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3° Tous les angles sont arrondis de sorte que la traverse, si elle a été pliée, peut être redressée à chaud ou à froid sans se casser.

4° La saillie de la traverse sur l'alignement du rail, ou prolongement, est de (m, 20; il en résulte que, sur un terrain de prairie ou un autre équivalent, on peut poser la voie sans avoir recours au bourrage ou à aucun autre travail de consolidation, et lui faire porter les fardeaux maxima sans craindre de voir les traverses se plier en leur milieu;

5° Le profil transversal a été réglé de façon à donner la résistance nécessaire sous le minimum de poids, et à concilier la raideur avec une certaine flexibilité, ce qui permet d'avoir une voie maniable, portant les plus lourdes charges même sur des terrains peu résistants, sans que l'on ait à craindre les ruptures de traverses.

Résistance de la voie. La résistance du rail et l'écartement des traverses ont été calculés de façon que la voie puisse porter des véhicules pesant 3 tonnes et demie par essieu. Cela permet l'emploi d'une locomotive à 4 essieux du poids de 12 à 14 tonnes en ordre de marche, poids regardé généralement par les hommes du métier comme le maximum pratique à adopter sur des voies improvisées où il faut pouvoir, en cas d'accident, relever promplement et déplacer, au besoin, la machine.

Avec cette résistance de voie, on a pu organiser :

1° Des wagons à deux essieux de la force de 5 tonnes capables de porter tous les fardeaux, canons, affûts, approvisionnements de toutes sortes, d'un usage courant dans les sièges et dans une armée en campagne (Voir fig. 2, 5 et 8).

29 Des wagons i 3 et 4 essieux de la force de 9 et 12 tonnes, se groupant par 2 ou par 4 pour porter des fardeaux indivisibles tels que les canons de la marine avec ou sans affût, châssis, etc., d'un poids allant jusqu'a 36 et 48 tonnes, les plus lourds à prévoir pour l'armement des côtes et l'attaque des places (Voir fig. 3, 4, 6, 7, 9 et 10.)

Appareils de voie

Les principaux appareils sont:

1° Des changements de voie à aiguilles, aux rayons de 30 mètres et 20 mètres à droite ou à gauche, munis ou non de contre-rails, pour raccorder deux tronçons obliques.

Ces appareils, formés de plusieurs parties de dimensions ne dépassant pas la largeur du gabarit de chargement pour pouvoir être transportés sur les chemins de fer à voie de 0",60 ont des longueurs totales de 7,50 et de 8m, 75, correspondant à celles des éléments de voie, de façon que, sans faire aucun coupon, on puisse les intercaler dans les parties en alignement droit d'une ligne préexistante.

Des plaques tournantes portatives (fig. 20 et phot. no 2), dont il existe deux modèles aux diamètres de 19,30 et de 1,70.

Le relief de ces deux plaques lournantes est le même que celui de la voie, traverse comprise, environ 9 centimètres. Ces plaques peuvent donc reposer sans excavation sur un sol réglé au même niveau que la voie avec laquelle elles doivent se raccorder; elles peuvent aussi être posées sur une voie déjà existante et étre raccordées avec cette voie au moyen de dérailleurs.

3. Des dérailleurs. — Le dérailleur (voir phot. no 2), est un élément de voie droite de 2m,30 de longueur, dont les rails, en forme de coins, constituent un plan incliné au 1/20° environ, la partie supérieure de ces rails étant, comme pour les plaques tournantes, à 9 centimètres environ au-dessus de la surface d'appui de l'appareil, il permel:

1° De brancher une voie de circonstance sur une voie déjà établie sans être obligé de faire aucune coupure et, si les premiers éléments reliés au dérailleur sont courbes, d'embrancher une voie divergente dont on fait ensuite varier la direction à volonté;

2° De raccorder, au moyen d'une espèce de pont constitué par deux dérailleurs placés en sens inverse et reliés par un élément droit, deux tronçons de voie qui se trouvent dans le prolongement l'un de l'autre et qui ne peuvent pas être raccordés par de petits éléments de 1o, 25.

Ces dérailleurs sont disposés pour supporter, le cas échéant, le passage de trains complets remorqués par des locomotives.

f).

Types de véhicules de transport adoptés.

Conditions techniques auxquelles ces véhicules devaient satisfaire.

Le matériel roulant devait :
A). - Permettre de transporter :

1. Des fardeaux indivisibles de 48.000 kilogrammes (poids supérieur de 12.000 kilogrammes à celui de 36.000 kilogrammes de beaucoup de locomotives à marchandises à trois essieux en service sur nos grands chemins de fer);

2° Des fardeaux de pelites et de grandes dimensions, les uns ayant la rigidité voulue pour n'élre portés que par les extrémités, les autres ayant besoin d'étre soutenus sur divers points de leur longueur.

B).

Se préter : 1° Au fractionnement des transports par petites quantités ; 2° Au groupement des objets en grosses expéditions ;

3o Au transport de tous les objets de matériel militaire ordinairement confiés aux grands chemins de fer, ces objets pouvant entrer dans un gabarit de chargement de 2,20 de largeur et de 2m,90 de hauteur mesuré à partir du sol.

C). – Pouvoir recevoir son chargement ou être déchargé facilement sans l'organisation de quais ou d'appareils de transbordement.

D). — Permettre de former :

1° Soit des trains remorqués par des locomotives, et utilisant toute la puissance de ces moleurs;

2° Soit des convois comprenant un ou plusieurs véhicules trainés par des moteurs animés (hommes ou chevaux).

E).

Pouvoir : 1° Etre sorti de la voie ou remis sur rails facilement; 2. Passer sur des plaques lournantes portatives; 3o Circuler couramment dans les courbes de 20 mètres de rayon;

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3. – Truc chargé de 22 stères de bois passant sur une plaque tournante.

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