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« M. Barnet, consul des Etats-Unis , å Paris, a importé d'Amérique, il y a cinq ans, un nouveau procédé pour confectionner les souliers et les bottes sans couture. Ce procédé, qu'un Français établi à Londres (M. Brunel) a beaucoup perfectionné, en imaginant les moyens de l'exécuter mécaniquement , été décrit avec les perfectionnemens dus à M. Brunel. Il a commencé à trouver des imitateurs à Paris , et même en province; plusieurs d'entre eux ont pris la société pour juge de leurs essais, sur lesquels M. de la Chabeaussière a aussi attiré notre attention. Leur examen a fait la matière d'un rapport circonstancié de M. Christian (1); le rapporteur établit en principe que la première et principale condition d'une bonne chaussure est d'être bien cousue; cette condition est plus essentielle encore que la qualité du cuir. En clouant la semelle avec l'empeigne, on donne donc à la chaussure la plus grande solidité; s'il n'est pas impossible d'atteindre cependant à une égale solidité, par une couture convenablement soignée, du moins la première méthode donne au consommateur une ga

(1) Annales des Arts, tome 3, page 48.

rantie plus facile et plus certaine ; elle peut avoir aussi d'autres avantages que

le

rapporteur a indiqués. Dans le nombre de ceux qui l'essaient et qui nous ont soumis des échantillons, il a loué particulièrement MM. Gergonne,

Paradis et Monniot.

Agriculture.

* La société a continué d'entretenir, à l'école d'Alfort, des élèves qui répondent à ses soins; deux d'entre eux , Lechesne, du Mans, et Deshayes, de Vaux (Eure), viennent d'obtenir leurs brevets de maréchaux-vétérinaires; ces élèves, dans l'origine, n'étaient entretenus par la société qu'une seule année, pour le cours d'agriculture; mais elle a jugé convenable de leur fournir le moyen de compléter leur instruction , en prolongeant leurs études et les faisant profiter de toute l'étendue de l'enseignement qui a lieu dans cette école.

Communications et objets divers.

« Parmi nos correspondans étrangers, M. de Fahnenberg nous impose, chaque année, une dette nouvelle , par son empressement à nous transmettre des communications utiles. En 1815, nous avons été honorés encore de plusieurs de ses lettres, qui embrassent une grande variété de sujets; il nous a fait passer quelques mémoires allemands sur les arts et le commerce, ainsi que les échantillons de divers produits de l'industrie badoise. Nous aimons à renouveler ici, envers ce philanthrope éclairé, l'expression de notre gratitude. Pendant cette même année 1815, le nombre de nos correspondans étrangers s'est accru, d'une manière aussi honorable pour nous qu’utile pour nos travaux futurs; et ces témoignages reçus et donnés d'une estime réciproque ont reçu un nouveau prix des circonstances ellesmêmes au milieu desquelles ils ont eu lieu. Dans leur nombre, on distingue M. le comte de Wrbna, grand chambellan de S. M. l'empereur d'Autriche, M. le chevalier de Schreibers, conseiller intime du même souverain, M. de Widmanstetten, directeur du Conservatoire des arts et métiers, à Vienne, M. de Gouriew, conseiller de collège, au service de S. M. l'empereur de Russie, et M. le comte de Westphalen, officier supérieur prussien.

« L'administration de la Corse avait voulu, en 18:4, établir, dans cette île, une société d'encouragement, qui déjà avait commencé à

correspondre avec vous. Les évènemens de l'année dernière ont interrompu ces relations. Nous espérons que maintenant elles pourront se rétablir, et porter sur une terre encore trop stérile, des germes bien désirables d'industrie, d'activité et de richesse.

« Quarante nouveaux sociétaires, souscripteurs français, ont d'ailleurs été reçus pendant cet intervalle. Nous avons eu la douleur de perdre deux de nos collègues , membres du conseil d'administration, M. Guyton de Morveau, dont le nom restera toujours lié au souvenir des grandes révolutions que

la chimie a éprouvées vers la fin du dernier siècle, et M. Collet-Descostils, qui, soit dans les recherches théoriques, soit dans l'enseignement, soit dans l'application, a rendu de si éminens services aux arts métallurgiques et minéralogiques. Tous deux ont enrichi cette société de nombreux tributs, et réclament qu'elle conserve à son tour le souvenir de leurs travaux.

« Les membres de votre conseil d'administration, pénétrés de la tâche honorable que vous leur avez imposée, ne pensent pas qu'elle se borne à une assiduité exacte aux réunions; ils cherchent à la remplir aussi par le concours de leurs travaux. Nous avons eu occasion déjà de le faire remarquer plusieurs fois dans le cours de ce compte rendu. Nous devons, en terminant, rappeler aussi plusieurs mémoires qu'ils ont apportés en tribut, et dont les objets sont plus ou moins généraux. Tel est celui de M. Costaz, l'un de vos secrétaires, sur les causes qui, depuis vingtcinq ans, ont déterminé les progrès de diverses branches de l'industrie française : mé moire que nous l'avons engagé à publier, et qui renferme de précieux matériaux sur l'histoire des arts dans notre patrie; tel est celui de M. Jomard sur l'industrie anglaise, qui, dans une sorte de correspondance avec celui qui précède, peut donner lieu à d'utiles rapprochemens, et exciter parmi nous une nou'velle émulation. M. Say a fait hommage à la société de son mémoire sur l'Angleterre et les Anglais, où l'on trouve , avec une grande impartialité, cet excellent esprit dont l'auteur du Traité d'économie politique a marqué toutes ses productions. M. Baudrillart nous a remis plusieurs exemplaires d'un mémoire sur la pesanteur spécifique des bois.

« C'est dans cette année 1815 elle-même, que vous avez eu, messieurs, le bonheur de

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