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avec l'aide de la ville de Nice pour une somme de 542.000 francs, le surplus a été payé par l'Etat.

Pour le port de Cannes, les dépenses ont été les suivantes :

Dépenses à l'entreprise, y compris une indemnité tran-
sactionnelle de 8 250 fr., 55 accordée pour réglement
définitif, par décision ministérielle du
28 février 1903

733 771 fr., 40
Fourniture de chaux

86 179 59
Somme à valoir. .

65 154 67
Travaux de parachèvement (trottoirs
et garde-corps) . .

28.733 ,03

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La dépense prévue par le décret du 1er juillet 1897 qui a autorisé les travaux était de 1.040.000 francs : il y a eu par conséquent une économie de 126.161 fr. 31. La ville de Cannes a fourni à l'État, pour ces travaux, un subside de 600.000 francs; elle a donc payé en fait les 2/3 environ de la dépense.

Personnel, administration et entreprise. -- Les projets ont été dressés par MM. Aubé, ingénieur en chef, Bourgougnon, Ingénieur ordinaire, et les travaux, dirigés, puis réglés par

MM. Aubé

imbere Ingénieurs en Chef.

Bourgougnon, Ingénieur ordinaire,
Pigrenet ( Conducteurs chargés ( Cannes

Garro des chantiers de Nice sous l'autorité de MM. les Inspecteurs généraux Guinard (jusqu'en 1898), Guérard (1899) et Pasqueau (depuis 1900).

Les travaux ont été exécutés par trois entrepreneurs associés, MM. Camous, Margirier et Bagnol qui ont eu comme chef de service, pour le chantier d'air comprimé, M. Robert.

Prix de revient des travaux de Vice : Maçonnerie à l'air comprimé. On a cherché à se rendre compte, en cours d'exécution, du prix de revient des principaux ouvrages.

Pour ce qui concerne la maçonnerie à l'air comprimé, on a noté:

- D'une part, les dépenses de main-d'œuvre, c'est-à-dire les salaires payés à lous les ouvriers du chantier employés soit dans le caisson, soit à l'air libre : maçons, maneuvres, mécaniciens, marins, chefs de poste, etc., etc.

D'autre part les fournitures consommées pour la production de l'énergie (compression de l'air, éclairage électrique, relevage du caisson-cloche, etc.) c'est-à-dire les combustibles, les huiles de graissage, chiffons, etc., etc.

L'ensemble de ces deux catégories de dépenses, main-d'oeuvre et fournitures a été, par mètre cube de maçonnerie à l'air comprimé :

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Et pour l'ensemble des deux quais, en moyenne, de 7 fr. 50 environ.

Ces chiffres représentent, à proprement parler, le coût de la façon de la maçonnerie, non compris, ni les frais généraux, ni l'amorissement du inatériel, ni l'entretien du matériel.

Ils résultent des constatations minutieuses qui ont été faites quotidiennement sur le chantier par les agents de l'Administration. Ils risquent néanmoins d'encourir le reproche auquel sont exposés tous les relevés de ce genre, c'est d'être inférieurs à la réalité, certains faits de dépense échappant aux investigations de l'Administration. Pour tenir compte de l'erreur ainsi commise, qui dans l'espèce ne saurait être importante, on peut admettre une majoration de 0 fr. 50, ce qui porterait de 7 fr. 50 à 8 francs le coût de la façon du mètre cube de maçonnerie à l'air comprimé. · Pour la valeur des matériaux à Nice et à Cannes on peut admettre :

– 4 fr. 50 pour 1 mètre cube de moellons 2 fr. 00 1

de sable Il reste à déterminer le montant : – de l'amortissement et de l'entretien du matériel, -- des frais généraux.

Il n'y aurait aucun intérêt à procéder à une évaluation de l'entretien et de l'amortissement du matériel pour le cas spécial des travaux de Nice : en fait, l'entretien s'est réduit à peu de chose ; quant à l'amortissement, il a pu élre également assez faible, l'un des entrepreneurs ayant trouvé l'occasion d'utiliser immédiatement le matériel pour l'exécution d'un travail du même genre à la Seyne (allongement des cales des Chantiers de la Méditerranée). On se bornera à rechercher ici ce qu'il y aurait lieu de prévoir, dans une estimation, pour l'entretien et l'amortissement d'un matériel tel que celui qui a été employé à Nice. On peut s'en faire une idée d'après deux des données qui ont été indiquées plus haut, à savoir :

Que la valeur du matériel est de 80,000 francs,

Que le cube de maçonnerie exécuté avec ce matériel atteint plus de 1.000 mètres cubes par mois. En tablant sur un taux de 30 p. 100 pour l'entretien et l'amortissement annuels (10 p. 100 d'entretien, 20 p. 100 d'amortissement) la dépense à admettre de ce chef serait de 24.000 francs par an. Si l'on produisait 12.000 mètres cubes, elle serait, par mètre cube, de 2 francs seulement. Mais il faut tenir compte des interruptions que subissent inévitablement les travaux, même sur les chantiers les mieux organisés. Il n'est pas excessif d'en porter la durée à 120 jours par an. Il en résulte que le cube exécuté en un an se réduit à 8.000 mètres cubes et que l'entretien et l'amortissement du matériel s'élèvent en conséquence à 3 francs par mètre cube.

Quant aux frais généraux, traitement du chef de service, assu. rances, impositions, intérêts du capital engagé, etc., etc., on les évalue, dans bien des cas, à 15 p. 100 du montant total des autres dépenses. Mais, pour des entreprises de travaux publics, cette évaluation risque d'être au-dessous de la vérité; il vaut mieux la porter à 20 p. 100.

Le prix de revient du mètre cube de maçonnerie à l'air comprimé s'établit, d'après cela, comme il suit, en laissant seulement de côté la chaux hydraulique :

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Ce prix est singulièrement au-dessous de ceux qu'on rencontre généralement dans les marchés de travaux à l'air comprimé. Le cours de construction de ponts de Croizette-Desnoyers, publié en 1885, mentionne une appréciation de M. Montagnier, l'entrepreneur à qui l'on doit les premières applications du procédé employé à Nice et qui estimait le prix du mètre cube de fondation à l'air comprimé (fouille et maçonnerie comprises) : "- de 122 à 143 francs quand on se servait, suivant la méthode ancienne, d'un caisson qui demeurait dans le massif de la fondation, d'un caisson perdu,

de 91 à 111 francs, quand on utilisait le caisson mobile de son invention. Plus loin, M. Croizette-Desnoyers ajoute que l'expérience et la concurrence ont notablement réduit les prix et il cite un chiffre de 83 francs (pont de Nantes), puis, comme minimum, un chiffre de 70 francs (pont de Marmande). Aujourd'hui encore, les fondations des piles de ponts, qui comportent presque toujours l'emploi des caissons perdus, ne s'exécutent guère, à moins d'une soixantaine de francs par mètre cube (fouille et maçonnerie comprises).

Lorsqu'on peut se servir d'un caisson-cloche, les prix sont tout différents. Si les maçonneries sous-marines du port de la Pallice ont coûté 70 fr. 49 le mètre cube, celles des bassins de radoub de

Gènes ne sont revenues qu'à 30 francs environ. A Marseille les fondations des murs de quai du nouveau bassin de la Pinède ont été payées, pendant une première période, 29 fr. 76, pendant une seconde période 48 fr. 58, non compris la chaux hydraulique. A Nice, les fondations exécutées à l'air comprimé ont été réglées à raison de 27 francs, non compris la chaux.

Il existe, on le voit, entre ces divers prix, des écarts énormes. Ils s'expliquent par les circonstances locales qui ont, sur les travaux de ce genre, uue influence extrémne. La plus importante à considérer est l'état de la mer. A la Pallice les chantiers n'étaient pas abrités; il en est de même à Marseille pour la seconde période des travaux du bassin de la Pinède qui s'achèvent actuellement, tandis que la première partie des murs de quai a été construite dans la zone couverte par la jetée du large; c'est quand on est sorti de cette zone que les prix ont dû être relevés comme on l'a vu; la majoration atteint 65 p. 100. A Gènes et à Nice, les travaux s'exécutaient dans l'intérieur du port.

A Nice le quai des Charbons a été construit pendant l'hiver et s'est trouvé expose plusieurs fois à un fort ressac, tandis que le quai des Céreales a été établi dans la saison d'été, en eau complètement calme : la façon de la maçonnerie a coûté pour le quai des Charbons 2 francs de plus que pour celui des Céréales : 8fr. 66 au lieu de 6 fr. 66, ce qui représente une majoration de 30 p. 100,

Les prix de Nice ne sauraient, d'après cela, trouver d'application que pour les travaux à exécuter dans une situation abritée. Il est vrai que les murs de quai sont généralement dans ce cas; ce n'est que par suite de circonstances exceptionnelles que l'on peut être obligé de les entreprendre avant que leur emplacement ne soit protégé contre la mer.

Dans les conditions ordinaires, en Méditerranée, on pourra donc prendre pour base, dans l'estimation d'un mur de quai, le prix de revient qui a été établi plus haut (19 fr. 55 non compris la chaux hydraulique) sauf à le modifier suivant les circonstances locales (valeur du sable et du moellon, sujétions particulières, distance qui sépare du chantier à l'air libre l'emplacement des quais à construire, etc., etc.). Encore convient-il d'observer que ce prix com

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