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Les tympans ont été exécutés avec des moellons piqués préparés pour douelle et refusés en carrière : l'entreprise a été autorisée, sur sa demande, à les employer avec application du prix de moellon smillé de porphyre rouge sans prix de parement. En fait ces moellons ne différaient de ceux de la douelle que parce qu'ils étaient fortement démaigris sur les quatre faces alors que ceux-ci n'avaient presque pas de démaigrissement.

Le corps de la voûte devait être entièrement fait avec des moellons smillés à tirer d'une tranchée voisine dans le porphyre rouge: cette tranchée a effectivement donné des moellons très durs, excellents pour le blocage, mais ne se laissant pas tailler en parallélipipède à cause des plans de clivage. La moitié environ du cube du corps de la voûte (35 mètres cubes sur 63m3,15) a dû étre prise à la carrière de porphyre bleu d'Agay, distante de 8 kilomètres, avec un supplément de prix de 9 francs par mètre cube.

La maçonnerie des ponts était prévue au mortier de chaux hydraulique du Teil (ficelle blanche) à 300 kilogrammes par mètre cube de sable : mais nous étions pressé par le temps; il s'agissait d'un ouvrage biais à 55° très tendu, et l'élasticité du cintre, retroussé à l'extrème, nous faisait redouter au cours du montage de la voûte une

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déformation de la courbe des pressions correspondant à un dépassement notable de l'effort maximum dans la maçonnerie indiqué par les calculs.

Pour augmenter la résistance dans les joints, nous avons d'abord songé à employer le mélange mécanique de chaux et de ciment de grappier que livre la Société J. et A. Pavin de Lafarge sous le nom de « ciment spécial à prise lente », à 350 kilogrammes par mètre cube de sable.

Essayés à ce dosage en mortier plastique avec du sable à grain fin assez homogène, comme celui dont nous disposions (grain moyen : 1 millimètre à 1mm, 5 de diamètre), ce mélange mécanique et la chaux seule avaient respectivement donné au laboratoire les résistances ci-après par centimètre carré :

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Nous avons eu depuis lors l'occasion d'employer le « Ciment spécial à prise lente » : il nous a donné un excellent résultat.

Le mortier, plus gras qu'avec le ciment seul, est d'un emploi plus facile pour les maçons et permet aussi un dosage en poids moins élevé.

Toutefois, dans l'espèce, pour le P. S. Cannes, nous avons finalement décidé l'usage du ciment de grappier à 400 kilogrammes par mètre cube de sable. En tenant compte de l'augmentation de résistance que manifeste le mortier en couche mince dans les joints des moellons bien assisés (expériences de M. l'Ingénieur en chef Tourtay), ce mortier de ciment nous assurail, avec nos matériaux excessivement résistants employés pour la voûte, un ensemble d'une homogénéité de résistance satisfaisante à l'esprit.

Mais, c'était en somme excès de prudence, car l'emploi de la méthode des joints secs ayant donné au P. S. Cannes un résultat tout à fait rassurant, nous nous sommes borné pour le P. S. SaintRaphaël, exécuté aussitôt après, à faire la voûte en mortier mixte (mélange fait sur le chantier) de 200 kilogrammes de chaux du Teil et de 200 kilogrammes de ciment de grappier.

Le sable provenait de la plage de Fréjus-Saint-Raphaël.

Construction de la voite.- Aussitôt après la pose des crossettes, les culées avaient été montées en arrière, et même un peu audessus d'elles en limitant la maçonnerie en redans suivant les plans de joints des crossettes prolongés.

Le cintre ayant été éprouvé et définitivement réglé, on a procédé à la pose des bandeaux.

Chaque voussoir a été mis à sa place marquée préalablement sur la ferme de tête, et séparé de ses voisins :

1° Par une bande de plomb de 10 millimètres d'épaisseur et 30 millimètres de hauteur posée horizontalement sur deux petites cales en bois la maintenant à 20 millimètres de la surface du couchis;

2° Par des coins en bois dur fortement coincés au maillet dans la partie supérieure du joint.

Lorsque les voussoirs ont atteint l'aplomb des poteaux verticaux du cintre, on a chargé la clé sur 2 mètres de chaque côté avec des voussoirs destinés au bandeau et quelques moellons, et la pose s'est continuée symétriquement sans arrêt pour un bandeau d'abord, puis pour l'autre.

Les fermes de tête ont subi sous le seul poids du bandeau un abaissement de 1 centimètre au sommet.

En joignant à l'aide d'une règle plate flexible les extrémités intérieures des joints des voussoirs des deux bandeaux, on a tracé au crayon sur le platelage en sapin les hélices suivant lesquelles devaient être disposées les ranges des moellons du premier rouleau. Ces moellons en porphyre bleu étaient bien réguliers, presque sans démaigrissement sur les faces. Dans une même range, les moellons avaient à peu près même hauteur, celle-ci variant de 30 à 40 centimètres d'une range à la voisine; quelques parpaings de 0",50 à 0",60 placés de distance en distance, à raison d'une vingtaine au total avaient pour but de mieux relier encore le premier et le deuxième rouleau.

Quatre maçons (un à chaque angle) ont commencé la pose des moellons de douelle.

En même temps, se faisait le garnissage des joints du bandeau avec un coulis de ciment pur, suivant les indications du mémoire de feu M. l'Inspecteur général Bourdelles sur les ponts en maçonnerie articulés (Annales 1898-3).

Le ciment était gâché avec la quantité d'eau juste suffisante pour donner un coulis descendant bien dans le joint, sans excès de fluidité.

Les joints laissés à sec dans le bandeau sont :

1° Le joint aux naissances entre la crossette d'angle et le premier voussoir ;

2. Les deux joints du voussoir placé au droit du poteau vertical du cintre;

3. Ceux du voussoir placé au droit de l'extrémité de la contrefiche 7-2. (fig. 4 et 5).

La précaution n'était certes pas inutile.

En effet, le maçon travaillant à l'angle aigu de la voûte, côté Nice, s'était trompé : il avait garni le premier joint ou joint de crosselte, en laissant vide le joint suivant du bandeau. Or, il avait à peine couvert de moellons l'angle du cintre de ce côté, que le joint de crossette où le ciment avait déjà fait prise, se fissurait.

Témoin du fait, nous avons immédiatement fait scier ce joint fissuré en le laissant vide, et garnir le suivant, et l'on a pu continuer à charger le cintre sans qu'il se produisit aucune autre fissure.

Ainsi, bien que dans l'angle considéré le cintre fut très peu flexible, le tassement avait cependant été suffisant pour se manifesler par la fissuration du joint entre culée et voûte, garni à tort par le maçon.

Le premier rang des moellons de douelle à partir des crossettes a été posé avec joint sec : à cet effet, chaque moellon a été coincé contre la face de la crossette dont il était maintenu séparé par de petites plaques de plomb de 40 millimètres sur 40 millimètres et 15 millimètres d'épaisseur placées du côté du cintre, vers le bas du joint, et par des cales en bois enfoncées dans le haut du joint. La partie supérieure du joint était ensuite garnie de filasse pour empècher les débris ou le mortier de tomber dans le joint laissé vide.

Contre cette première file de moellons à sec, la seconde file était maçonnée à bain de mortier et l'on continuait en montant la douelle suivant les génératrices du cylindre, la limite des moellons posés formant à tout instant une ligne en dents de scie.

On a ainsi réalisé entre la maçonnerie des culées et celle du premier rouleau (douelles et bandeaux), une ligne séparative suivant le contour des crossettes, formant libre articulation pour les mouvements du cintre (Pl. 2, fig. 4 et 5).

Les maçons ont continué à monter symétriquement la douelle, garnissant les joints du bandeau à mesure, jusqu'auprès de la ligne des poteaux verticaux du cintre.

C'est surtout au droit de cette ligne que nous avions à redouter l'ouverture des joints : aussi a-t-on laissé au-dessus d'elle deux joints secs sur le bandeau et posé à sec deux files de moellons de douelle. Les joints entre les moellons ainsi posés à sec ont été maintenus vides comme le joint d'une range à la voisine à l'aide des mêmes petites plaques en plomb. Nous avons réalisé une double ligne d'articulation en dents de scie sur laquelle agissaient les déformations du cintre sans nuire à la maçonnerie.

A ce moment, le cintre a été chargé à la clé sur deux mètres de part et d'autre, et l'on a continué à maçonner jusqu'au droit de la ligne des extrémités des contrefiches où une seule file de moellons a été posée à sec. On a continué ensuite en puisant au tas des moellons chargeant la clé jusqu'au clavage de celle-ci.

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