. Si nous avons con- iombés en désuélude pendant ces derniers servé des choses qui ne sont plus en usage , temps, nous uvons eu sein de les appuyer sur parce que la connaissance nous en a paru ne- d'anciennes dispositions canoniques ou sur des ressaire, nous avons eu soin d'en averlir. autorités imposantes, nous faisant toujours Pour compléter el actualiser celourrage, un devoir de ne rien dire, ou du moins presnous arons puisé abondamment dans le Cor- que rien, de nous-même. pois juris canonici, dans les Lois eclésiasti- Daigne le Dieu miséricordieux , Père, Fils ques d'Héricourt, duns la Discipline de l'E- et Saint-Esprit, l'adorable et indivisiblé Triglise du père Thomassin, dans l'Ioslilulion nilé, bénir cet ourrage et l'auteur, qui ne l'a ecclésiastique de Fleury, dans le Code ecclé- entrepris que pour sa plus grande gloire. siastique de M. Henrion, dans le Manuale

Ampit.

COURS

ALPHABÉTIQUE ET MÉTHODIQUE DE DROIT CANON,

MIS EN RAPPORT

AVEC LE DROIT CIVIL ECCLÉSIASTIQUE,

ANCIEN ET MODERNE.

Nulli sacerdotum liceal canones ignorare, nec quidquam facere

quod Patrum possit regulis obviare. Quæ enim a vobis re's digne servabitur, si Decretalium norina constitutorum, pro aliquorum libitu, licentia populis permissa, frangatur ?

(Cælestinus, papa, Distinctio XXXVIII, can. IV.)

ABANDON.

scriles pour les donations entre vifs et tesla

ments. Il n'est pas rare qu'un père de famille

« Les partages fails par actes entre vils ne abandonne sans formalité ses biens à ses

pourront avoir pour objet que les biens pré. enfants, qui se les partagent comme si la

sents. » succession était vacante, et s'engagent à

ABANDONNEMENT au bras séculier. tenir à ce partage après la mort du père. Ce parlage est-il valable au for extérieur ? L'Eglise avait reçu des princes chrétiens Non, évidemment : cet abandon ou celle des priviléges tout spéciaux, par lesquels démission de biens est implicitement abolie les clercs ne pouvaieni être jugés que par les par le code civil. Mais il n'en est pas de tribunaux ecclésiastiques. Toutes les causes même pour le for intérieur : le partage dont relatives à la religion étaient du ressort de il s'agii est fondé sur une convention qui, ces tribunaux, connus sous le nom d'offisans être reconnue par le code, n'a rien qui cialités (Voyez ce mot). Ces priviléges ont été soit contraire aux lois et produit par con- repris en divers temps par le pouvoir civil, séquent une obligation naturelle : Quid tam et la loi du 7-12 septembre 1790, art. 13, les congruum fidei humanæ, quam ea quæ inter a entièrement supprimés. Les clercs sont eos placuerunt servare l L. I, ff. de Pactis. soumis maintenant, comme tous les autres

Voici les articles du code civil relatifs à citoyens, au droit commun, et jasticiables cet abandon de biens :

des tribunaux laïques. ART. 893. « On ne pourra disposer de ses Autrefois, en vertu du ch. Cum non ab biens, à litre gratuit, que par donation entre homine de Judic., un clerc qui était tombe viss ou par testament.

dans une faute grave, par exemple, qui avaid « ART. 1075. Les père et mère et autres as- commis un vol, un homicide ou lout autre cendanls pourront faire, entre leurs enfants crime, devait êlre déposé par le juge d'Eglise; et descendants, la distribution et le partage si la déposition ne le corrigeait pas, on devait de leurs biens.

l'analhématiser ; si après une si sévère pu« ART. 1076. Ces partages pourront être nition, il ne se corrigeait pas encore, alors fails par acles entre vifs ou testamentaires, on le dégradait, on le dépouillait de tous les avec les formalités, conditions et règles pre- habits ecclésiastiques, et on l'abandonnait DROIT CANON. I.

(Une).

ensuite au trus séculier, c'est-à-dire, entre L'Eglise de France ayant été totalement les mains des juges laïques, pour élre puni dépouillée de ses biens, il n'y a plus, à procorporellement; ut quod non prævalet sacerdos prement parler, de biens ecclésiastiques, qui efficere per doctrince sermonem, potestas hoc composaient les bénéfices et le patrimoine impleat per disciplinæ terrorem. C. Principes, de l'Eglise. Il n'existe plus de bénéfices, il 23. quæst. 5.

ne peut plus, par conséquent, y avoir d'aLes canons avaient restreint les cas où bandonnement ou de cession de bénéfices. l'on devait livrer un clerc criminel au bras (Voyez BÉNÉFICE.) séculier, aux trois suivants :

ABBAYE. Le premier, lorsqu'il s'agissait du crime d'hérésie: Extr.de Hæretic., C. Ad abolendam, Dans sa propre signification, une abbaye à moins que le coupable n'abandonnåt son est un lieu érigé en prélature, où vivent des hérésie, et n'offrit sincèrement de faire pé- religieux ou des religieuses, sous l'autorité nitence: Extr. cod. C. Excommunicavimus si

d'un abbé ou d'une abbesse. damnati.

Le nombre des abbayes, en France, était Le second, pour le crime de faux, commis très-considérable à l'époque de la révolution sur des lettres du pape : In falsario lillerarum

de 1793, qui les a supprimées pour s'emparer papæ. Extr. de crim. fals., ad falsariorum. de leurs biens. Durand de Maillanc, dans Le dernier, pour calomnie portée contre

son Dictionnaire de Droit canonique, que son propre évêque. C. Si quis sacerdotem, nous reproduisons autant que possible, en 11, quæst. 1.

nomme 1148, dont 837 d'hommes et 311 de L'abandonnement au bras séculier était donc

femmes. - Il en était de même en Autriche, l'acte par lequel une personne déjà con- où l'on comptait 2046 monastères : 1443 damnée par le juge d'Eglise, étail livrée entre

d'hommes et '603 de femmes. L'empereur les mains des juges laïques.

Joseph II en supprima 1143. all nous suffit Quoique la juridiction séculière ait élé d'observer, dit Bergier (Dictionn. de Théol., distinguée et séparée de la juridiction ecclé- art. ABBAYE), que la multitude des abbayes siastique par Jésus-Christ même, elles se

de l'un et de l'autre sexe n'a rien d'étonnant doivent néanmoins réciproquement les se- pour ceux qui savent quel était le malheucours dont elles peuvent avoir besoin pour

reux état de la société en Europe pendant le proauire le bien, qui fait l'objet de leur ins

dixième siècle et les suivants; les monastitucion: Una per' aliam adjuvari debet, si tères étaient non-seulement les seuls asiles opus sit. 1 Glos. in cap. Slaiuimus. De là il où la piété pût se réfugier, mais encore la avait été établi que le juge ecclésiastique

seule ressource des peuples opprimés, dépourrait demander le secours et l'aide du pouillés, réduits à l'esclavage par les seimagistrat laïque quand il en aurait besoin gneurs, loujours armés et acharnés à se faire pour l'exécution de ses jugements, et que une guerre continuelle. Ce fait est allesté celui-ci ne pourrait pas le lui refuser. C'est par la mullitude des bourgs et des villes bâtis ce qui s'appelait implorer le bras séculier. autour de l'enceinte des abbayes. Les peuples

Le droit public, anciennement, avait re- y ont trouvé les secours spirituels et tempoconnu à l'Eglise un tel pouvoir en celle rels, le repos et la sécurité dont ils ne poumatière, que Boniface vill permet au juge vaient jouir ailleurs.» d'Eglise de commander aux officiers de cour On a beaucoup déclamé, depuis un siècle, séculière de mellre à exécution ses juge

contre les abbayes. Il faut avouer qu'il exisments, et de les excommunier s'ils refusaient tail de criants abus dans quelques-unes, et d'obéir. Prævia monitione facta, ab ecclesias- que plusieurs avaient besoin d'une grande ticis judicibus compellantur, et si non pareant

réforme. Néanmoins le chrélien ne se rapcensuris ecclesiasticis coerceantur.

pellera pas, sans un amer regret, qu'elles ( Voy. DÉGRADATION, DÉLIT, RENVOI, PRO

ont cessé d'exister parmi nous, ces retraites CÉDURE.)

salutaires et laborieuses, d'où sont sortis Depuis que la dégradation n'a plus lieu tant de saints et savants prélats, qui ont édien France, l'on n'y connail point la forma- fié et éclairé l'Eglise; lant de missionnaires lité de l'abandonnement au bras séculier; intrépides, qui ont franchi la vaste élendue l'ordre même de la procédure des anciennes des mers, pour porter aux nations lointaines Ollicialités, bien différente déjà de celle que le Nambeau de la foi et de la civilisation ; prescrit le ch. Cum non ab homine, nous en

tant de savants et d'artistes, auxquels les a fait perdre jusqu'au nom.

peuples policés sont redevables des plus ABANDONNEMENT de bénéfice.

beaux monuments de l'antiquité, et des

principes de loutes les connaissances dont Il se faisait d'une manière expresse ou nos contemporains sont si fiers. Sans les tacile. On abandonnait un bénélice d'une manuscrits précieux des moines, que nous manière expresse, quand on en faisait un reslerait-il des monuments de la religion, de acte de cossion, quand on se mariait, quand l'histoire, des sciences, des arts et des le!on acceptait un bénéfice incompatible, etc. tres ? On pourrait même défier les con

On l'abandonnail lacitement, ou, comme templeurs des ordres religieux de citer unc parlent certains canonistes, d'une manière science, ou un genre de lillérature qui n'aii équivoque, par le changement d'habit, par la pris naissance, ou qui n'ail fleuri daus non-résidence, ou en ne desservant pas le quelque couvent. Les philosopbes du dir. bénéfire.

huitième siècle savaient que les cloitres

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